‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 124 sur 163 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

piastres. Le pédagogue de l'école du village de l'église en fut la cause et l'occasion. C'est dire que cette difficulté pouvait plus difficilement ètre réglée par un compromis.

Nous venons de dire que l'instituteur de l'école du village en fut la cause et l'occasion. Sa conduite, dit-on, laissait à désirer, Un certain nombre de pères de famille, comme ils en avaient le droit et mème le devoir, reclamèrent son renvoi. La plainte fut communiquée aux Commissaires, le 18 septembre, et le 25 du mème mois, ils destituërent l'incriminé, à l’unanhanité. Il est plus facile de destituer un employé civil qu'un instituteur, la suite de l'incident va le démontrer,

Le fonctionnaire congédié fit immédiatement signifier un protèt anx Commissaires, refusa de quitter la maison d'école et réclama devant les tribunaux le paiement de son salaire pour l'année courante, Une première enquête eut lien par ordre du Surintendant, puis une seconde, sans aboutir à aucun résultat, et l'affaire dut finalement se dénouer devant les tribunaux.

Un procès est toujours chose aléatoire, [line suffit pas que les faits soit certains, il faut encore les prouver, — ce qui n'est pas facile lorsque les témoins principaux sont des enfants. [l faut compter de plus avec Les appréciations pérsonnelles.du juge, qui peuvent ètre discutables et erronées, mais qu'on ne peut modifier, parce qu'elles sont généralement intangibles. Ces réfléxions nous sont inspirées par le jugement qui fut rendu en cette affaire. [l fut prouvé que lincriminé avait été une occasion . de scandale pendant les vacances, mais non pas {anquam professor, c'està-dire dans l'exercice de ses fonctions. Le juge, incapable de comprendre les légitimes iuquiétudes des parents, lorsque l’éducateur de leurs enfants ne tient pas en tout et partout une conduite irréprochable, ne trouva pas la destitution suffisamment motivée, et condamna les Commissaires à payer le montant réclamé, avec frais et dépens. L'institutenr eut donc gain de canse, et put triompher avec les membres de la Petite Eglise, qui l'avaient soutenu et encouragé. Les fidèles de cette Petite Eglise, que le diable compte dans presque toutes nos paroisses, sont partout les

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mêmes : pêcheurs en eau trouble, avocats de toutes les affaires louches, oppositionnistes enragés chaque fois qu’il y a du bien à faire, ne faisant qu'un cœur et qu’une âme avec tous les mañvais sujets, censeurs des actes de l’autorité ecclésiastique, hypocrites et fourbes comme les Pharisiens dont parle l'Evangile, et dont ils jouent le rôle avec une perfection attristante,

M. Lahaye les vit en cette circonstance prendre parti pour l'incriminé contre leur curé, qui eut l'honneur d'encourir leurs anathèmes. Bien qu'il ne fût pas commissaire, il ne pouvait rester indifférent en pareille matière. Aussi son intervention, quoique tout-à-fait indirecte, lui fut imputée à crime. Il fut insulté au cours de la seconde enquête, et dénoncé comme le grand coupable par quelquesuns de ces garnements qui ne valaient peut-être pas la corde à les pendre. Preuve qu’un curé ne peut jamais faire tout son devoir sans s’attirer les colères d'un groupe de paroissiens. Qu'il ne compte pas trop sur les services rendus, ni sur la popularité acquise. Les services rendus, le peuple en perd vite la mémoire, et les paie généralement d’ingratitude. La popularité acquise, elle est souvent éphémère, et bien naïf celui qui s’y fie. Elle durera plus longtemps sans doute si, au lieu de diriger les courants et de les refouler au besoin, il se contente de les suivre ; mais, quoiqu'il fasse, il s’apercevra un bon matin qu'elle s'est envolée, M. Lahaye en fit l'expérience pendant la tourmente scolaire que nous venons de relater. Des services, il en avait déjà beaucoup rendus; populaire, il l'était à un haut dégré, — ce qui ne l'empêcha point d'être victime de la malice de certains hommes. Hâtons-nous de dire cependant, que la grande majorité de la paroisse resta en communauté d'idées avec lui, et continua à lui témoigner la même confiance et la même estime. Tout de mème, nous avons lieu de croire qu’on l'avait blessé au cœur, et que <es procédés le décidèrent à solliciter un changement de poste ., ai eut lieu un an après la fin de cette difficulté scolaire.

Nous ignorons si certains arrondissements s'arrogaient le monopole de fournir les marguilliers, mais une décision

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