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LE ROTAUME d'aquitaine
Il en était un peu difTéremment de l'Aquitaine, en ce qui concernait la politique et l'aduiinistration : au lieu d'être compléteinent séparée des possessions carlovingiennes et de fonder son autonomie sur un état de guerre permanent comme les deux premières pro- Yioces, elle recevait de l'Empire des vice-rois, des gouverneurs, des marquis et des ducs ; mais, au point de vue intellectuel et moral, elle se rapprochait singulièrement de l'indépendance de la Gascogne et de la Bretagne. Fidèle aux idées et au caractère celtiques, aux mœurs, à la littérature gallo-romaine, qui avaient répandu leur éclat sur le cinquième et le sixième âëcles, elle repoussait énergiquement toute propagande tudesque et fondait le maintien de ses habitudes et de ses idées sur la haine des Francs, sur le mépris tout ce qui sentait la Germanie.
Cbarlemagne, hâtous-nous de le reconnaître, ne s'opposa pas trop au réveil de Tesprit gallo-romain dans cette contrée; il laissa ses habitants marcher selon leur instinct et leur fantaisie !.... Avait-il fini par comprendre que son système de germanisation ne pouvait être appliqué depuis le Rhin jusqu'aux Pyrénées? Avait-il borné sa tentative au nord de la Loire, laissant à ses successeurs le soin de la pousser jusqu'à la Méditerranée? ou bien les gouverneurs qu'il envoyait dans l'Aquitaine furent-ils obligés de céder, malgré lui, à la résistance indigène? Il serait difficile