‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 110 sur 163 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

satisfaction. D'ailleurs, ils soupiraient probablement après le moment où ils pourraient enterrer la hache de guerre, sans trop paraître capituler. C'est ce qui arriva, pour le plus grand bien de tous.

Quelques mois après son arrivée, M. Morin remit sur les ordres du jour la construction d’un nouveau presbytère, qui avait été la pierre d'achoppement sous son prédécesseur. La proposition, cette fois, ne souleva guère d'opposition, le site enchanteur que l’on sait, fut choisi d’un commun accord, et il ne fut pas mème question du vieux presbytère, qu’une fouie d'avocats sans toge auraient voulu rajeunir quelques années auparavant. Il est vrai que le conseil de fabrique et le curé facilitèrent singulièrement l'entente: la fabrique, en consentant à prêter une somme de douze cents piastres, .que les syndics s'engageaient à lui rembourser dans un délai de trois ans, avec le produit des souscriptions volontaires promises par les contribuables ; et le curé en s’engageant à payer de ses propres deniers toute somme qui pourrait excéder le montant alloné.

Les travaux commencèrent au printemps de 1849, et à l'automne de la mème année, le curé prenait possession de sa nouvelle résidence, Ce presbytère, long de 54 pieds et large de 34, est modeste mais confortable. Ses appartement sont spacieux, distribués avec intellisence, et témoignent du savoir-faire de ceux qui ont présidé à sa construction. Ilne manque pas de presbytères plus modernes et beaucoup plus dispendieux, qui ne pourraient soutenir la comparaison avec celui du Cap-Santé,

M. Morin s’occupa ensuite, plus particulèrement, de ce qui pouvait favoiser les intérêts spirituels de ces paroissiens. Si la trop grande multiplicité des confréries a des inconvénients, ilen faut cependant un certain nombre pour aider les fidèles à vivre chrétiennement, et ilen man-

-que certainement une, au moins, dans toute paroisse où

la sainte Vierge n'est pas honorée par quelque pratique spéciale de dévotion.

l’est pourquoi il pria l'autorité ecclésiastique de vouloir bien ériger, dans l’église du Cap-Santé, la confrérie du

Très saint etimmaculé Cœur de Marie.” La demande

fut agréée, et l'archevêque de Québec lui adressa, le 12 février 1851, le bref érigeant cette confrérie, pour y être maintenue à perpétuité, avec la concession de toutes les indulgences, tant plénières que partielles, et de tous les

| il privilèges dont elle est en possession. Depuis, le règlement. (i de cette confrérie n’a cessé d’être fidèlement observé.

jh) Voulant aussi favoriser, autant qu’il était en son pouls voir, là Société d2 tempérance, établie récemment, M. Mo- 1 rin obtint, le 29 août de la même année, la faveur d’une 1 . indulgence plénière, pouvant être gagnée par les associés,

aux conditions odinaires, quatre fois dans l’année, savoir : le jeudi de la première semaine de septembre, de décembre, de février et de juillet. Un peu plus tard, le 20 août. 1853, sur la prière du curé, l’indulgence du jeudi de la première semaine de septembre fut transférée au 29 août, parce que les associés avaient choisi pour leur fête patronale la Décollation de saint.Jean-Baptiste.

Cette Société est encore florissante aujourd’'hni; mais elle n’est plus, comme à l’origine, une Société dite de tempérance totale, mais d’abstinence, — appellation qui aurait été plus exacte. — Si les paroïssiens du Cap-Santé se distinguent par leur sobriété, cet heureux résultat est dû à la Société de tempérance, qui sera toujours plus efficace. pour combattre l’ivrognerie que n’importe quelle loi.

Suivant l'usage en vigueur sous la tenure seigneuriale, les Ursulines de Québec, en leur qualité de seigeuresses. de la baronnie de Portneuf, avaient la jouissance gratuite d'un banc dans l’église du Cap-Santé. Ce privilège fut. ; abrogé par une décision du Conseil de fabrique, en date

du 12 octobre 1853, et l’ancien banc seigneurial fut ensuite mis en vente.

La seigneurie de Portneuf, qui vient d’ètre mentionnée, érigée en baronnie en 1681, était située sur le bord du Saint-Laurent : bornée à l'est, par le Cap du Sud:est, ” qui se trouve sur la rive ouest de la rivière Jacques-Cartier, et à l’ouest, par le ‘‘ ruisseau de Laroche (1).”

(1) Ce ruisseau doit couler tout près de l'endroit où commençait la sei-

eurie de d’Eschambeault. I se trouve aujourd’hui dans la isse de

ortneuf, tandis qu'à cette époque il était en quelque sorte la ligne de démarcation entre Deschambeault et le Cap-Santé.

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