‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 22 sur 163 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

duisant l'armée. que l’on apprit que la ville avait capitulé- Il fallut rétrograder alors, et l'armée, harassée de fatigue et manquant de tout, retourna à Jacques-Cartier.

Ce fut dans le fort que l'on avait précédemment construit dans cette place qne l'armée française hiverna ; mais conune il était trop petit pour contenir toute l'armée, une partie se cantonna dans les environs. Les soldats se firent des cabanes avec tout ce qu’ils purent trouver: Tout ce que les habitants des environs avaient, soit en provisions, soit en animaux, fut enlevé pour fournir à l’armée ce dont elle avait besoin pendant son séjour dans ce lieu. A peine dans chaque famille put-on conserver ce qui était absolument nécessaire pour la subsistance. Heureuse celle où on laissait une seule vache. Ceux des habitants qui purent conserver un mouton ou deux, n’y réussirent qu'en cachant soigneusement ces aninraux jusque dans leurs caves, pour les soustraire aux recherches continuelles que l'on faisait pour se procurer des aliments. Tout ce que ‘on enlevait ainsi était pavé, ilest vrai; mais Ces paiements ne se faisaient qu'en papier que plusieurs refusaient, et qui n’indemnisèrent pas beaucoup ceux qui lavarent reçu, puisque, comme on sait, la valeur du papier fut perdue pour la plus grande'partie. Pendant que l'armée francaise était à Jacques-Cartier, elle eut pour aumônier le père Alexis Duburon, Révollet, au du moins, ce Père vint passer quelque temps à ce poste (Li.

Au commencement du printemps, l'ermée française quitta Jacques-Cartier pour se rapprocher de Québec, dans lintention de le surprendre et de S'en rendre maître par un coùp de main; ou d'en faire le siège, si ce coup de main venait à manquer. Dès le 20 avril F760, l'armée était en pleine marche, et la surprise que l'on méditait sur Québec

(1) On trouve son nom dans le Répertoire du clergé canadien, page 106 de la première édition, donné comme suit : Féré Du’ Buron, Joseph:Etienne, Récollet, en religion, ‘Frère Alexis, ”

Ordonné le:22: septembre 1742, il mourut le 26 novembre 1776, après avoir desservi différentes paroisses, et entre autres, celle de Sainte-Croix en 1765, comme nous l'écrit M. Côté, le curé actuel de cette dernière paroisse, {L'abbé D. G.)

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paraissait devoir infailliblement réussir. Déjà l’armée était parvenue-à Saint-Augustin. Tous les soirs elle débarquait des bateaux sur lesquels elle descendait le fleuve, pour gagner le haut du rivage sur lequel elle passait la nuit. L’ennemi ignorait complètement qu’elle fût en route, 1l la croyait encore dans les quartiers d'hiver; enfin l’armée avait quitté les bateaux et marchait sur la ville. Le chevalier de Lévis lui avait fait prendre sa route par le fond des terres, pour qu'elle 1e fût point aperçue.

Les soldats étaient dans la neige jusqu'aux genoux. La nuit il survint une grèle et un verglas qui firent infiniment souffrir l’armée. Elle avançait néanmoins, malgré tous ces contre-temps, et elle touchait presque à une garde avancée de quinze cents hommes que les Anglais tenaient au Cap-Rouge. Elle allait tomber sur ce détachement, et elle l'aurait taillé en pièces, mais un accident arrivé à un soldat, trahit le secret qui jusqu'alors avait caché la marche de l’armée française, Un canonnier en sortant du bateau comme les autres, la veille au soir, était tombé dans l'eau, et on l'avait cru perdu. Cependant étant parvenu à saisir un grand glaçon, il avait réussi à sy maintenir, mais le courant l’emportait, et il était obligé de se laisser aller au gré du flot. En descendant, le glacon rasa la côte de Québec, une seutinelle anglaise qui était sur le bord de la rivière, voyant un homme prèt à périr, appelle du secours. On atteint le malheureux que lecourant emporte, on le trouve sans mouvement sur le glaçcon sur lequel il était parvenu à monter et on le reconnait pour un soldat français. À force de soins et de secours on le fait revenir, mais il n'a que Le temps de dire qu'une armée de 19000 hommes arrive à Québec, et il meurt: Aussitôt le gouverneur envoie à toutes brides. un courrier au Cap-Rouge, avec ordre au commandant de la garde avancée de quinze cents hommes, de rentrer en toute diligence à Québec. Elle venait de recevoir cet ordre et se repliait déjà sur la ville, lorsque le chevalier de Lévis arriva avec son avant-garde ; il ne put tomber que sur le derrière de l'ennemi, et il ne lui fitque très peu de mal. Il continua cependant à s’avancer en tonte diligence, jusqu'à une lieue de Québec, où le

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