CHAPITRE HUITIÈME
nouveaux établissements dans des parties de la paroisse déjà si éloignées de l’église, la population nombreuse qui ‘ne manquera de sy former, exigeront, avant bien pew d'années, des divisions dans La paroisse your en former de nouvelles. IL n’y aura que le retour des gelées qui ont eu
lieu il y a quelques années déjà, qui pourraient retarder
ou mème empêcher le prompt établissement de ces terres et les résultats avantageux qu'on doit eñ attendre.
Nous venons de dire un mot sur la nécessité où l’on sera, avant un grand nombre d'années, de faire dans la paroisse des divisions qui formeront elles-mêmes de nouvelles paroisses, composées des parties les plus éloignées de l'église actuelle ; de nouvelles habitations se formeront dans les récentes concessions, auxquelles donnent un accès facile les chemins commodes dont nous venons de parle. Cela nous donne ici l’occasion de dire un mot d’un projet de bâtisse d'église dans le Petit Rois de PAil, qui à été formé ou plutôt enfanté tout à coup, cette année 1830.
Ce projet, conçu d'abord par ut jeune original de la paroisse, poursuivi ensuite avec ardeur par un plus vieux, qui précédemment s'était endoctriné aüprès dun cabaretier des environs de Québec, fut adopté âvec enthousiasme par un grand nombre de particuliers du Petit Bois de l'Ail et des villages de Saint-Charles et de Terrebonne, dont les uns ne savaient pes trop ce dont il s'agissait, et les autres étaient trompés par les rapports et les exposés mensongers. qu’on leur faisait, pour les intéresser et'les engager dans ee projet de bâtisse d'une église, où tout fut'marqué au coin de l'originalité, pour ne rien dire de plus. Sur une réponse vague faite par Monseigneur l'E vèque de Québec au jeune original dont nous venons de parler, réponse que probablement iln'avaitpoint comprise, on marche, on trotte, on parcourt la paroisse, pour trouver des gens qui veulent bâtir une église dans le Petit Bois de l'Aïl; on fait des assemblées, on dresse une requête, qui bientôt se trouve signée par 80 et quelques personnes, dont plusieurs navaient pas de pain à manger, et cependant on voulait absolumeut bâtir une église, ça devait coûter si peu:! On cherche le lieu où la nouvelle bâtisse devra: se fâîre ; nne vieille
cheminée, reste d'une ancienne masure, se présente par hasard ; elle détermine d’abord le plus grand nombre à choisir la place oùelle se trouve, pour y ériger la nouvelle église, car enfin c'était autant de fait pour le presbytère qui devait accompagaer l'érection de l'église, et certainement une chenunée toute faite, quelque vieille qu'elle soit, est quelque chose à considérer dans une entreprise semblable à celle dont on s’occupait. Enfin, avec sept ou huit piastres que chacun devait fournir, quelques journées de corvées qu’on s'engageait à donner, l'ouvrage se trouvait fait, on avait une église, une chapelle passable au moins, et enfin, à.la Saint-Michel de la mème année, pas plus tard, on avait un curé pour le Petit Bois de l'Ail Et comme au milieu de toutes ces démarches et de toutes ces combinaisonsquientretenaient la fermentation desesprits, quelquesuns néanmoins auraient pu se permettre de réfléchir et de consulter la raison et être effrayés par la vue des dépenses, soit prévues, soit imprévues qu'il faudrait faire, et pour bâtir et pour fournir ensuite la nouvelle église de tout ce qui serait absolument nécessaire pour le service divin, quoique dans le fond ce ne dût être que bien peu de chose à ajouter:aux sept ou huit piastres qu'on se proposait de sacrifier pour la bâtisse, pour remédier à ce surplus de dépenses, on devait prendre la moitié de largent qui se trouvait au coffre-fort de l'ancienne église, on devait aussi prendre uñe des deux cloches, on devait surtout avoir des secours considérables de la part de plusieurs personnes de Québec.
Enfin, et qui aurait pu le soupgonner ? Le gouverneur lui-même; qui, le gouverneur de la province prenait un si vif tatévbt à l’entreprise des gens du Petit Bois de l’Ail, qu'il devait: fournir une bonne somme sur ses deniers propres, Car on ne citait point de bill, au reste, quil'autorisât à prendre cette; somme sur les revenus de la province, et cette bonne somme que le gouverneur devait donner, c'était pour aider les gens du Petit Bois de l’Ail dans leur générense-entreprise.. Voilà jusq'uoû allait la siniphcité des uns, qui croyaïent bonnement toutes ces choses, et l’imprudence des autres, qui le répétaient avec confiance pour