CHAPITRE CINQUIÈME
cimetière de cette paroisse, monsieur Jean Artel, lieutenant dans les troupes de la marine française, tué la veille dans une rencontre avec les ennemis.
Dans l'été qui suivit la prise de Québec, et probablement vers le temps où le fort Jacques-Cartier fut obligé de se rendre, les Anglais s'étant rendus maîtres du fleuve et le parcourant librement, plusieurs des habitants de la grande côte, qui craignaient leurs visites, s'étaient retirés dans les concessions au-dessus du bord de l’eau. M. Fillion craignant pareillément, peut-être plus pour les choses saintes dont il-était le gardien que pour lui-même, se retira pendant quelque temps au village de Saint-Joseph, chez le nommé Amable Hardy (1). Il y disait la messe le dimanche, et les habitants des autres villages venaient l'entendre, passant par des sentiers au travers des bois, pour éviter les. rencontres de l'ennemi qu'ils craignaient, et dont la vue quelquefois causa beaucoup de frayeur aux dittérents petits groupes qui allaient assister au service divin, ou qui en revenaient.
Quoique la ville de Québec eût été prise Le 18 septembre 19559, la paix néanmoins ne fut conciue que le 10 février 4763; le Canada fut alors définitivement cédé à l'Angleterre. + LS
Le quatre juin de la même année, monsieur Jean-Olivier Briand, chanoine de l'église cathédrale de Québec et | viçaire général du diocèse pendant la vacance du siège épiscopal, qui durait depuis 1760, publia un mandement relatif aux circonstances de la paix et du changement de domination. Il y exhorte les fidèles à remercier Dieu du bienfait de ia paix qui vient d'être publiée ; à se souvenir de la fidélité qu'ils doivent à ceux auxquels la Providence vient de les assujettir, obligation fondée sur l'Evangile, sur leurs intérêts même.temporels, et sur la manière généreuse dont le vainqueur en a usé envers eux. Dans chaque paroisse, le Te Deum sera chanté solennel-
(1) Cette terre, aujourd’hui la propriété de son arrière petit fils, Joseph Hardy, longe, du côté sud-ouest, la route qui mène du village Saint-doseph au village Saint- “Français LES abbé D. G.)
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lement à l'issue des vèpres, le premier dimanche après la réception du présent mandement. Tous les pouvoirs accordés par feu Mgr de Pontbriand, à l'occasion du siège, sont révoqués. Le susdit mandement.est daté de l'Hôpital- Général, le 4 juin 156%
L'année précédente, le 14 février 1762, le mème M. Olivier Brianden avait déjà adressé. un à tous les fidèles de la province à l'occasion du-mariage de Sa.Majesté George Hi, avec la. Princesse Charlotte de Mecklenbourg Strélitz, qui avait eu lieu le 8 septembre 1761. Ce mandement daté pareillement de l'Hôpital-Général, ordonnait qu'un Te Deum solennel fût chanté dans toutes les églises paroissiales de la Province, à l'issue des vêpres, le premier dimanche après sa réception, en témoignage de la: part que l'en devait prendre à 1 joie publique pour le. mariage de.Sa Majesté George III avec la Princesse Charlotte Mecklenbourg-Strélitz, et pour demander à Dieu ses grâces sur leurs Majestés le roiet la reine de la Grande-Bretagne, devenus nos Souverains.
Ce mandement ordonnait aussi qu’à l'endroit du Canon de la messe, où l’on prie pour le roi, ainsi que dans toutes les autres prières, soit à la bénfdiction du cienge pascal, le Samedi-Saint, soit au salut du Saint-Sacrement, ;qn ajoutât Gcorgio.: Le même mandement enfin marque: ce que l'on substitue dans le ritnel page 387, dans la prière que l’on adresse à Dieu pour le roi et la famille royale, dans le prône.
Nous allons maintenant reprendre l'exposé des événements des années suivantes. Il y en à un néanmoins.qui
appartient à l’année 1761, et auquel nous n'avons. :pu
trouver de place qu'en ce lieu. Le 2 juillet de cette année, un jeuné homme de cette paroisse, du nom.de:Pierre Doré, âgé d'environ seize ans, fut tué subitement: par le tonnerre.
En 1365, Jean-François Langlais étant marguillier.en charge, la fabrique se. trouva avoir beancoup de papiermonnaie,qui, depuis la paix en 1763,‘tombait chaque jour dans le plus grand discrédit; c’est pourquoi dans une assemblée des marguilliers et de l'avis de M. Fillion, il fut résolu qu’on vendrait ce papier au plus tôt pour en retirer