‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 61 sur 163 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

des douleurs extrèmes, de la blessure et des suites d'u coup de fusil qu'il avait trouvé le moyen de se tirer luimême et volontairement dans le genou. Son intention n'avait point été de se faire beaucoup de mal, encore moins de se procurer la mort: en se blessant ainsi, disait-il luimême, il ne voulait qu'obliger sa femme qui l'avait quitté depuis quelques jours, à revenir à sa maison pour avoir soin de ses enfants et de Ini-mème aussi pendant qu'il serait malade, ét par suite l'engager à ne plus l'abandonner. Ce remède etce moyen étaient nouveaux, sans doute, pour rappeler une femme à son devoir; le pauvre imbécile de mari éprouva à ses dépens combien il était dangereux. Après avoir horriblement souffert pendant plusieurs jours des suites de la blessure qu'il s'était faite, il mourut bien repentant de sa folie et de son erreur.

Mgr Joseph Octave Plessis visita de nouveau la paroisse en cette année 1823. Dans cette visite qui a eu lieu le 29, le 30 juin et le {* juillet, il y eut 247 personnes confirmées. Les comptes des marguilliers jusques et compris celui de 1821, furent alloués, Dans l'ordonnance de la visite, l'évêque, vu l'inexécution de l'ordonnance de la dernière visite en 1818, en cé qui avait rapport au baptistaire et an confessionnal, et vu qu'on ne pouvait supprimer les bancs mentionnés en la susdite ordonnance sans diminuer notablement les revenus de l’église, ordonne que pour mettre Monsieur le curé en état de confesser dans l'église dans la belle saison, il sera pratiqué dans le plus court délai possible un confessionnal et un baptistaire dans le pignon de l'église, le tout sur un plan commode et d'après les directions de Monsieur le curé, ce qui fut exécuté aussitôt que possible après cette visite,

Par la même ordonnance, Monseigneur permit de prendre au coffre-fort de la fabrique telle somme qui sera jugée nécessaire, pourvu qu’elle n'excède pas trente louis, pour aider aux paroissiens à recouvrir Les deux prespytères, le vieux et lé nouveau, Cette ordonnance est du £* juillet,

Ces trente louis que Monseigneur pérmit de prendre sur les fonds de la fabrique pour aider à recouvrir les deux

presbytères, furent immédiatement employés à Cét sage,

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IL était indispensable de couvrir à neuf et au plus tôt ces deux maisons, dont une partie mème était sans couverture ; et voici comment la chose était arrivée.

La surveille du jour où Monseigneur devait arriver en visite dans la paroisse, une étincelle échappée de la cheminée élant tombée sur le vieux presbytère, le feu y prit immédiatement ; la couverture de cette partie des presbytères étant très vieille, toute couverte de mousse, et de plus bien préparée à prendre feu par suite de la sécheresse et de la chaleur extrême qui régnaient depuis longtemps. En un moment la plus grande partie de la couverture était tout en feu. Déjà les flammes avaient pénétré dans le grenier ; et sans les secours. les plus actifs et les plus prompts des personnes du village et de quelques autres de la paroisse qui se trouvaient à l'église en ce moment, tout allait ètre la proie des flammes, et à peine aurait-on eu le temps de sauver une partie des effets du curé, sans parler du danger où aurait été l'église elle-même de brûler. Enfin, on vint à bout d'arrêter le progrès des flammes et d'éteindre le feu; mais iLétait impossible de Jaisser longtemps le presbytère dans l'état où il était, les récoltes, qui allaient commencer, ne permettaient pas aux habitants de s'occuper beaucoup du soin de réparer le dégât et le mal que le feu avait, faits. C'est pourquoi Monseigneur permit de prendre au coffre-fort de la fabrique la somme dont il a été fait mention, pour faire sans délai les réparations qu'exigeaient impérieusement les circonstances où l'on se trouvait.

Cette’ même année 1823, vers le milieu de l'été, une épizootie très dangereuse attaqua les chevaux. C'était une enflure énorme et qui allait toujours en augmentant, jusqu'à la mort des animaux qui en étaient attaqués. Elle se portait surtout au gosier, au poitrail, au ventre principalement et aux parties naturelles.

Cette maladie, rendue à un certain degré, faisait mourir en peu de temps les chevaux qui en étaient attaqués. On employa divers traitements contre ce mal contagieux. Les plus efficaces parurent être les saignées, ies applications des émollients, et surtout l'usage des potions rafraichissantes et purgatives en mème temps. On éprouva aussi

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