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CHAPITRE HUITIÈME

scieries, le plus grand nombre ne peut marcher qué le printemps à la fonte des neiges, ou après de longues et abondantes pluies, et cela encore pour peu de temps. Néanmoins ces usines fournissent aux particuliers qui les ont construites, des moyens de profits assez considérables.

Ce qu'il y a de fâcheux, c’est d’ailleurs que la coupe des arbres etle charroi de tous les billots qu'on en tire, ne pouvant se faire qu'en hiver, un grand nombre de jeunes plants d'arbres sont brisés, écrasés, abattus, soit dans la chute mème des arbres que l’on coupe pour en tirer des billots, soit par les chemins multipliés qu'il faut battre au travers ‘des neiges pour aller d'un arbre à un autre propre à être abattu, soit enfin dans la perte de ces arbres abattus dans l'intention d’en tirer des billots, mais qui, se trouvant n'être pas d’un bois sain, sont laissés là ef abandonnés ; et par suile de toutes ces causes, l'épuisement des forèts qui bientôt se trouveront dans une très grande étendue, sans un arbre de bois de service; tellement qu'il y a actuellement des particuliers qui ne trouveraient pas sur leurs terres de quoi bâtir une maison ou tout autre bâtiment un Peu considérable.

Au commerce des bois d’épinette, réduits en planches et en madriers, qui se fait depuis plusieurs années et qui tous les ans s’est augmenté, se joignit, en 1829, l'exploitation des bois en pièces de merisier. Mais le peu de succès aa eu cette spéculation l'a fait abandonner immédiatement. Déjà, comme nous l'avons remarqué dans le cours de ces mémoires sur celte paroisse, un certain nombre de particuliers faisaient depuis plusieurs années un commerce assez étendu de planches, de madriers et de morceaux de différentes dimensions de ce bois de merisier, qui étaient achetés par les meubliers. Ce commerce continue encore.

Nous ne ferons qu'indiquer ici un autr: moyen de profits, que plusieurs particuliers tirent sur les terres de cette paroisse. Ce sont les sucreries d'érables, qui ne sont pas néanmoins en très grand nombre; plusieurs habitants même n’en ont paintsur leurs terres. Plusieurs font du sucre sur les terres non concédées, et qui appartiennent aux

différents seigneurs, en payant une reute de dix livres de sucre par Cent livres.

11 nous veste à parler desavantages et profits que procure la pèche, soit dans la rivière Jacques-Cartier, soit sur le bord du fleuve. Près du pont Royal, établi sur la rivière Jacques-Cartier, il y à une pèche à saumous que le seigneur de Neuville à louée à des particuliers qui y font la pèche aussitôt que les eaux de cette rivière, enflées par la fonte des neiges, sont suffisamment basses, ce qui n'arrive ordinairement que vers le milieu de juillet. Cette pêche autrefois très abondante, a diminné beaucoup. D'ailleurs la quantité d'étrangers qui viennent pècher dans cette rivière et qui tous prennent du poisson, diminue d'autant les profits de ceux à qui cette pêche cost louée. On prend encore du poisson, en petite quantité ilest vrai, tout le long de cette rivière, depuis sa décharge dans le fleuve jusqu'au pont, lieu de la pêche principale. Là le poisson est arrêté par une chute de plusienrs pieds de hanteur; et c’est an pied de cette chute qu'on le prend en grande quantité, avec un filet qu'on nomme puise. On plonge ce filet dans l’eau, et on l'en retire quand on croit que le poisson y est entré. Tous les essais ne sont pas heureux, mais aussi quelquefois les peines sont bien payées.

On prend encore du saumon dans la rivière Portneuf

maisentrès petite. quantité ; et ce poisson ne remonte pas au-dessus de la chaussée du moulin à farine.

… A la décharge de la rivière Jacques-Cartier dans le fleuve, on à pris et onu prend encore quelquefois une assez grande quantité de gros esturgeons. Cette pêche se fait d'une manière assez singulière. Des espèces de tréteaux ou longs baucs sont établis sur Les différents canaux par lesquels la rivière verse ses eaux dans le fleuve. Des personnes armées de dards se promèveut sur ces bancs, observant si elles ne découvriront pas le : poisson qui remonte dans ces canaux ou qui lestraverse ; aussitôt qu’elles en aperçoivent un, ce qui «au reste est facile, la profondeur de l’eau n'étant pas considérable, elles le dardent et s’en mettent ainsi en possession. Cette .pèche est peu considérable etne se fait que rarement.

