‹ Histoire du caractère et de l'esprit français depuis les temp les plus reculés jusqu'á laChapitre 14 sur 31 · ET DANS CELLES DE L'ADIGE · texte numérisé non relu

ET DANS CELLES DE L'ADIGE

Nous avons vu les Tigurins et les Ambrons , tribus assez considérables de l'Helvétie, se joindre aux Ger* mains pour explorer la Gaule et l'Espagne. Les Ambrons descendaient des premiers Gaulois qui avaient conquis la Cisalpine, et en avaient été expulsés plus

(i) L^Ëspagne est tellement desséchée de nos jours, que les bétes à cornes y sont extrêmement rares ; les vastes solitudes de TAragon et de la Navarre, de la Manche et de la Nouvelle- Castille suffisent à peine à la nourriture de quelques troupeaux vivant à Tétat nomade. Le gros bétaU des Cimbro- Teutons devait, par conséquent, s'y trouver fort mal à Taise; le manque d'herbe et d'eau obligea ce peuple à rentrer dans la Gaule, où il trouvait lufiniment plus de pftturages.

tard par les Étrusques. Les Tigurins avaient de fréquentes relations avec les habitants des Alpes italiennes; Ambrons et Tigurins durent engager les Cimbro-Teutons à pénétrer dans la vallée du Pô, dont ils offraient de leur indiquer le chemin, et sur laquelle ils pensaient, non sans motifs, avoir des droits mieux fondés que ceux de Rome.

Les Barbares se divisent en deux corps : les Cimbres, guidés par les Tigurins, entrant dans THel- Tétie, afin de descendre en Italie par le Simplon ou le Splugen; les Teutons, guidés par les Ambrons, qui avaient laissé dans la Ligurie quelques débris de leur race , se dirigent vers le Rhône, pour le traverser du côté de la Camargue et suivre la route du col de Tende, tracée, dit-on, parles Phéniciens.

Marins fut chargé de leur barrer le chemin ; il établit son camp près d'Arles, au-dessus du point où le Rhône se divise en plusieurs branches, et employa toutes les ressources du génie militaire à s'y fortifier.

Les Barbares ne tardent pas à franchir le Rhône (1 ) , et se présentent devant les retranchements; mais ils ont

(i) Gomment les Ambr<h Teutons purent-ils traverser une rivière aussi considérable que le Rhône, alors que Marias se trouvait si près d'eux? comment le général romain ne profitat-11 pas de cette difficile opération pour les attaquer et les culbuter dans le fleuve ? 11 est probable que les Barbares opérèrent ce mouvement dans la Camargue, immense dépôt de cailloux et d'aliuvions à travers lequel le fleuve se divise de nos jours en sept branches, et se divisait peut-être alors en un plus grand nombre... Quoi qu'il en soit, cette disposition des lieux facilitait singulièrement leur passage, en permettant aux chariots chargés d*enfants et de vieillards de passer à gué, et d'éviter ainsi la construction si difficile et si lente de radeaux et de barques.

beau provoquer les soldats romains par des plaisanteries et des satires, Marius, qui n'a pas oublié les défaites de Carbon, de Silanus et de Manlius, laisse les portes du camp fermées et se borne à surveiller les Barbares ; il espère pouvoir les éloigner du Rhône et les contraindre à remonter vers la Germanie, sans exposer ses légions aux chances d'une bataille.... Les Germains, accoutumés au succès, attaquent le camp; ils sont repoussés, et se décident alors à continuer leur marche.,,. Plutarque donne ici une nouvelle preuve de l'organisation nomade de ces bandes, et grand nombre de troupeaux qu'elles menaient avec elles : « Leur défilé dura huit jours, dit-il. » Or, à leur départ des bords de la Baltique, ils n^étaient pas plus de huit à neuf cent mille individus, avons-nous dit ; la moitié venait de se diriger vers l'Helvétie ; le nombre des Ambro-Teutons restés en face de Marius ne devait donc pas dépasser quatre cent cinquante mille. Ajoutons qu'ils marchaient nécessairement aussi rapprochés que possible les uns des autres, afin d'être en mesure de repousser les sorties des Ronoains et de ne pas se laisser écraser en détail. Une horde guerrière de cette importance, qui n'aurait pas possédé de troupeaux, quelques bagages, d'ailleurs, qu'elle traînât à sa suite, n'avait pas besoin de plus de quinze heures, surtout dans les longs jours d'été, pour passer tout entière devant l'ennemi. Par conséquent, si nous la voyons employer huit jours à exécuter ce mouvement, nous devons en conclure qu'elle se trouvait gênée dans sa marche par la présence d'un nombre très-considérable de bestiaux.

