‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 75 sur 163 · CHAPITRE HUITIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME

dans l’acte de 1829, qui rendait inhabiles à être choisis pour être syndics, ceux qui n'étaient point propriétaires, fut annulée dans la session suivante du Parlement, en faveur du clergé. Par un acte nouveau, il fut statué que tout curé, etc., propriétaire ou non, pouvait être choisi pour être un des syndics des écoles établies ou à établir dans les différentes parties de la province. Par là, les curés restèrent jusqu'à un certain point dans leur droit, nous voulons dire, dans le droit d'inspection et de direction des écoles qui peuvent s'établir dans leurs paroisses. Cependant, nous sommes bien éloigné de croire que cette condescendance apparente pour le clergé doive lui commander une r°connaissance bien particulière. La manière , dont ce droit est donné, et qui équivaut à une simple déclaration par laquelle on reconnaitrait que les curés, etc., ne sont pas légalement incapables et inhabiles à être élus pour syndics; mais surtout la suite des événements, sauront montrer la mesure de cette considération que l’on a pour le clergé, et par là même celle que la reconnaissance lui fait un devoir; à moins donc qu'on ne se croie déjà rendu à ces temps où l'on exigera de lui cette reconnaissance pour;le mal qu'on ne lui aura pas fait (L). ; Nous passerons maintenant à d’autres sujets. Nous. avons encore à rapporter de cette année 1829, que le +0 septembre, la nommée Josephte Galarneau, épouse de François Matte, cultivateur dans cette paroisse, une de celles dont nous avons fait mention précédemment comme ayant été affectées de folie en 1826, dans un nouvel accès de cette maladie, fit brûler tous les bâtiments de son mari, les étables, la grange où était déjà serrée toute sa récolte de blé, toute sa récolte de foins, etenfin toutes les voitures et instruments d'agriculture qui étaient dans ces bâtiments. Tout fut consumé par le feu que cette malheureuse folle avait mis elle-même, à dessein, disait-elle ensuite, pour faire pratiquer à son mari et à toute sa famille une pauvreté plus parfaite. En effet, son mari et sa famille qui étaient

(1) Ces temps sont arrivés. L'abbé D. G.

bien loin d'être dans l’opulence avant ce désastre, se trouvèrent réduits à la plus grande pauvreté, IL fut pris immédiatement des moyens pour empêcher cette malheureuse folle de renouveler le semblables excès et d'en commettre de plus grands epcore, Elle a été enfermée aux loges ‘de l'Hôpital Généra! de Québec.

Une fois elle a trouvé le moyen de s'en échapper, et déjà elle revenait an CGap-Santé où sa présence n'aurait pas mauqué de causer les craintes les mieux fondées, ayant précédemment déclaré que sielle pouvait revenir dans la paroisse, elle avait encore plusieurs personnes à faire passer par le feu, comme elle y avait fait passer son mari, en incendiant leurs bâtiments. Mais heureusement, bientôt rattrapée, elle a été de nouveau enfermée aux loges et enchainée mème, vu les excès de fureur auxquels elle se livrait par moment.

On pensait donc que là elle terminerait ses jours malheureux ; cependant, peu à peu elle est revenue dans un état plus calme. Avec le temps, sa santé s’est tellement améliorée, qu'on lui a permis de quitter son affreux séjour des loges. Enfin, dans l'hiver de 1830 à 1831, elle est revenue chez son mari, à Terrebonhe, sinon dans un état de santé parfaite, du moins dans un état qui nedonne plus les mêmes inquiétudes qu'auparavant pour le moment présent, Quant à nous, nous sommes loin de croire à sa parfaite guérison.

Quoiqu'il eût été semé cette année une quantité de blé moindre que les années précédentes, à raison de la rareté du blé de semence et du haut prix où il était, ce qui provenait de la perte de la récolte précédente, néanmoins, ce qui fut semé et qui ne fut poirt attaqué par les insectes qui en plusieurs endroits détruisirent une grande quantité de plants, produisit abondamment et donna une récolte de blé sunérieure, et'en quantité et en qualité, à celle de beaucoup d'années précédentes, Il en fnt à proportion de même des autres grains..Dans le temps même de la récolte des blés, des pluies survenues tout à coup et qui, pendant plusieurs jours, firent souffrir les blés encore sur pied et ceux qui étaient déjà coupés mais non serrés, firent

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