‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 62 sur 163 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

des effets très heureux de l'usage de l'armoise ou ‘ herbe de la Saint-Jean,” donnée en nourriture et en abondance aux chevaux, pour les préserver de la contagion. Ceux qui, étant attaqués de cette maladie, furent négligés dans le traitement nécessaire, moururent tous; et il périt un grand nombre de chevaux, non seulement dans cette paroisse mais encore dans les paroisses voisines. [est à remarquer que, dans les paroisses de la Pointe-aux- Trembles et de Saint-Augustin, ceux qui voulurent traiter les chevaux malades selon les directions de M. Courval, curé de la Pointe-aux-Trembles, c'est-à-dire faire suer les chevaux malades, à la vapeur de l'eau chaude, et leur faire prendre en potion de la tisane appelée du nom de son auteur,‘ courvaline,” les sauvèrent tous sans exception.

Quelques observations que l'on à faites sur la fin de cette épizootie, mais qui n'ont pu ètre.suffisamment vérifiées, parce que la maladie a cessé presque au moment où l'on a commencé à les faire, ont fait soupconner que cette maladie avait duns sa cause quelque ressemblance aver celle qui, vers le milieu du siècle dernier, fit périr une multitude de chevaux dans le nord de l'Europe, et que Linnée a attribuée à la piqûre de l'animalnommé “furie infernale” par Salander.

Au reste, pendant cette maladie, les habitants de la paroisse demandèrent avec empressement que in fit des prières publiques pour obtenir la cessation de ce nnaveau fléau. On leur accorda en partie ce qu'ils demandaient, en chantant pendant plusienrs semaines de suite des grand’messes pour demander à Dieu la fin de ce mal, mais en mème temps on leur fit bien remarquer que le vrai «moyen d'obtenir de Dieu la cessation de ce fléau, ainsi que de tous ceux dont il frappe ou les particuliers ou la société entière, est de faire cesser les désordres et les crimes qui provoquent sa colère,

Dans le printemps de 1824, il arriva une chose qni paraitra sans doute d'une bien pétite importante et peu digne d'être rapportée dans ces mémoires; cependant nous en ferons inention, én faisant remarquer ensüite la raison pour laquelle nous là rapportons. L'anneau qui retenait la plus grosse des deux cloches se cassa. Le battant tomba du

haut du clocher à terre, au moment où on sonnait le second. “coup de la grand'messe ; heureusement qu'iln'y avait alors personne auprès de l'église, sa chute ne causa. aucun accident. Un forgeron de cette paroisse, François-Xavier Garneau, la perça, y mit un nouvel anneau et la cloche, sans perdre absolument rien de son son, se trouva parfaitement raccommodée et aussi bonne qu'elle avait jamais été. IL n'en coûta pour cet ouvrage que 42 livres. Nous n'avons ‘apporté ceci, au reste, que pour faire connaître que, dans un tel accident, qui semble rendre une cloche absolument hors de service, il n'y à rien néanmoins de plus facile que de la rétablir dans son propre état,

Dans le mois d'avril de cette année 1824, a maison d'un nommé Josepl Morisset, habitant du Petit Bois de PAil, fut la proie des flammes, etensi peu de temps que, presque tout ce qui était dans cette maison brûla avec la maison mème, ceux qui Phabitaient n'ayant eu quasi que le temps d'en sortir. Le feu avait été mis par l'imprudence d'un enfant qui, étant allé dans le grenier de cette maison, s'était amusé à essayer parmi plusieurs morceaux de tondre, celui qui était le plus facile à prendre au feu, en battant le briquet dessus. Il en laissa, sans s’en apercevoir sans doute, quelques morceaux sur lesquels le feu avait pris, et ce furent ces morceaux de tondre qui commuuiquèrent le feu à d'autres objets dans le grenier, Déjà tout y élait en feu, sans que les personnes de la maison, qui étaient alors occupées à prendre leur diner, s'en fussent aperçues en aucune manière, Ce furent des voisins, mème assez éloignés de cette maison, qui, en voyant sortir la . fumée par le toit, vinrent avertir dans la maison où les. gens ne pensaient à rien, car peu de minutes après les planchers s'abimèrent, toute la maison étant en feu.

Deux où trois ans auparavant, la maison voisine qui venait d’être achevée, et dans laquelle le propriétaire, le jeune Frs.-Henry La Salle Marcot, devait conduire sous peu de jours celle qu’il était sur le point d’épouser, brûla . pareillément par accident. On y avait fait du feu pour sécher ou les planchers ou les crépis tort nouveaux, et personne n’était dans la maison pour en avoir soin. Le feu pendant

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