Les Barbares s'éloignent et Marius les suit en queue, campant chaque soir sur les points les mieux

fortifiés par la nature. Les Ambro-Teutons arrivent enfin à Aquœ Sextiœ (Aix); Marins s'établit à côté d'eux. La rivière d'Arc est le seul obstacle qui les sépare. Ici, même confiance, même tranquillité du côté des Ambro-Teutons ; ils finissent par être persuadés que les Romains ne songent pas à les arrêter, qu'ils se bornent à les surveiller, afin qu'ils ne ravagent pas la province (1). La contrée leur parait^agréable ; ils ont de l'herbe fraîche pour nourrir leurs troup'eaux, la rivière pour les abreuver; ils s'y installent. Aquœ Sextiœ devient leur Capoue; ils se baignent dans l'Arc et dans les piscines d'eau tiède, mangent à leur aise et copieusement, se reposent tout à loisir, et embellissent leur halte par le sommeil et la bonne chère.

Les Romains, au contraire, ont placé leur camp sur une éminence privée d'eau (2) ; comme ils ne

(i) Rien n*jûdique, dans Plutarque lui-même, quMls aient causé de grave dégâts.

(2) On est surpris que Marius ait violé la règle fondamentaie de la castramétation romaine, qui voulait que tout camp fût assis à côté d'eaux vives et abondantes. Quelques historiens ont vu dans ce fait anormal une tactique de ce chef, qui voulait exciter les Romains à combattre par la nécessité même de se procurer à boire... Ne pourrait-on pas se borner à chercher les motifs des actions des hommes dans la loi impérieuse des circonstances, au lieu d^échafauder des suppositions sur des hypothèses qui violent les premières règles du bon sens ? Marius se résigna à placer mal son camp, dans un lieu privé d'eau, par la raison que tout ce pays est complètement desséché et que les Barbares, marchant les premiers, avaient eu le bon esprit d'occuper les bords de la rivière d'Arc et les environs des sources d'Aix. Ils n'avaient donc laissé ù Marius que la plaine aride; 11 dut se contenter de prendre ce qu*il trouvait.

peuvent se passer de boire, ils envoient leurs esclaves remplir des amphores à la rivière. Ceux-ci prennent des armes afin de repousser les Ambrons qui chercheraient à les inquiéter ; quelques-uns tentent en effet de leur jouer pièce, en les empêchant de puiser de Teau : les Romains accourent au secours de leurs valets; d'autres Germains viennent appuyer leurs camarades ; on se lance des traits des deux côtés de l'Arc. /Au bruit de ce combat d'avant-poste, Marins ne peut retenir ses soldats, ils arrivent en foule ; trente mille Ambrons excités par les vins capiteux de la Provence, chargent les Romains avec vigueur, aux cris de : ambra! ambra!.,. Chose étonnante, les auxiliaires de l'armée romaine, sortis des côtes de la Ligurie, répondent également au cri des Ambrons par le cri de ralliement : ambra! ambra L,. Preuve évidente que la même race gauloise peuplait l'Helvétie et les rives de la Méditerranée (1).

