‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 66 sur 163 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

après; s'étant noyé le 26 novembre, on le trouva le 23 mai suivant, sur le rivage du fleuve, dans la paroisse des Ecurenils. Il fut inhumé dans le cimetière de cette paroisse.

Enfin deux autres individus de cette paroisse, et encore dans cette mème année 1826 et dans le même mois de nnvembre, perdirent la vie d’une manière aussi malheureus£. Les nommés Louis Mondor, jeune homme, propriétaire d'un grand bateau plat, et Charles Auger, forgeron dans cette paroisse, allaient tous deux dans le bateau appartenant au premier, conduire à Québec une charge de bois Surpris par un vent violent et contraire vis-à-vis les Ecu reuils, peu expérimentés l’un et l’autre dans la navigation, ils périrent tous les deux, la nuit, dans la tempête qu'avait excitée le vent qui les avait assaillis. On n’a jamais depuis entendu parler d’eux, leurs corps mêmes n’ont point été retrouvés. Le bateau dans lequel ils étaient fut trouvé, à quelques jours de là, brisé et en partie fracassé, sur les rivages de la Pointe-lévis.

Ayant oublié de rapporter en son lieu la mort d'un jeune homme de la paroisse, du nom de Joseph Carpentier, qui périt dans les eaux comme les cinq individus dont nous venons de parler, nous en faisons ici mention. Ce jeune homme se noya le jour mème dela fête de sainte Anne, entre la messe et les vèpres, en se baignant auprès de l'Eglise, au lieu nommé ‘ le Petit Cap.” Son corps fut. immédiatement trouvé, et il fut inhumé le lendemain, 27 juillet 1807.

En 1827, le 4 février, conformément aux dispositions, d’un mandement de Mgr Bernard Panet, alors évêque de: Québec, fut faite l'annonce de l'ouverture d’un jubilé accordé par le Souverain Pontife Léon XII. Ce mandement. était daté du 28 octobre 1826.

Les exercices publics de ce jubilé, réglés par ce mandement, ne se firent néanmoins däns cette paroisse que dans l'été. Ils commencèrent le ?£ juületet finirent le 5. août. Cejubilé fut célébré avec beaucoup &. zèle et de piété, à l'extérieur au moins. Dieu seui connait le fruit qu’il a produit. Cependant, on ne peut pas s'empêcher de dire que malgré tout ce zèle et cette piété extérieurs que

la paroisse en général a montrés dans ce Jubilé, cette mème paroisse n’a pas cessé d'être ce qu'elle était auparavant. On n'a vu,ui plus de ferveur, ni plus de piété, ni plus d'éloignement pour les désordres qui régnaient avant ce temps. Ceci, plus que tout le reste, peut donner une idée assez juste de toutce zèle et cette piété avec lesquels on avait paru célébrer ce jubilé, et de ce que l'on doit en penser (1).

Cette année 1827 fut remarquable par une sécheresse -extrème et presque sans exemple dans toute la province, Les récoltes soutffrirent beaucoup de cette sécheresse dans là paroisse, Les foins ne furent recueillis qu’en très petite quantité ; etleur rareté et, par une suite nécessaire, le haut prix auquel ils s’élevèrent, obligèrent une quantité de personnes, le printemps suivant, et mème sur la fin de l'hiver, à découvrir leurs bâtiments pour donner en nourriture à leurs animaux la méchante paille qu'ils en tiraient. La récolte des grains en général souffrit de cette sécheresse ; cependant quoique la quantité en fût moindre que les ‘autres années, la qualité de ces grains se trouva bonne ; et on vit de nouveau la vérité de cette manière de parler : ‘ qu'une année de sécheresse n'est jamais une année de vraie disette. ”

Vers le milieu de l'été de cette année, il arriva un accident bien fâcheux à un nommé François Chastenay. Cet homme avait tendu un fusil pour tuer un des ours qui venaient manger l’avoine qu'il avait semée. Un dimanche matin, au lieu de se préparer à venir à la messe, il se renditau lieu où il avait tendu son fusil, dans l'intention de revenir au plus tôt, pour se rendre ensuite à l’église, si toutefois il en avaitle temps. Après avoir bien arrangé, bien saisi "ét bien bandé le fusil destiné à tuer l'ours qu'il attendait, placé à quelques pieds vis-à-vis du fusil qu'il venait de tendre avec toutes les précautions possibles, il se baisse et s'avise de tirer sur la corde qui devait le faire partir, pour voir si cette corde était bien tendue. Elle ne Pétait que trop bien malheureusement pour lui. À peine à-til touché

(1) Remarque toujours actuelle, (L'abbé D. G.)

Page 1