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Autrefois l'anse de Portneuf était renommée pour la

quantité d'anguilles qu'on y prenait au moyen des pêches

qu'on y fondait, Il en était de même pour les autres sortes Jde poissons, qui abondaïient et qui laissaient à choisir, non senlement dans cette anse de Portneuf, mais sur presque tous les points du fleuve jusqu’à la rivière Jacques-Cartier : mais tout cela a disparu. Des querelles, des disputes, des injustices commises au sujet des places de pêche, ont été comme le signal de la disparition du poisson et dela perte des avantages que procuraient les pèches abondantes qu'on en faisait, Depuis ce temps, on à encore pris du poisson soit dans l’anse, soit sur les autres points du rivage, mais toujours dans une porportion qui semble aller en décroissant. Dailleurs, le passage des cajeux de bois et de draves surtout, qui la plupart du temps sont portés par les courants ou par le vent auprès du rivage, empêche de tendre des pêches, et leur passage parait donner la chasse aux poissons.

Une quantité de lacs qui sont hors des limites de la paroisse, Les uns plus, les autres moins éloignis, mais le plus grand nombre au delà de la rivière Sainte-Anne, fourunissent encore une grande abondance de superbes poissons à ceux qui vont de temps à autre y faire la pèche. Il en.est de même de la rivière Sainte-Anne dans !es profondeurs de la paroiïisse, Dans certains endroits et en certains temps, ceux qui vout y faire la pêche en reviennent chargés de poissons,

Passons maintenant à un autre sujet, Il y a dans cette paroisse une mine d: fer dont la direction principale est est et ouest, et qui, outre cette direction principale, jette encore des ramifications à la rivière Jacques-Cartier. On commence à la rencontrer sur les terres maintenant occupées par Jean Tourangeau, se prolongeant de là sur largeur vers le haut du Grand Bois de l’Ail. Selon des observations qui ont été faites dans plusieurs endroits, cette mine occupe plus d'une lieue en largeur. Dans bien des places elle est à nu ou presque à nu hors de terre; dans d’autres, on latteint avec la charrue en labourant; dans d'autres enfin, elle est à une plus grande profondeur. Quant à son

épaisseur, aucun essai n'a encore été fait pour qu’on puise: l'assigner. Seulement on s'est assuré, en sreusant des fossés de trois, quatre pieds et plus de profondeur, qu'elle atteignait encore plus bas. Quant à sa nature et à sa richesse, aucun minéralogiste ne l’a visitée. Cependant d’après la considération et l'examen de certains morceaux du minerai qu'elle contient, il n'y a guère à douter de sa richesse, Le minerai y parait disposé par lits ou couches. horizontales. Enfin cotte mine parait être de l'espèce de fer noirâtre.

Une autre chose encore qui mérite qu'on en fasse mention, c'est l'existence de deux fontaines d'eaux minérales. La première se trouve au lieu nommé f l’anse à Gignac, ” à peu près vers le milieu de cette anse, sur le bord du chemin public. La seconde est au village de Saint-Charles,. à quelque distance du pont sur lequel on traverse la rivière Portneuf, du côté nord-est. Elles sont l’une et lautre froides en tout temps, et plus encore dans les grandes chaleurs de l'été. Manquant de moyens nécessaires pour analyser l'eau de ces sources, nous ne saurions justement déterminer si elles sont eaux sulfureuses ou eaux minérales. quoique nous penchions à les croire de cette dernière classe.

La lithologie ne présente rien d'intéressant dans cette paroisse, On n’y rencontre guère que trois sortes de pierres : la pierre calcaire, la pierre argileuse et le caillou de diverses sortes. La pierre argileuse offre quelques variétés à raison du principe qui les colore et des substances qui y sont mèlées. Cette pierre offre des massifs énormes en quelques endroits sur les bords du grand fleuve. Il y en a de plus de cent pieds d'épaisseur, se plongeant sous la terre qui les couvre à une distance que l’on ne connaît pas.

Elle forme, dans une étendue considérable, sur le rivage, le fond même que les eaux couvrent à haute mer. Cette pierre se lève par lits ou par tables d'épaisseur et de grandeur différentes. On en trouve d'un ou de quelques pou- ‘ces seulement, et d’autres qui forment des lits d’un pied et plus. On enlève des tables de plusieurs pieds en longueur et en largeur. Elle se divise par lits, comme nous venons de le dire, en affectant toujours la ligne droite:

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