‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 123 sur 163 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

cultés, M. Moriu s'était chargé de construire, pour la somme de quatre cent quatre-vingt louis, un presbytère qui devait en coûter six cents au moins, d’après l'estimation mème de l'architecte, De plus, il avait souscrit un montant de cent piastres pour la même fin. Aussi, il arriva ce qu’il était facile de prévoir sans être sorcier. Le presbytère coûta six cent seize louis en chiffre rond, sans compter un lot de bois qui valait bien une couple de cents piastres. La fabrique avait cédé ce lot de bois avec l’entente que sa valeur lui serait payée en argont si on nelui en remettait pas une quantité équivalente, Le presbytère construit, M. Morir se trouva donc le débiteur de la fabrique pour la Somme de cent trente-six louis, abstraction faite du lot de bois emprunté. Telle est la genèse de cette réclamation qui était en sommeil depuis dix aus.

M. Morin, sa réponse va nous en fournir lapreuve, avait toujours pensé qu'on ne réclamerait jamais ce qu’il avait reçu en sus du montant convenu pour la construction du presbytère, puisque la paroisse seule avait bénéficié de ce surplus qui, du reste, n’était pas énorme. C’est ce qu'il fit remarquer dans le Mémoire qu'il adressa au Conseil de fabriqu?, relativement À cette réclamation.

Après avoir rappelé que la construction du presbytère a coûté six cent seize louis, dix chelins et quatre pence, sans compter 1150 planches et 160 madriers de pin, tel qu'il appert par lecompt: détaillé et le journal des recettes. et dépenses, il ajoute :

Il est bien vrai que les syndics ne devaient me donner que 480 louis pour la construction de cette bâtisse dont le devis, préparé par M, Baillargé, faisait remarquer qu'elle devait coûter 600 louis au mains. Je devais donc fournir le surplus, de mes propres deniers. Mais alors même, j'avais l'espérance, vu mes moyens pécuniaires qui sont à peu près nuls, que la fabrique, — avec la permission de l’Archevèque, — me déchargerait d’une “ette contractée purement en faveur de la paroisse du Cap-Santé. J'espère qu'il est encore temps de solliciter cette décharge, et que: la paroisse et la fabrique du C‘p-Santé verront et jugeront. convenablemeut ce que j'ai fait pour eux.

Ce Mémoire fut soumis au Conseil de fabrique, le 9 janvier 1859. On admit l'exactitude des faits mentionnés par M. Morin, et il fut résolu à l'unanimité :

1° Que cette fabrique remet bien volontiers à M. Morin sa généreuse souscription de vingt-cinq louis, et lui donne de plus la somme de cent onze louis, dix chelins et quatre pence, pour l'indemniser comme entrepreneur malheureux ;

2 Que la fabrique réclame de M, Morin un lot de bois équivalent à celui qu'elle lui a prêté, ou sa juste valeur, vu qu'elle est sans argent, et que de grandes réparations sont actuellement nécessaires à l'extérieur et à l'intérieur de l'église ;

3° que les marguilliers espèrent que Mgr de Tloa voudra bien approuver cet arrangement, et M. Morin l’accepter et le mettre à exécution le plus tôt possible, afin que la fabrique ne se trouve pas dans la désagréable nécessité d'emprunter ;

4° Que l'agent de la fabrique soit autorisé à régler cette réclamation, en acceptant un billet de M. Morin.

C'est ce qui fut fait; et cette réclamation, qu'il aurait été dur de faire payer en entier, se trouva définitivement réglée. Sans doute elle était due en droit, mais le Conseil de fabrique comprit qu'il était équitable d'y renoncer en partie, Nous préférerions écrire qu'il PENONEAR même au lot de bois prêté qui, en réalité, n'était qu'une RAtIaRYAr tion de bouts de chandelles.

On sait que les difficultés scolaires sont fréquentes dans nos paroisses. On se chamaille, bien trop souvent, tantôt à propos du site d’une maison d'école — que chacun voudrait avoir à sa porte, — tantôt à propos du personnel enseignant, etquelquefois même, sans savoir poutquoi. Que d’argent ont coûté ces démêlés, sans compter le mal qu'ils ont causé! Nous comprenons bien que tous ces conflits ne peuvent être réglés à l'amiable, rhais ils pourraient toujours l'être lorsqu'ils se produisent: entre ORrIRIe d’un même arrondissement. : E

Le Cap-Santé eut, lui aussi, sa stüeéton avutäite, ‘qui dura de 1859 à 1861, ‘et donna naissancé à un procès dont les frais s’élevèrent à la jolie somme de sept à ‘huit cents

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