CHAPITRE HUÏYIÈME
mois de juillet 1821. Ce pont a procuré depuis un moéven de communication baucoup plus commode et plus sûr que n'était celui du bac sur lequel, avant la construction du pont, on passait sur la rivière Jacques-Cartier. Quand ilu'y avait que ce bac, pendant plusienrs mois, le printemps et l'automne de mème, il devenait impossible de pass:r la rivière avec le bac, ou la chose se faisait avec beaucoup de danger. Dans le cours de l’été même, après de grandes pluies, la rivière grossissait tout-à-coup de manière à empècher le passage, ou on ne pouvait le tenter qu'en canot. Il n’y avait alors d'autre moyen de traverser la rivière en voiture, qu'en allant à l'extrémité du Bois de lAil, la passer sur le pont Royal ou dit des Commissaires.
Malgré la commodité du passage qu'offrait ce pont nouveau, les avenues pour y parvenir, surtout du côté du Cap- Santé, présentaient de graudes difficultés dans la hauteur et l’escarpement des terres, dans la nature du terrain qui forme cette hauteur et dans laquelle on avait pratiqué la côte conduisant au pont neuf, Dans beaucoup de circonstances, on ne pouvait monter et descendre cette côte sans un grand danger, et plusieurs accidents même étaient déjà arrivés, En 1830, la Législatnre accorda une somme de 200 livres pour faire améliorer lesavenues du pont, à la condition que les propriétaires du dit pont diminueraient le prix du passage d’un tiers pendant dix aus.
Le pont Royal, dont nous avons parlé ci-dessus, avait été construit aux frais de la province, en 1798. Avant ce temps, et depuis que l'établissement du Grand Bois de l'Ail était ommencé, les habitants du lieu aväient construit un pont sur la rivière Jacques-Cartier, à l'endroit où est actuellement le pont Royal. Ce pont, construit à peu de frais et aussi avec peu de solidité, était souvent emporté dans les crues subites d’eau, mais il était bientôt rétabli. Cet état de choses néanmoins avait de grands inconvénients, [Il y avait des temps où le passage sur ce pont fragile devenait dangereux, et d’autres où il était impossible ; et ‘tout cela gônait les communications. En 1758, lés habitants du Grand Bois de l’Ail, aidés par M. Deschenaud, prêtre, leur seigneur, firent un pont plus solide et qui a duré jusqu’en
1798, où le gouvernement eu fit faire un en pierre, d'une seule arche également en pierre, Ce pont mal construit, quoiqu'il eût coûté une somme énorme, s’'écroula au moment même où l’on ôta les cintres de la voûte. IL pensa en coûter la vie à deux jeunes gens qui passaient sur ce pont, au moment où il s'abima dans la rivière. [ne durent la vie qu'à leur courage et à leur agilité. Lorsque ce pont s’écroula, il n'y avait qu'uu instant que M. Olivier Germain, alors curé des Grondines, venait de le passer en voiture. A peine veuait-il de laisser la côte au-dessus du pont, qu'un habitant des environs courut vers lui pour lui annoncer que le pont sur legnel il venait de passer n'existait plus.
Cependant l'existence d'un pont en cet endroit, et d'un pont solide, était si nécessaire pour le public et pour le gouvernement, surtout dans un temps de guerre pour le transport de gros affuts ou d'effets extrèmement pesants et lourds, ce que la hauteur et l’escarpement des côtes à l’autre passage, au bas de la rivière Jacques-Cartier, rendaient presque impossible en cet endroit, que le gouvernement en fit immédiatement construire un nouveau en 1801. Les quais sont en pierre et le pontage en bois, mais le tout d'une grande solidité,
Un droit de péage de [8 sols, pour chaque voiture passant sur le nouveau pont Royal, fut imposé. Ce fut cette imposition trop forte et inconsidérée, ce fut surtout ce que l'on fit ensuite, et les moyens pleins d'injustice que l’on mit en usage pour obliger les habitants à passer sur ce pont en les faisant payer, et les empèchant de passer, l'hiver, sur les parties de la rivière qui étaient glacées etqui leur offraient un passage commode et sans frais, qui les excitèrent à entreprendre à leurs propres frais un nouveau pont au-dessus du pont bâti par le gouvernement,
Ils l’entreprirent en effet. Aidés de quelque argent par les particuliers des paroisses voisines, les habitants du Cap- Santé firent, à leu:s propres frais et dépens, le pont solide et commode que l’on nomme ‘le pont Neuf” ou ‘* le pont des Habitants.” Le passage en est libre, c'est-à-dire qu'il n’est sujet à aucun droit de péage, et il n'y a aucun moyen de passer la rivière Jacques-Cartier avec plus de sûreté,
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