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CHAPITRE DOUZIÈME

est absolument indépendant de ses paroissiens, qui n'ont pas voix au chapitre. S'ils méconnaissent ou méprisent sa direction, il n’est cependant: pas en leur pouvoir de l’empêcher de suivre la recommandation de saint Paul : Annoncez la parole de Dieu avec force et hardiesse. Pressez les hommes à temps et à contre-temps ; reprenez, suppliez, menacez, sans vous lasser jamais de Les tolérer et de les instruire. ” Les plaintes et les colères des âmes, s'il s’en trou ve qui refusent d'écouter sa voix, ne peuvent lui dérober la satisfaction qu: procure toujours le devoir accompli. Cette jouissance, qu'il n'est au pouvoir de personne de ravir à un curé, suffit à son bonheur, mème lorsqu'il n'en à pas d'autre en partage. D'ailleurs M. Godbout n'eut guère à se plaindre de ses paroissiens qui, sauf quelques exceptions, ne cessèrent jusqu'au dernier jour de se montrer respectueux et soumis.

Disons tout de suite qu'il ne se contentait pas d'être un excellent curé, mais que les jeunes gens désireux de s'instruire étaient sûrs de trouver en lui un protecteur dévoué. S'ils étaient pauvres, sa bourse leur était généreusement ouverte. Ce qu'il ambitionnait surtout, c'était le bonheur de donner à l'Eglise de nouveaux prêtres, et à la société des”citoyens honnètes et vertueux. Aussi, se fit-il toujours un devoir, partout où il exerça le saint ministère, de diriger vers le Séminaire les jeunes gens chez lesquels il remarquait des aptitudes pour les études classiques, et que Dieu semblait avoir marqués du sceau de la vocatien ecclésiastique.

Ses premiers essais, lorsqu'il était curé de Lambton, témoignent de la sûreté de son coup d'œil. Au nombre de ses protégés d'alors se trouvaient: son neveu, M. Adolphe Godbout qui, après avoir été successivement, prêtre du Séminaire de Québec, vicaire à Notre-Dame de Québec, desservant de Notre. Dame de la Garde, dont il est le véritable fondateur, et curé de Saint-Romuald, est aujourd'hui aumônier de l'Hospice des Sœurs de la Charité de Québec ; M. Darie Lemieux, lui aussi un prêtre selon le vœur de Dieu et qui, après avoir longtemps exercé le ministère, se dévoue maintenant à l'œuvre de l'Orphelinat de Saint

Damien; puis M. Alphonse Labrecque, ce laïque intègre qui tient le premier rang parmi les comptables les plus renommés de nosinstitutions financières.

Le séjour de M. Godbout au Cap-Santé fut marqué par læ mème sollicitude, et c'est à cette époque que la paroisse æ compté son plus fort contingent de collégiens qui, presque tous, lui ont fait honneur. Il ne limitait point sa protection aux enfants de sa paroisse, mais il était heureux d’en faire: bénéficier ceux aussi dont il avait connu les parents, ow que l'on croyait devoir signaler à son attention.

P:us fortuné que beaucoup d'autres confrères, il obligea presque toujours des sujets qui ne perdaient pas la mémoire du cœur. Ils travaiilaient pendant l’année scolaire: à se rendre dignes des sacrifices faits pour eux, et ne: manquaient jamais de lui consacrer quelques jours de leurs. vacances. Ces visites lui étaient extrêmement chères. Alors. il pouvait toucher du doigt les progrès accomplis abc constater que Dieu bénissait ses œuvres.

C’est là le secret de ces réunions annuelles qui avaient lieu au presbytère du Cap-Santé, sous le règne de M. Godbout, — réunions trop nombreuses cependant, pour ne compter que des protégés. — La plus mémorable fut celle de 1864 où l’on pouvait voir au jour de la fête de l’Assomption, un groupe de quatorze étudiants, sans eompter ceux. de la paroisse, La fête religieuse fut très solennelle, la réception plus cordiale que jamais.

Nous n'avons pas sous la main la liste des écoliers présents à ce conventum, que nous aurions été heureux d’euregistrer dans ces pages. Mais les quelques noms que nous pouvons mentionner prouvent que ce groupe, pris en bloc, ne manquait pas de valeur et n'a pas trompé les espérances qu'il faisait concevoir.

Parmi ceux qui devaient embrasser des professions libérales, on comptait les trois frères Côme, Aldophe et François. Rinfret, abisi que les deux de Saint-Georges, Georges et, Alfred, tous du Cap-Santé et tous disparus, à l'exception de Côme Rinfret. IL pratique la médecine à Sainte-Croix et représente le comté de Lotbinière au Parlement fédéral depuis bon nombre d'années. Aldolphe et François, qui

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