‹ Histoire du Cap-Santé [microforme]Chapitre 78 sur 163 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

faire des dupes. Et ce qu'il y à ds: plus singulier, c’est qu'à l'exception de quelques particuliers, gens assez à leûr aise, le plus grand nombre de eeux qui avaient formé et quipoursuivaient ce projetavec tant d'ardeur, étaient des habitants véritablement pauvres, dont les uns manquaient du nécessaire, et dont les autres étaient grevés de dettes ; des particuliers qui sortaient en outre d’un hiver où le plus grand nombre n'avait pas eu de pain à manger, ou n'en mangeait qu'en s’endettant toujours de plus en plus ; en un mot, des gens qui, si la proposition de bâtir une église, dans les circonstances où ils se trouvaient, leur eût été faite par d'autres, auraient été en droit de la traiter de folie, ou ceux qui la leur auraient faite, de personnes pristées de bon sens. Aussi la première chose que le reste de la paroisse trouvait manquer à ce proj't de bâtiss, était-il le sens commun (1).

Cependant, le projet se poursuivait avec ardeur, et après avoir dressé et fait signer par tont ce que l’on avait pu trouver, cette requète dont nons avons parlé plus haut, on se prépara à l'envoyer à l’évèque. Comme un granû nombre de particuliers de la paroisse, qui désapprouvaient hautement ces démarches inconsidéréss, se s'raient néanmoins trouvés engagés par leur sile::ce, dans les dépensrs où les habitants du Petit Bois de l'Ail voulaient se jeter par ce projet de bâtisse, parce que les uns, y demeurant n'étaient point du parti, d’antres, sans y demeur.r, y avaient des terres, soit dans le petit village du Petit Bois de l’Ail, soit dans les autres parties de la paroisse, qui, s lon le plan des partisans de la bâtisse, devaient faire partie de Ja division, il devint enfin nécessaire de s'opposer àce projet.

En conséquence de cette situation, une requête sigrés «le 208 personnes, toutes ayant des terres ou portions de terre dans les lieux dstinés à faire la nouvelle paroisse, d'après les décisions et projets des gens du Petit Bois de V'Aïil, fut envoyée à Mgr Bernard Panet, évêque de Québec.

Plusieurs de c ‘ux qui avaient signé sur la première re-

(1) Nos populations qui ne manquent pourtant pas de bon sens, perdent complètement la tête en certaines circonstances. (L'abbé D. G. )

quète en demande de cette bâtisse d'église, vinrent signer a contre-requête, en déclarant qu'ils avaient été trompés par les mensonges et faux exposés des auteurs de la première requête.

Cette démarche d'une si grande majorité de la paroisse, en opposition avec les partisans de la bâtisse, ralentit un peu leur ardeur. Néanmoins, comme la requête qu'ils hvaiecnt fait dresser était prète et déjà payée en partie, ils ne voulurent pas qu'il fût dit qu'ils l'avaient dressée et payée icutilement, ils l'envoyèrent à l'évèque pour qu'il iût au moins le plaisir de la lire.

: Tout le grand bruit qu'avait coûté ce projet de la bâtisse d'église dans le Petit Bois de l'Aïl, s’est terminé là, au ‘moins pour le moment (1).

Nous le répétons, dans peu d'années, il deviendra nécessaire de faire des divisions dans la paroisse pour y en for- ‘mer des nouvelles; etcene sera que d’après la considération et la connaissance exacte des circonstances du moment et du local, qu'on pourra faire des divisions, qui remplissent le but qu'on doit se proposer uniquement dans ces sortes de divisions, qui est l'avantage réel et la Commodité des particuliers qui doivent former ces nouvelles paoisses, et du plus grand nombre de ces particuliers.

Cette mème année 1829, on célébra un nouveau jubilé accordé par le Souverain Pontife Pie VIIF, nouvellement élevé sur 18 siège de saint Pierre. Le motif de ce nouveau

‘Jubilé est la considération des maux qui affligent l'Eglise ; le but est d'obtenirau chef de la chrétienté, par la réunion des privres de toute l'Eglise, cette sagesse, cette prudence, ce courage et cette force, et enfin toutes ces grâces qui lui sont nécessaires pour arrêter le cours de cette multitude ‘de désordres qui règnent parmi les chrétiens. Le mandement au sujet de ce petit jubilé est daté de Québec, du 10 mai 1830. Ce mandement fixe le temps du jubilé depuis Le

(1) Par un curieux retour des choses humaines, les habitarts du Petit . Bois de l’Ail, dont une partie avait demandé une église avec tant d'inslancé en 1830, furent en 1852, en dépit de toutes leurs PONS, | annexés à la nouvelle paroïsse de Faint-Basile. (L'abbé D. G.)

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