CHAPITRE DOUZIÈME
devaient envier la constitution robuste de leur frère ainé, sont morts dépassant à peine la trentaine. Le premier, médecin aussi, résidait aux Etats-Unis ; le second, bien que jeune encore, occupait déjà une place marquante au barreau de Montréal. Bien doué, disposant d’influences politiques considérables, il ne pouvait manquer d’escalader un jour ou l’autre le banc de la magistrature. La carrière de Georges et Alfred de Saint-Georges fut un peu plus longue, car ils ne sont morts tous deux qu’en 1890. Le premier, qui avait embrassé la profession du notariat, était sousrégistrateur du comté de Portneuf depuis 1878 lorsqu'il est décédé. Alfred joua un rôle plus mouvementé ; à vingtetun ansilétait reçu médecin; deux ans après il était député du comté de Portneuf qu'il a représenté presque sans interruption, de 1872 à 1890. Dans l'intervalle il se fit admettre au barreau, mais sans divorcer avec la médecine qui conserva toujours ses prédilections.
La liste de ceux qui étaient appelés à devenir prêtres est plus longue et non moins remarquable: MM. Adolphe Godbout,:F. X. Gosselin, curé de Lévis, G.Côté, curé de Sainte- Croix, D. Lemieux, aumônier, Mgr Laflamme, du Séminaire de Québec, M.J.P. Sexton, ancien vicaire de Saint-Roch de Québec, décédé en 1885, et M. Ovide Gcdin, curé de Saint-Augustin. Ce futur lévite seul était de la paroisse du Cap-Santé. Comme le démontre cette nomenclature, les préférences du curé n'étaient pas trop aveugles, et l’on conçoit facilement les jouissances que ces réunions. devaient lui procurer.
Le Cap-Santé perdit en mai 1863 Pun de ses principaux citoyens, M. Roger Lelièvre, premier régistrateur du comté de Portneuf, Il mourut après une très courte maladie, à l’âge peu avance de soixante-trois ans (1).
M. Lelièvre résidait et tenait le bureau d'enregistrement dans la maison qui est aujourd’hui la propriété de M. Uldéric Lavallée. Sa famille partit pour Québec peu après, et n’a plus de représentants dans la paroisse du Cap-Santé.
(1) Il doit y avoir erreur dans l’acte de sépulture, car nous ne pensons pas qu'il ait été inhumé le jour même de son décès,
res
Rss
TES Es pese:
re mom
BR
tre
Se a To ie
see
TE. PP DRE en ea BANC
nca
th
La position de régistrateur échut en partage à M. Elie Thibaudeau, qui en a été le titulaire jusqu’en 1878.
M. Godbout n'avait pas tardé à remarquer que le mode qui régissait la vente et le paiement des bancs des jubés, sans être précisément mauvais, laissait à désirer. IL donnaït fréquemment lieu à des difficultés, sans compter que les intérêts de la fabrique n'étaient pas suffisamment sauvegardés. C'est pourquoi il fit adopter par le Conseil de fabrique, Le 16 septembre 1863, un nouveau règlement, que la paroisse ratifia unanimement le #4 octobre suivant. Voici la teneur de ce règlement, qui précise si bien les moindres détails, que tout malentendu est maintenant impossible à l'avenir,
“ Les bancs des jubés seront vendus pour six mois, et le prix d’adjudication sera payé immédiatement.
‘ A l'expiration des six mois, quiconque voudra garder da possession de son banc, devra payer d'avance la rente pour le semestre suivant.
‘“ Les bancs dont la rente n'aura pas été payée, seront vendus le premier janvier et le premier dimanche de jüillet,
“ L'avant-veille du jour fixé pour la vente des bancs, le registre sera fermé à huit heures du soir, et quiconque n'aura pas alors payé le semestre suivant, sera censé avoir remis son banc à la fabrique, quien prendra possession. ”?
Ce règlement est encore en vigueur aujourd'hui, et l'expérience a prouvé qu'il ne saurait être mieux fait.
Le 31 ynillet 1864, le Cap-Santé donnait un cinquième prêtre à l'Eglise du Canada, dans la personne de l'abbé Eugène Frenette. Neveu et le protégé, en même temps, de M. Delâge, curé de l'{slet, il fut ordonné dans cette dernière paroisse. M. Frenette est aujourd’hui curé de la belle paroisse de Saint-Jean Port-Joli, où il continue à travailler avec le zèle et le dévouement qui sont l'apanage de tout bon prêtre.
Il sera toujours vrai que personne ne sait quand et comment il mourra. Cest une vérité que les faits viennent confirmer tous les jours. Tel est plein de santé, à peine au milieu dela vie, se promettant encore une longue suite d'années, et quelques heures après, il n'est plus qu'un ca-