CHAPITRE DIXIÈME
achetée, se contenta de ce tout petit bonheur, et laissa M. Morin en paix, Nous sommes sûr que ce dernier ne demandait pas mieux, car ces incidents ont dû le fatiguer beaucoup plus que celui qui lui arriva un jour, pendant qu'il était à prècher, Une persoune qui trouvait probablement sa doctrine trop ou trop peu orthodoxe, lui cria à
M. l'abbé F,.-0. Thibaudeau,
pleins poumons, du jubé où elle avait pris place : “ Vous avez menti.” Hâtons-nous de dire que cette interpellation, moins que parlementaire, lui était adressée par une pauvre folle. Elle n’eut pas le temps de faire sa preuve, car on l’'entraîna immédiatement hors de l’église, et M. Morin put continuer tranquillement son instruction.
Les deux frères Laroche, heureusement, n’eurent pas
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d'imitateurs, bien que la mauvaise humeur des mécontentsait duré encore plusieurs années (b).
Le Cap-Santé comptait, en 1854, deux ecelésiastiques aspirant à l'honneur du sacerdoce : MM. les abbés F.-O. Thibaudeau et G. Gaudin. Le premier, presque à la veille d’être fait prètre, fut enlevé à l'affection de sa famille et à l'estime de ses supérieurs ecclésiastiques, le 28 juin de la mème année, à l’âge de 22 ans et huit mois. H était diacre et sous-secrétaire. de l’Archevèché lorsque la mort vint le frapper. Ses restes mortels reposent dans l'église du Cap- . Santé, où ils furent déposés le premier juillet, après un service solennel auquel assistaient : MM. Les abbés Edmo::d Langevin, alors secrétaire de l'Archevèché, Z. Gingras, curé de Saint-Basile, Dominique Racine, vicaire à Notre- Dame de Québec, et F, Morin, curé du Cap-Santé. Que la vie est bientôt passée ! TL y à de cela, à peine une quarantaine d'années, et cependant tons les prêtres que nous venons de mentionner sont disparus depuis assez lougtemps.
M. Gaudin, plus fortnné que son co-paroiss' en, eut le bonheur d'être élevé à la prètrise, et fut ordonné le 13 mai 1855. Il estle quatrième prêtre originaire du Cap: Santé (2. RUE
Dans l'automne de 1855, le cimetière fut quelque peu agrandi, en le prolongeant jusqu’à là limite est du terrain de la Fabrique. Ce cimetière, qui a l'avantage d'être à l’ombre de l'église et de pérmettre aux paroissiens de visiter leurs défunts tous les dimanches, est suffisamment vaste, Si toutefois il à jamais besoin d'être agrandi, il sera facile d'éviter ur chargement de Dec err ni annexant, du côté nord, une lisière de terrain — ce qui aura aussi pour effet de lui donner une forme plus régulière.
Comme on se plaignait depuis longtemps que le nombre des bancs disponibles n'était pas en rapport avec le chiffre de la population, le conseil de Fabrique décida, le 9 mars 1856, de faire ériger des galeries latérales. On dit souvent:
(1) Ceux qni pensent que nos canadiens sont faciies à gouverner se trompent étrangement.
(2) M. Gaudin a été forcé de renoncer à l'exercice du saint ministère, il y a déjà quelques années, à la suite d’un accident de voiture,