CHAPITRE HUITIÈME
Monsieur avait eu la générosité de faire. Il n’était pius temps; M. Plamondon, sur le point de partir pour l'Europe, répondit que le moment de son départ devant avoir lieu sous pen de jours, il lui était impossible d'accéder aux vœux trop tardifs des marguilliers. Il eut néanmoins la générosité de répondre qu'à son retour d'Europe s'il avait lieu, et que les choses fussent dans le même état, c’est-àdire les deux tableaux du chœur à faire et celui du maîtreautel à ôter, il remplirait les conditions qu’il avait d’abord proposées: Les choses sont donc restées dans l'état où elles étaient et le grand tableau figure encore au-dessus du maître-autel, objet d'admiration pour les uns, objet de pitié pour les autres.
Dans l'hiver de 1825 à 1826, quelque temps avant les fêtes de Noël, il y eut dans la nuit d’un samedi et une grande partie du dimanche qui suivait, uu vent furieux qui venait du sud. Le feu prit dans plusieurs cheminées, malgré les précautions que l’on prenait ; mais comme il fallait nécessairement du feu dansies maisons à cause du froid qui régnait alors, la ‘violence du vent par moment était telle qu’elle enlevait le peu de feu que l'on conservaït. Plusieurs bâtiments furent ren versés, plusieurs perdirent ou la totalité ou une grande partie de leurs couvertures. Plusieurs particuliers dont les maisons étaient plus exposées à la violence du vent, furent obligés d'arrêter avec
des cordages la charpente de leurs maisons, sans quoi
elles auraient été emportées. On craignit beaucoup pour les clochers de l’église et pour le comble mème. Cependant iln’y eut point d'autre dommage fait à l'église que la perte de deux travées de la couverture sur le mur du portail de l'église, qui furent enlevées par le vent.
Ce fut vers ce temps qu'on cessa enfin de voir rôder des bandes de sauvages vagabonds, les uns de Bécancourt, les autres de Saint-François et d’autres lieux. Ces sauvages attirés, nous ne saurions dire par quels motifs, dans cette paroisse, y passaient les uns l'été dans les bois, auprès des habitants du Petit Bois de l'Ail, de Saint-Charles et de Saint-George; d’autres hivernaient, soit dans les bois également, soitchez des particuliers qui avaient la patience
de s'embarrasser de ces canailles. Au demeurant, comme les uns et les autres n'apportaient rien de bon dans la paroisse en y venant, ils n’y ont rien laissé dont on puisse leur avoir obligation. Leur fréquentation mème a été pour plusieurs une cause et une occasion de désordres.
En 1826, le 19 mai, des voleurs étant entrés dans la maïson de François Piché, alors marguillier en charge et absent äe sa maison dansce moment, ce que les voleurs n'ignoraient pas, ils forcèrent sa femme de leur livrer les clefs d’un bureau où ils soupçonnaient qu'il y avait de l'argent. Ils y trouvèrent en effet un sac contenant cinquante et quelques livres, appartenant à la fabrique, et se sauvèrent avec cette prise. Poursuivis dès le lendemain, ils furent arrêtés sous peu de jours à Québec et confinés dans les prisons. Leur procès a été fait, leur crime prouvé, leur sentence sur le point d’être portée ; mais des formalités omises dans leur procès, a-t-on dit, ont arrêté toutes choses. Pendant ce temps-là, de ces scélérats, les uns se sont sauvés de prison, les autres, le public n’en a plus entendu parler jusqu’au moment où quelques-uns d’eux, accompagnés de nouveaux gibiers de potence, sont venus rendre une nouvelle visite au même François Piché, visite qui a été accompagnée des circonstances les plus affreuses, comme nous le rapporterons en son lieu, Quant aux cinquante louis volés, une bien petite partie a été recouvrée, le reste a été perdu pour la fabrique.
Dans la même année, par ordre de la Législature, il fut fait un dénombrement de la population de la province. L'état de Ja population de la paroisse du Cap-Santé était, à l’'époque.du recensement, de 2,516 âmes. Celui du comté entier, de 13,285 âmes.
Cette année 182 G-fut malheurénsement remarquable par le nombre des personnes de cette paroisse qui se noyèrent, Dans l’espace de cinq mois, cinq particuliers périrent dans les eaux. Le premier, François Xavier Mareot, un ecultivateur âgé de’vingt sept ans, se noya le 7 juin, dans la rivière de Portneuf, étant tombé par accident de dessus le quai qui est à l'entrée de cette rivière, à son confluent avec le fleuve,
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Village du Cap-Santé vu de l'est.
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