CHAPITRE HUITIÈME
autre à Portneuf, depuis quelques années, leur fait le service propre à son état, ainsi que pour les autres non catholiques qui sont dans la paroisse, quand il leur plaît de se rendre aux assemblées auxquelles la présence de ce ministre donne ocrasion.
En 1822, on fit de grandes réparations aux murs extérieurs de l’église. On donna un nouveau crépi an portail et au côté nord de l’église. La tour du même côté nord fut lambrissée. Les frais de ces réparations s'élevèrent à la somme de 2,204 frs ; à l'exception de ce qui fut dépensé sur cetie somme, pour lambrisser la tour, le veste fut à peu près perdu et dépensé inutilement. Le mur du côté du nord, ainsi que celui du portail ne pourront jamais tenir iongtemps les crépis qu’on tentera d'y appliquer : 1° parce que l'espèce de pierre noire qui forme la plus grande partie de ces murs, n’est pas propre à retenir le mortier qu'on y applique; 2 parce que ces murs; l’un du côté nord, n’est jamais assez chauffé par le soleil qui n'y donne qu'un instant, pour que l’eau et l'humidité que le vent du nord y apporte et dont il la pénètre, puisse le sécher; pour celui du portail, exposé à toute l’action du soleil, à la violence du vent du sud, à la pluie ou a la grèle qui l'accompagnent ordinairement dans les diverses saisons, et enfin à toute la rigueur du plus grand froid qui vient ordinairement du sud-ouest; les crépis qu'on tente d'y appliquer n'ayant rien sur quoi ils puissent avoir prise, parce que la pierre qui compose les murs est trop lisse, et que tous les interstices en sont déjà tous fermés par le mortier qui y a déjà été appliqué, il faut que ces crépis nouveaux cèdent à toutes ces différentes attaques de l’eau, de l'humidité, du vent, du soleil ou du froid qu'ils éprouvent successivement. Les essais multipliés que l’on a faits jusqu'à ce moment, démontrent et l’inutilité de toutes les dépenses qu'on voudrait renouveler ponr faire tenir un crépi sur ces vieux murs, et la nécessité de les lambrisser, comme seul moyen de les conserver et tenir l'extérieur de l'église dans un état décent.
Lors des dernières réparations faites en cette année 1822, les syndics nommés pour présider et conduire les ouvrages que l’on devait faire, furent avertis et prévenus de l’inuti:
lité des nouvelles tentatives qu'ils voulaient faire pour faire appliquer un nouveau crépi sur le portail et sur le côté nord de l'église, Convaincus en apparence de la justesse des observations qu'on leur faisait, ils se disposèrent à faire lambrisser le portail; mais ensuite effrayés des criailleries d'un public ignorant, ilschangérent d'avis et se décidèrent à donner un nouveau crépi. Es ne tardèrent pas à voir par eux-mêmes la vérité des obcervations qu'on leur avait faites; ethientôt ce nouveau crépi se détachant du mur par grandes portions, les convainquit qu'autant ou mieux il eût été de jeter leur argent dans la rivière, plutôt que de l'employer de la manière qu'ils venaient de faire ; et dix-huit mois ne s'étaient pas écoulés depuis qu'on avait crépi de nouveau ces murs, qu'ils étaient dans le même état de délabrement qu'auparavant (1).
Eu cette année 1822, Henry Marcot du Petit Bois de PAil, étant marguillier en charge, la recette de la fabrique fut une des plus fortes qu'elle eût jamais été, elle séleva à La sonne de 10,682 francs.
Vers la fin de l'été de cette mème année 1822, il y eutun orage accompagné de pluie, de grèle et surtout de vent, dune violence telle, que dans les lieux où il se porta avec toute sa force, il ne resta pas un seul arbre sur pied, Get orage passa sur la lisière des bois, au nord-est de la rivière, L'espace en largeur qu'embrassait cet orage n’était pas considérable, mais rien ne résista à la violence du vent, On pouvait reconnaitre les lieux où il était passé, au culbntis affreux des arbres arrachés, entassés les uns surlesaut'es, tellement que plusieurs particuliers qui avaient des sucreries dans les lieux où cet orage passa, ou bien au delà, furent ensuite longtemps sans pouvoir y pénétrer. Les grains dans cette partie de La paroisse que lon nomme “les Bràlés, ? souffrirent beaucoup. Le plus grand mal néanmoins que cel orage fit dans cette paroisse fut dans les bois. Il : n’en fut pas ainsi dans les autres paroisses au nord-est de celle-ci, où un grand nombre de différents. bâtiments fu-
(1) Le lambrissage suggéré par M. Gatien à été complété en 1887. seulement, (L'abbé D, G.)