CHAPITRE HUITIÈME
depuis deux jusqu'à six deniers de cens. Au reste toutes ces.
différentes charges ne sont pas uniformément portées sur
les divers contrats,
Chaque tenancier à sur sa terre, dans cette. concession du bord de l’eau, le droit de pêche et de chasse, à la charge de payer au seigneur le onzième gibier et poisson, que chaque particulier est obligé de porter au manoir seigneurial. Le droit existe et l'obligation est spécifiée dans chaque contrat; mais les seigneurs ne l’exigent pas ordinairement. Ils n’ont exigé le onzième poisson que dans le temps de la pêche de l’anguillè ; ce qui a eu lieu autrefois.
Ce aroit de pêche et de chasse dont jouissent maintenant les tenanciers établis sur le bord du fleuve, les seigneurs se l'étaient réservé jusqu’en 1742, comme on le voit par le contrat de concession donné en cette année 1742, à un nommé Jean Lefèvre. Ce contrat de concession lui accorde le droit de chasse et de pèche'sur la dite terre, à la charge de livrer au seigneur, à son manoir, le onzième poisson el eibier; droit, comme il est marqué dans le contrat, que ies seigneurs précédents s'étaient réservé.
Les autres concessions, dans les villages au-dessus du bord de l’eau, ne paient qu'un sol tournois par arpent superficiel, et un chapon par arpent de front, et de plus le cens. Il ya encore de la variation dansle mode de ces ventes. Dans plusieurs contrats, à la charge de payer un chapon et des journées de corvées, sont substituées des rentes plus fortes en argent.
Les terres nouvellement concédées au-dessus de la rivière à Belle-Ile, soit celles où est l'habitation des Irlandais. émigrés, soit celles sur le nouveau chemin qui conduit à la rivière Sainte-Anne, ne sont soumises qu'à une rente en argent.
De plus ces terres, sur le nouveau chemin, s’achètent en quelque sorte, puisque, outre la rente que le terancier est obligé de payer, on #xige de lui une somme de vingt-cinq piastres, pour entrer en possession de la terre qui lui est, dit-on, concédée.
Dans la partie de Neuville, qui fait aussi une sortion considérable de la paroisse du Cap-Santé, toutes les terres
sont concédées au même taux, savoir un sol tournois par arpent superficiel. +
Dans les parties des fiefs de Jacques-Cartiér et de d'Auteil qui appartiennent à la paroisse, les anciennes terres y sont concédées sur le pied de 40 sols de rente et un sol de cens par arpent de front sur la profondeur de 40 arpents. Quant au village de Saint-Georges, 9ù se trouvent les terres nouvellement concédées, le mode de concession varie et va toujours en augmentant. Les premières terres de ce village paient un demi-minot de blé et deux sols, c'est-à-dire un demi-minot de blé par chaque arpent de front sur quarante de profondeur, et deux sols par arpent superficiel. Les terres concédées postérieurement à ces premières, et qui n'ont que vingt-sept arpents de profondeur, paient un demi-minot de blé par arpent de front et un sol et demi. Enfin les dernières concédées qui mont, les unesque vingtsept et les autres vingt-huit arpents, paient un demi-minot de blé par arpent de front et deux sols par arpent superficiel. D'ailleurs ces dernières, indépendamment de cette rente, ne s'obtiennent qu'au moyen de piastres qu'il faut d'abord payer comme prix d'achat de la terre.
ailleurs encor le plus grand nombre des terres de ce village, et il en est mème des dernières concédées par les iocatarres de la seigneurie de Portneuf, montre les réserves ordinaires et pour ainsi dire de droit, énoncées dans les anciens contrats de concessions des terres du pays, qui sont chargées de tant de réserves et droits en faveur des seigneurs, que les tenanciers qui occupent ces terres pourraient être considérés autant comme des serfs sur ces terres; que comme des propriétaires.
De plus, une fausse pitié, ponr ne rien dire de plus, engage les seigneurs de d'Auteuil et de Jacques-Cartier à ne pas presser leurs tenanciers de payer leurs rentes et au tres droits. Paie qui veut, pour ainsi dire; mais ces rentes qu'on ne paie pas, ces droits qu'on néglige de payer, tout cela paie intérèt ; les sommes s'accumulent, Les intérêts les grossissent journellement, de là il arrive que des particuliers, en retard seulement de quelques années, et qui ne croient d voir qu'une somme médiocre, se trouvent rede-