CHAPITRE DOUZIEME
davre, Une maladie subite, un accident quelconque l’a Jancé dans l'éternité, au moment où il s'y attendait le moins.
Ce fut le sort regrettable d'un citoyen en vue de la paroisse, M. Isaïe Rinfret, qui se tua accidentellement le 6 “Octobre 1865. Parti dans le cours de la journée, pour aller rencontrer des employés qui travaillaientsur une ferme qu'il possédait dans le rang Saint-François, il avait pris sa carabine dans l'intention de faire en même temps une partie de chasse, Cette fois il devait être lui-même la victime. Aussitôt rendu, il descend de voiture et saisit, sans assez de précautions, cette carabine qu'il était si habitué à manier. Soudain, le coup part, et il tombe terrassé par la décharge qui l'avait frappé dans la région du cœur. Le curé ‘put à peine arriver à temps pour lui administrer les derniers sacrements. Quelques minutes après, ce pauvre infortuné rendait le dernier soupir et on le ramenait, inanimé, à sa maison que deux heures auparavant il avait quittée sans soupçonner qu'il en franchissait le seuil pour la dernière fois. La mort tragique de ce brave citoyen plongea aans un deuil profond, non seulement sa nombreuse famille, mais la paroisse tout entière, dont il possédait l'estime et Ja confiance. Le troisième de ses fils, François, était, dans Je temps, pensionnaire au Petit Séminaire de Québec. Nous le * mes au moment de son départ, lorsqu'on l'eut informé du malheur qui venait de le frapper, etce souvenir ne s'est jamais effacé de notre mémoire (1).
La première visite pastorale sous le règne de M. Godbout æutlieu en 1866. Mgr de Tloa, accompagné de MM. A. Mailloux et C. Catellier, donna la confirmation à 132 enfants. Il alloua ensuite les comptes pour les années 1862, 1863 et 1364, en exprimant le regret de ne point trouver dans le registre ad hoc les procès-verbaux de la reddition des comptes pour 1859, 1860 et 1861.
Le procès-verbal de cette visite pastorale contient un loge de l'administration de M. Godbout, qui lui fait trop honneur pour ne pas le reproduire ici. « Nous sommes heureux de voir, dit-il, que M. le curé, par son activité et sa
(1) M. kauret, au moment de sa mort, était encore l'agent de la fabrique
fermeté, a réussi à faire rendre compte aux marguilliers. dans le temps voulu, à faire rentrer dans le coffre de la fabrique une partie des arrérages accumulés au grand détriment de l’église dans les années précédentes, et par: ce moyen, à rétablir un peu l’ordre dans les affaires de la fabrique, et enfin à acquitter une partie de la dette dont. elle est chargée. Le soin et l'exactitude avec lesquels il a. tenu les comptes de l'église jusqu'à ce jour, nous font, espérer qu'il parviendra bientôt à payer toute la dette- Mais pour atteindre ce but, il faut que les marguilliers en exercice secondent ses efforts, en travaillant, comme il est. de leur devoir, à faire payer exactement tout ce qui est. dû à la dite église, eten rendant compte de leur gestion, au moins dans les six mois qui suivent leur sortie de charge, suivant la règle du diocèse et selon les ordonnances de nos précédentes visites, ordonnances à l’exécutian desquelles nous l’engageons à tenir la main.»
La paroisse du Cap-Santé fut démembrée une quatrième fois en 1867. Les habitants disséminés sur le territoire de la seignearie de Neuville sollicitaient, depuis quelques. années, la faveur de former une paroisse distincte. Commeles raisons alléguées étaient excellentes et que le chiffre de la population était devenu assez considérable pour subvenir convenablement aux frais d'entretien d’un curé, l'autorité ecclésiastique jugea qu’il n'y avait plus d'inconvénients à faire droit à cette demande. C’est pourquoi elle érigea canoniquement la nouvelle paroisse de Sainte-Jeanne de Neuville, par ordonnance en date du 15 avril 1867.
Le décret canonique lui assigne l'étendue et les limites. suivantes :
«En conséquence, nous avons démembré et démembrons. des dites paroisses de la Pointe-aux-Trembles, du Cap-Santéet de Saint-Basile, la susdite partie seulement de la seigneurie de Neuville, désignée sur la requête susdatée, et. l'avons érigée et l'érigeons par les présentes, en titre de cure et de paroisse sous l’invocation de Sainte-Jeanne de: Chantal, veuve, dont la fête se célèbre le 21 août, laquelle paroisse, qui sera connue sous le nom de Sainté-Jeanne de: Neuville, comprendra une étendue de territoire de figure-