La bataille fut sérieuse, et les Barbares cette fois cédèrent à la tactique romaine ; ils durent rentrer dans leurs retranchements.... A cette vue, les femmes courent aux armes pour défendre la patrie, Tenceinte sacrée en péril ; elles montent sur les cha-

(i) Le mot ambra ne serait-il pas le même que Tespagnol hombre homme, légèrement modifié par la prononciation ; hombre est encore de nos jours le premier cri de surprise et de protestation de tout (espagnol qui veut en arrêter un autre, Tempêcher de faire quelque chose à son préjudice. Supposez des bergers aragonais se disputant un pâturage, une source ; les uns crieront « hombre, hombre ! laissez doue cela, retirez-vous, ou nous vous battrons. » Les autres répondront de même « hombre, hombre ! nous ne faisons qu'user de notre droit î laissez-nous en repos.

riots qui forment les barrières et se battent avec un héroïsme que les Romains sont contraints d'admirer. La nuit survint et mit untermeau combat : mais delugubresclameurs succédaient aubruit delamêlée :femmes, enfants, vieillards remplissaient les airs de leurs gémissements, ensevelissaient les morts^ prodiguaient leurs soins aux blessés... C'était le premier échec que les Teutons eussent éprouvé depuis leur départ de la Baltique. Furieux, exaspérés, ne songeant qu'à reprendre une éclatante revanche, ils attaquent les légions le surlendemain. Les siècles n'ont cessé de retentir du tumulte, de Tacharnement, du massacre de cette lutte à nulle autre pareille. La civilisation et la barbarie étaient en présence ; le peuple qui représentait les lumières, la science, la gloire, extermina froidement cent cinquante mille bouviers, cent cinquante mille femmes, autant d'enfants et de vieillards ; puis les égorgeurs se partagèrent les bœufs, les chevaux, les brebis des victimes, leurs vêtements et leurs haches. Quant aux ustensiles et aux chariots, trop rustiques pour avoir quelque valeur, ils en firent un bûcher et y mirent le feu. La race des Ambrons et celle des Teutons avaient cessé d'exister I

Pendant ce temps, les Cimbres et les Tigurins avaient traversé l'Helvétie et franchi les Alpes. Le général Gatulus, ne pouvant défendre les défilés des montagnes, était descendu dans la plaine du Pô et s'y retranchait. Il construit un pont sur l'Athesis (l' Adige) , afin de mettre les deux rives en communication. Les Cimbres l'attaquent, forcent le passage et font prisonniers les Romains qui le défendent. Les Barbares donnèrent un grand exemple de générosité et opposèrent à la conduite de Marins un contraste qui sera

la honte éternelle du nom romain. Ils accordent aux légionnaires vaincus une capitulation honorable, en jurent T observation sur leur taureau (P airain, et les renvoient sains et saufs à Catulus.

Les Cimbro-Tigurins sont maîtres de toute la vallée du Pô; les historiens intéressés à les noircir, nous disent qu ils^ la livrent au pillage. Mais aucun fait un peu précis ne vient confirmer cette allégation, ce qui en amoindrit considérablement la valeur; s'ils avaient ravagé des villes comme Verona, Brescia, Côme ou Mediolanum, Plutarque n'aurait pas manqué de le dire. Nous sommes disposés à croire au contraire qu'ils se montrèrent dans la Gaule cisalpine, tout aussi modérés qu'ils l'avaient été dans la transalpine et qu'ils ne furent pas plus rigoureux envers la population désarmée qu'envers les soldats du pont de l'Athesis. N'avaient-ils pas intérêt à ménager les indigènes qu'ils venaient délivrer du joug des Romains, et sur les biens desquels ils devaient faire pacager leurs troupeaux ? Tout leur faisait espérer qu'ils trouveraient à vivre en peuples nomades dans la vallée du Pô, comme ils l'avaient fait ailleurs, sans avoir recours au pillage. Bien que cette région fût mieux cultivée, plus morcelée que la Gaule et la Germanie, elle ne laissait pas de renfermer des landes « des forêts considérables, où les troupeaux pouvaient longtemps pacager sans préjudice notable pour personne. Les torrents qui descendent des Alpes n'étaient pas encore emprisonnés par les digues admirables qui mettent aujourd'hui cette contrée à l'abri des inondations (1) :

(1) Voir le travail très-complet de M. Nadaud de Buffon, sur les irrigations de la Lombardie, 2 vol. in-8.

