‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 126 sur 163 · CHAPITRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ONZIÈME

partie par la ligne qui sépare la terre du sieur Joseph Poliquin de celle du sieur François Hamelin, au second rang: de la dite seigneurie, et parti par la ligne qui sépare la terre: du sieur Augustin Gignac de celle du sieur Augustin Delisle, au troisième rang de la mème seigneurie ; de cette dernière ligne allant vers le nord-est, par une ligne suivant la ligne de séparation entre le dit troisième rang et le quatrième jusqu'à la ligne sud-ouest de la Baronnie de Portneuf ; de là allant vers le nord-ouest par une ligne suivant la dite ligne sud-ouest de la dite Baronuie, puis la ligne sud-ouest de la dite seigneurie de Perthuis jusqu’à la profondeur de là même seigneurie.”

Si cette description n’est pas plus poétique, ce n’est pas: la faute de son auteur et encore moins la nôtre, La configuration du territoire de Portneuf est seule responsable de ce chef-d'œuvre littéraire — ce qui n'empêche pas cette: paroisse d’être l’une des plus jolies.

La population de Portneuf dut ètre heureuse d'avoir obtenu une autonomie paroissiale à laquelle elle avait des droits incontestables Assez. nombreuse pour pourvoir convenablement à l'entretien d’un curé résident, composé en grande partie d'ouvriers incapables de se payer le luxe de garder cheval et voiture, et d’un certain nombre de sultivateurs dont quelques-uns demeuraient à quatre ou cinq lieues de l’église du Cap-Santé, il est évident qu'elle avait les meilleurs raisons du monde de solliciter son émancipation. Ce démembrement s'imposait donc au point de vue: spirituel et temporel. L'autorité ecclèsiastique l'avait toujours compris, et il était décidé en principe, depuis plusieurs années, lorsqu'il devint un fait accompli. La séparation de la fille et de la mère eut lieu dans les meilleurs termes, et la paroisse du Cap-Santé la facilita par tous les moyens en son pouvoir. Ainsi , elle permit à un certain nombre d’habitants de Portneuf de remettre leurs bancs, en remboursant ce que la fabrique pouvait perdre par une nouvelle vente ; Le produit de la quète de l'Enfaut-Jésus pour 1860, fut cedé à la nouvelle paroisse ; elle lui donna aussi lancien tableau du maïitre-autel, des pupitres pour les chantres, deux prie-Dieu, la vieille chaire, et une foule d’autres.

“cts qui ne manquaient pas de valeur. Si nous rappelons ces souvenirs, ce n’est pas, bien entendu, que nous les pensions oubliés par la paroisse de Portneuf.

M. Lahaye allait commencer sa cinquième et dernière année de séjour au Cap-Santé. Il continua cependant à surveiller les intérèts spirituels et temporels de sa paroisse avec la même sollicitude que s’il eùt songé à y terminer ses jours.

Sur la fin de l’année 1861, le Conseil de fabrique confia à M. Antoine Plamondon, peintre canadien, la commande du tableau de la Sainte Famille, que nous voyons actuellement au-dessus du maitre-autel. Cette toile coûta cent à cent vingt piastres, et vaut à peu près ce qu'elle a coûté.

Ce fut la dernière amélioration importante opérée sous le règne de M. Lahaye, le couronnement, en quelque sorte, des travaux considérables qu'il a fait exécuter à l’intérieur de l’église. Le 9 novembre 1862, il signait son dernier acte, celui du baptème de Joseph Charles Napoléon Germain, disait adieu aux paroissiens du Cap-Santé qui perdaient un excellent curé sous tous les rapports, et s’en allait prendre possession de la cure de Rimouski.

En 1867, il était transféré à la cure de Saint-Jean Deschaillons où il est décédé le 24 septembre 1873, après une carrière sacerdotale des mieux remplies.

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M. GODBOUT, onzième curé.

SOMMAIRE : xrivée DE M. Gob8ouT. — DÉTAILS BIOGRA- PHIQUES. — COUP D'OEIL SUR LA PAROISSE. — M. GODBOUT ET L'OEUVRE DE L'ÉDUCATION.—RÉUNIONS ANNUELLES D'ÉCOLIERS AU PRESBYTÈRE DU CAP-SANTÉ. — MORT DU PREMIER RÉGIS- "TRATEUNR DU COMTÉ DE PORTNEUF. —- NOUVEAU RÈGLEMENT CONCERNANT LES BANCS DES JURÉS. — ORDINATION DU CIN- QUIÈME PRÊPRE ORIGINAIRE DU CaP-SANTÉ. — MORT ACCIDEN- TELLE DE M. Îsaie RINFRET. — VIsiTE PASTORALE DE 1866. — ERECTION CANONIQUE DE LA PAROISSE DE SAINTE-JEANNE

DE NEUVILLE.— BORNES ET ETENDUE DE CETTE NOUVELLE PAROISSE, — CONCESSION ET ÉTENDUK DE LA SEIGNEURIE DE NEUVILLE. — LETTRE DE MGR DE TLOA A L'OCCASION DE L’É- RECTION CANONIQUE DE SAINTE JEANNE DE NEUVILLE.— RE- MARQUES AU SUJET DE CE QUATRIÈME DÉMEMBREMENT DU CaP-SANTÉ. — ETABLISSEMENT DE L'EXPOSITION SOLENNELLE DU S. SACREMENT DANS L'ÉGLISE DU Cap-SANTÉ. — AcQUISI- TION ET BÉNÉDICTION SOLENNELLE D'UN CARILLON DE TROIS. CLOCHES. — VISITE PASTORALE DE 1871. —:ÉTABLISSEMENT DE LA NEUVAINE DE S. Fraxçois-X AVIER. — — DÉPART DE M. GobBouT, — DATE DE SON DÉCÈS. i

M n l'abbé Narcisse Godbout succéda à M. Lahaye, prit' possession de son nouveau posté, en novembre: 1862. Sa signature apparait pour la première fois dans les Registres du Cap-Santé, à la date du 22 novembre, au bas de l'acte de baptème de Marie Laurette Ernestine Noël (1).

Né à Saint-Gervais le 12 mars 1822, et ordonné le 22 octobre 1848, M. Godbout fut d’abord vicaire à la Malbaie, puis missionnaire aux Escoumains et vicaire à Saint-Roch de Québec en 1849, desservant de la Petite. Rivière en 1850, et curé de Lambton, de 1851 à 1862 :

M. Godhout avrivait'äu Cap-Santé dans des circonstances qui lui permettaient d'envisager l'avenir avec confiance. Le firmament paroissial était sans nuages à ce moment, les esprits étaient entrés dans une période de calme qui semblait devoir durer, et tous les travaux de quelque importance étaient terminés. IL restait bien, ilest vrai, une dette de quelques milliers de piastres, mais, avec un peu d'économie, il était facile de l’éteindre assez vite. A part les affaires de routine, qui créent rarement des embarras, le nouveau curé n'avait donc, pour ainsi dire, qu’à surveiller et à promouvoir les intérêts spirituels des âmes qui lui étaient confiées. Cette tâche, sans doute, n’est pas la moins délicate, mais il est généralement assez facile de l'accomper sans incidents désagréables. Sur e terrain, tout curé

(1) Elle était fille de M. Elisée Noël, ‘alôrs ‘instituteur au nee et aujourd'hui notaire pratiquant à Sherbrooke,

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