‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 115 sur 163 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

Donné à Québec sous notre seing, le sceau de nos armes et le contre seing de notre secrétaire, le -vingt-huit de septembre mil huit cent cinquante-deux.

L + S) (Signé) + P. F. Archev. de Québec.

Par Monseigneur, (Contre signé) Edmond Langevin Ptre, Secrétaire,

En résumé, cette ordonnance enclavait dans la paroisse de Saint-Basile toutes les concessions situées sur les confins du Cap-Santé, de l’ouest à l’est (1).

Il a toujours été admis que l'annexion des concessions de Sainte-Madeleine, de Saint-Jacques, de Terrebonne, du Petit Saint-Charles, de Saint-Paul et de Saint-Eustache s’imposait, d'autant plus que la population de ces localités la demandait généralement, Leur position géographique les destinait “ertainement à faire partie de la paroisse de Saint-Basile, du moment que ces concessions seraient en partie colonisées et habitées. |

Mais nous ne pouvons en dire autant de l'annexion du village du Petit Bois de j’Ail, qui, dans notre humble opinion, u'aurait pas dù être détaché du Cap-Santé. Sans être prophète, il était facile ,de prévoir, même à cette époque, l'érection assez prochaine des paroisses de Portnenf et de Sainte-Jeanne de Neuville, Par conséquent, on aurait dû songer, il nous semble, que la paroisse du Cap-Santé ne pouvait être indéfiniment morcelée (2).

Le Petit Bois de l’Ail, il est vrai, n’est qu’à deux milles et demi de l’église de Saint-Basile, mais il était facile de diminuer la distance un peu plus considérable qui le séparait du village du Cap-Santé. [Il suffisait, comme les intéressés en avaient l'intention, de modifier le tracé de la route qui y conduisait, d'ouvrir un chemin venant. aboutir en ligne droite à l'église du Cap-Santé, et dont la

(1) En 1861, les rangs du Petit Saint-Charles et de Saint-Paul furent détachés de la paroisse de Saint-Basile pour faire partie dorénavant de celle de Portneuf.

(2) La paroisse de Portneuf a été érigée en 1861, et celle de Sainte-Jeanne de Neuville, en 1868.

longueur n'aurait été que de cinquante-quatre arpents (1).

D'aiileurs, les habitants du Petit Bois de l’Ail étaient, en grande majorité, opposés à l'annexion de leur village et ne voulaient à aucun prix, consentir à un changement d’allégeance, L'ordonnance qui les incorporait à la paroisse de Saint-Basile fut maintenue tout de même, et il s'ensuivit un conflit qui dura jusqu’en 1858.

Le droit de plaider leur cause et de chercher à la faire triompher, par tous les moyens légitimes, était incontestable. Cet attachement à leur paroisse natale est un sentiment trop naturel et trop facile à comprendre, pour leur en faire un crime, Au contraire, il est digne d'élogs, et ce n'est pasnous qui oserions condamner l'esprit paroissial, mème s'il nous semblait un peu exagéré, Mis, d'un autre côté, ces braves gens n'auraient pas dû oublier que le règlement de ces questions appartient à l'autorité ecclésiastique, qui n’a toujours en vue que le plus grand bien spirituel des fidèles, et que le devoir de tout bon catholique est de se soumettre généreusement et loyalement lorsque la cause est définitivement jugée. Même, au simple point de vue humain, c’est la seule attitude rationnelle, L'insubordination est toujours un scandale, préjudiciable surtout aux intérêts de ceux qui s'y laissent entraîner, et qui finissent invariablement par succomber dans une lutte aussi inégale, C’est justement ce qui arriva aux habitants du Petit Bois de l’Ail, Peu à peu les principaux meneurs disparurent, plusieurs des intéressés, bientôt fatigués de cette opposition, acceptèrent le nouvel état de choses, et en 1858, la population du Petit Bois de l’Aïl comptait une majorité favorabie à l’annexion. Ce conflit malheureux avait duré bien trop longtemps.

Il se rencontra aussi, en dehors du Petit Bois de l'Ail, quelques mauvaises têtes, qui causèrent au curé du Cap- Santé des ennuis considérables. Ainsi, deux habitants de

(1) ILest généralement admis aujourd’hui que le-site de l'Eglise de Saint- Basile.a été mal choisi. Il n’est pas central, et de plus, les paroissiens ont déjà fait l'expérience des risques auxquels les exposera toujours la nature du terrain. :Ily a, deux milles plus au nord, un endroit beaucoup plus favorable sous tous les rapports.

Page 1