CHAPITRE HUITIÈME
quelque énormes et quelque pesants que pourraient être les charges et les fardeaux que l'on aurait à transporter, que celui qu'offre actuellement ce passage. Les avenues, d'un côté et de l'autre de la rivière, sont faciles, et avec peu de dépenses on pourrait les améliorer davantage. Les routes conduisant au pont, soit dans le Cap-Santé, soit dans la Pointe-aux-Trembles, ont été verbalisées aussitôt après l'érection de ce pont, qui a été conséruit dans le cours des années 1821 et 18322,
Ce que nous avions à dire ici sur ces différents ponts érigés sur la rivière Jacques-Cartier nous a fait anticiper sur les années, pour n'avoir point à revenir sur ce sujet. Nous reprendrons immédiatement notre marche ordinaire, de suivre l’ordre et le cours des années.
En 1820, on fit faire en neuf les œils de bœuf de la nefet du portail et les chassis des tours. Il en coûta soixante et quatre louis et quelques schellings, ce qui peut paraître extraordinaire ; mais il faut remarquer que l’on fut obligé de doubler le prix du vitrage par la gaucherie de celui qui étant chargé d'apporter de la ville les vitres pour cés chassis, le fitavec si peu de soin et de précaution, que plus de la moitié se trouvèrent cassées, et qu'il fallut ainsi payer deux fois ce vitrage. Les bancs dans ce jubé, au nombre de 96, furent mis en amphithéâtre, de manière que ceux qui les occupent, peuvent voir non seulement l'autel mais la chaire même et une partie de la nef. Ces bancs qu'on avait eu peine à louer au plus bas prix auparavant, furent vendus et loués à un prix assez considérable et conformément au mode prescrit par Monseigneur dans une de ses visites pré-
cédentes. Il en coûta pour ce dernier ouvrage dix-sept louis
sept schellings et six deniers.
En l’année 1820, il y eut dans l'hiver des fièvres très malignes, qui firent périr un grand nombre de personnes. Ces fièvres attaquaient principalement les jeunes personnes du sexe, et plusieurs en furent victimes. Celles qui en étaient attaquées, l’étaient si violemment, qu'en deux ou trois jours la maladie se terminait par la mort, L'automne qui précéda l'hiver où ces fièvres régnèrent dans la paroisse, avaitéte crès humide, le temps fréquemment brumeux, l'air
épais et sans élasticité. A plusieurs répri s même, on avait senti une très mauvaise odeur'répahdue généralement dans l'atmosphère, en un moton ne respirait qu'un air vicié. Lorsque les premières neiges couvrirent la terre, on remarqua une fois surtout, après une journée très sOMbre, la neige toute tachée d’une espèce de cendre, de poussière noire. On trouva au fond des vases dans lesquels on avait mis de cette neige et où on l'avait laissée fondre, un dépôt ou sédiment noir et terreux. ET
En 1821, il svriva un accident malheureux à un n jeune homme äe la paroisse. Ce jeune homme, du-nom de Zéphy rin Perrault, âgé de !3 ans, et qui était sur le point de faire sa première communion, se noya dans la rivière Portneuf sur laquelle il s’amusait à se promener en canot avec. une de ses sœurs ; il fut retrouvé immédiatement, mais, sans vie, et enterré le 11 août, En
Vers l'année 1822 commença, au-dessus du village de; la Rivière-à-Belle-Tle, une nouvelle habitation formée par des Irlandais émigrés, au nombre alors de dix-huit familles, mais qui se sont augmentées par des nouveaux venus. La presque totalité de cette nouvelle habitation est composée de protestants, Il n’y à que six ou sept familles catholiques, dans un état d'abandon bien déplorable pour les exercices et les devoirs de leur religion : d'abord par rapport à leur paresse et négligence pour ces objets, ensuite par leur éloignement de l’église, dont ils ne sont pas à moins de trois ou quatre lieues, et leur manque de moyens pour s’y transporter, n'ayant point le plus souvent de voiture, et enfin parce que leur langue, que l'on n’entend point, et la nôtre, qu'ils ignorent, rendent notre ministère nul pour: eux. Aussi, ne les voit-on que lorsqu'ils ont des enfants à faire baptiser, et des morts à faire inhumer. Heureux, eux et nous, quand ils viennent nous chercher assez à temps pour les malades, et que nous pouvons trouver des interprètes convenables, qui puissent nous faire communiquer avec eux. Tel est l'état des choses actuellement pour ces pauvres et malheureux catholiqués. Quant aux protestants, qui forment la majeure partie de cette nouvelle habitation, un ministre anglican qui vient de temps à