CHAPITRE DEUXIÈME
promet et donne après sa mort deux cuillères et deux four- -chettes d'argent, qu'il veut être remises entre les mains de M. Morin, pour en faire un ciboire.
Dès l’année suivante de celle où M. Morin avait acquis les terrains dont nous avons fait mention ci-dessus, c'est-à- -dire le 29 juin, fête des SS. Apôtres Pierre et Paul, 1716, la première pierre de la nouvelle église fut posée et bénite par M. Thierry Hazeur, prêtre, chanoine de Notre-Dame de Québec. Sous cette premitre pierre fut déposé et renfermé l'acte de la consécration du dit lieu de la dite église, en l'honneur de Jésus, Marie et Joseph, l'église étant dé- -diée en l'honneur de la Sainte-Famille (1).
Dans le cours de l’année 1718, la nouvelle église fut couverte, la croix fut placée sur le clocher, on fit la voûte de l'église, on acheta un tableau de la Sainte-Famnille, qui est probablement celui qui existe encore, et qui est placé actu- “ellement au-dessus du banc des marguilliers (2). Ce tableau, d’une excellente peinture, coûta cent francs, Quant à la cloche, si on en mit une dans le clocher, ce ne fut qu'une petite, en attendant qu’on pût s'en procurer une autre, convenable au clocher, Cette autre cloche ne fut achetée qu'en 1721. Elle coùta 92 francs.
Enfin deux ans révolus après la bénédiction de la première pierre, c’est-à-dire le huit septembre 1718, le jour -et fête de la Nativité de la sainte Vierge, l'église fut bénite par M. Morin lui-mème,
Le même jour, huit septembre 1718, après la grand’messe, conformément aux ordres de Mgr de Saint-Vallier et aux règlements établis par le même seigneur Evèque dans les autres paroisses, les bancs de la nouvelle église, ‘au nombre de vingt-sept, furent criés et adjugés aux plus haut enchérisseurs; par l'ordre et règlement de Mgr deSaint-Vallier, les bancs ainsi vendus au plus offrant, “payeront d’abord le droit d'entrée, c'est-à-dire Le prix au- -quel ils auront été portés par la criée et adjudication, ce
(1) Cette église était situéeun peuau nord de l’église actuelle, (L'abbé D. G.) (2) Il n’y a plus aujourd’hui de tableau au-dessus du banc des marguilliers. L'abbé D. G.)
qui ne sera payé qu'une fois pour chaque nouveau possesseur, et ensuite une rente annuelle de quatre boisseaux | de blé (1).
Le premier banc du côté de l’épitre, au-dessous du banc de l'œuvre, fut donné à Louis Motard et à sa femme, sans obligation de payer de rente, et ce, seulement pour le temps de vie de l’un et de l’autre, conformément aux clauses du contrat de vente du terrain sur lequel la nouvelle église était bâtie.
Avant l’année 1717, M. Bégon, Intendant, avait régléque dans chaque paroisse on donnerait un banc au capitaine de côte; mais un nouveau règlement envoyé cette année par Messieurs du Conseil de la Marine à l'Evèque de Québec, ne donnant point ce droit aux capitaines, monseigneur de Saint-Vallier, dans sa lettre à M. Morin au sujet des bancs dans la nouvelle église, l'informe que le capitaine n’a droit à avoir un banc dans la dite église, qu'autant qu'il sera lui-même le plus haut enchérisseur du banc qu'il désire avoir.
Cette disposition au sujet d'un banc attribué au capitaine, soit comme plus haut enchérisseur, soit sans payer de: rente, ou en payant une rente semblable à celle du banc dont la vente était la plus élevée, a souffert des variations.
Cependantles dispositions du règlement du 27 avril 1716, de M. Bégon, ont prévalu. Le plus ancien capitaine de milice jouit gratuitement d’un banc dans chaque église, et de plus reçoit le pain bénit immédiatement après le seigneur et la famille seigneuriale, lorsqu'il y a seigneur et famille seigneuriale,
En 1719, monseigneur de Saint-Vallier fit la visite de la paroisse, et donna la confirmation dans la nouvelle église à 23 personnes. Déjà le même Seigneur Evèque était venu confirmer en 1714. Il y eut encore, du temps de M. Morin, une autre visite de Monseigneur, mais dont rien ne fait coonaître la date; tout ce que l’on sat de cette visite épiscopale, c’est qu’il y eut alors 33 personnes confirmées,
(1) Cette rente est aujourd’hui payée en argent, mais les bancs de la nef” sont encore vendus au capital. (L'abbé D. G.)