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CHAPITRE CINQUIÈME

le moyen de bâtir dans des temps difficiles et avec des moyens si peu proportionnés aux dépenses qu'il lui fallut faire ; son zèle et sa constance pour conduire ce vaste édifice à sa perfection qui lui ont fait sacrifier la plus grande partie de son patrimoine, mème jusqu'à ses propres forces corporelles, puisqu'on la vu, dans le temps de la bâtisse, travailler de ses propres mains comme les simples journaliers dont il partageait les travaux et les fatigues, pour avancer l'ouvrage et encourager par son exemple ceux à qui ses paroles ne suflisaient pas pour faire partager son zele : tout cela forme, en faveur de M. Fillion, un monument qui ne permettra pas sans doute qu'on oublie de sitôt la mémoire de ce respectable curé ; aussi est-elle en bénédiction dans la paroisse. :

On à généralement reproché à M. Fillion d'avoir bâti une église trop vaste, trop élevée, en un mot d’avoir fait un bâtiment dont les frais d'entretien sont au-dessus des moyens de la paroisse, ou au moins qui les absorbent de telle manière, qu'il men reste rien pour faire travailler à l’ornementation intérieure et d'avoir, en bâtissant cette église, plus consulté son goût particulier que les forces réelles et les ressources de la paroisse (1).

IL est difficile de disculper entièrement M. Fillion de ce reproche, nous en convenons ; mais aussi, pour la justification de ce monsieur, ne peut-on pas dire qu'il espérait, et avec quelque raison, que, vu l'augmentation et l'accroissement dont la paroisse était susceptible, elle deviendrait en mème temps capable de suffire et à l'entretien et à ce qui deviendrait nécessaire pour l’ornementation intérieure de l’église ? Si les particuliers de la paroisse avaient, par la suite, conservé quelque chose du zèle de M. Fillion ; si surtout les améliorations en ornements intérieurs qu'on à substitués à ce que M. Fillion avait d’abord fait, avaient été conduites avec un meilleur goût, on plutôt, qu'on eût attendu encore quelque temps, on aurait évité bien des

(1) Jusqu'à l’époque des morcellements de la paroisse, loin d’ére trop spacieuse, l'église qui avait alors des arcades latérales, était littéralement encombrée, (L'abbé D. G.)

dépenses considérables et presque inutiles, où qui le deviendront, quand on voudra faire quelque chose qui réponde à la grandeur età la beauté des proportions de l'église ; et on aurait peut-être maintenant, au moyen des sommes ménagées, et si malemployées au paiement des pauvres ornements qui y sont actuellement, les moyens suffisants pour l'orner convenablement (1).

On peut remarquer ici que, depuis Parrivée de M. Fillion en cette paroisse, qui n'était encore que peu considérable au moment où il en prit possession, elle s'était beaucoup augmentée pendant les 43 années qu'il en fnt curé, Plusieurs villages s'étaient eablis, un grand nombre de terres avaient été mises en état de culture, la population s'était augmentée, le nombre des naissances qui n'était, sous M. Fillion, que de 26 à 30 et quelques unes par année, s'était élevé à celui de 41 à 75 ; enfin la paroisse prenait une importance qu'elle n'avait point eue jusqu'alors, et qu'elle devait à cette augmentation de population, lorsque le successeur de M. Fillion en prit possession, Ce qui eut lieu le 15 octobre 1795.

NOTE, Avant de passer à la suite des événements qui ont eu lieu sous les nouveaux curés, successeurs de Messieurs Morin, Lacoudray. Vover el Fillion, nouscrovons devoir faire ici quelques observations sur le mode en usage dans cette paroisse, pour la règle des affaires de la fabrique. Ce qui nous en äonne l’occasion, ce sont, dans le temps mème où ces mémoires sontécrits, des discussions animées sur le sujet des fabriques, livrées à l'intérèt et au jugement du public, dans les divers journaux, des rapports exagérés, le plus souvent faux, sur de prétendus abus dout se seraient rendus coupables les gérants des affaires des fabriques, des criailleries ea un mot contre l'ancien mode de régie de cette sorte d’affaires, enfin des plaintes et des requêtes portées jusqu'à la législature, qui s'est emparée de cette matière pour en faire l'objet de ses discussions, et par suite probablement légiférer sur ce sujot.

(1) Il y a à la fin du manuscrit de M. Gatien, des plans des différentes parties de cette église bâtie par M. Fillion. (L'abbé D. G.)

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