(le vastes espaces, remplis d'oseraies et de bruyères, occupaient les bassins des rivières vagabondes (1),

Marins arrive au secours de Catulus et prend le commandement général de l'armée. Les Barbares envoient des ambassadeurs lui demander naïvement ce qu'ils avaient trouvé chez tous les peuples durant leur long voyage : c'est-à-dire des terres pour faire vivre leur bétail. Plutarque et Tite-Live ajoutent bien qu'ils demandaient aussi des villes suffisantes pour y loger eux et leurs frères; mais un pareil désir serait si opposé à l'existence d'une tribu nomade qu'on nous permettra de le mettre en doute. On ne comprend guère qu'une population habituée à vivre sous des tentes et des cabanes, qui avait parcouru l'Europe pendant huit ans, sans se fixer nulle part, fût saisie tout à coup d'une belle envie de se renfermer dans des prisons de pierre, justement quand elle arrivait dana le climat le plus doux et le plus hospitalier (2).

Que les Germains aient réclamé des terres et des villes, ou seulement des pâturages, toujours est-il qu'ils ont parlé de peuples frères, avec lesquels ils se proposent de les partager. Marius veut savoir qui sont ces frères; on lui répond qu'il s'agit des Ambro-

(1) Le nom de Mediolanum (Milan), indique une ville placée au milieu d^une lande.

(2) Nous avons dit combien les peuples pasteurs détestent le séjour des villes ;nous verrons bientôt les Francs euxmêmes, à leur arrivée dans la Belgique, ravager les cités romaines, telles que Trêves, Cologne et les abandonner aussitôt, sans que les Bomains aient besoin de les en chasser. L'attrait irrésistible du grand air, de Tespace, de la vie pastorale, les ramène toujours dans les forêts et dans les simples villages qu'ils s'y sont construits. (Voir Grégoire de Tours.)

Teutons, restés de l'autre côté des Alpes, sur les bords du Rhône. A ces mots, les Romains se mettent à rire; ils assurent aux Cimbres qu'ils n'ont plus à s'occuper de ces compatriotes, attendu qu'ils possèdent pour l'éternité toute la terre dont ils ont besoin.

Cette plaisanterie, accompagnée d'éclats de rire, était assez déplacée, après l'horrible massacre d'Aqm Sextiœ. Les Cimbres ne peuvent se figurer qu'un peuple pasteur qui s'est borné à faire pacager ses troupeaux à travers la Gaule, d'après le droit que lui en donnait la loi germanique, ait été exterminé avec ses en fants, avec ses femmes ; ils répondent aux plaisanteries des Romains par des menaces, et promettent d'en tirer vengeance aussitôt que les Ambro-Teutons les auront rejoints. Alors Marins leur montre tout ce qui reste de la puissante tribu : quelques chefs échappés au massacre et que l'on vient d'arrêter au moment où ils traversaient les Alpes pour rejoindre les Cimbres dans THelvétie.

A cette vue, les Cimbro-Tigurins, saisis de la plus légitime fureur, courent aux armes et le jour delà bataille est fixé au surlendemain. La lutte est terrible; les Cimbres, contrariés par le vent et par la poussière, sont bientôt harassés et fondent en eau ; les Romains, bien que très-pesamment armés, ne versent pas une goutte de sueur. Plutarque explique cette circonstance par r action du soleil^ auquel les hommes du Nord fiitaientpas habituas. N'y avail-il pas une autre cause? Si la fatigue atteignait les Cimbres plus facilement que les Romains, c'est que ces derniers étaient rompus aux travaux de la guerre, leur constante occupation; tandis • ue les Germains, vivant dans le repos de pasteurs qui n'ont qu'à garder leurs troupeaux, à traire leon

vaches, ne prenaient les armes qu'accidentellement et ne portaient jamais sur eux de bagages; leurs chariots renfermaient tout ce qui leur était nécessaire. Les longues marches leur étaient même inconnues, puisqu'ils suivaient toujours le pas lent de leurs troupeaux. Ne soyons donc pas étonnés si le peuple pasteur ne put résister au peuple exclusivement guerrier, et s'il subit une seconde et dernière défaite (1).

On connaît le sort des femmes et leur héroïque dé- Fespoir. On les voyait se soustraire au joug des Romains en se pendant aux timons des charriots, en se faisant écraser sous les pieds des Bœufs excités à coups • d'aiguillons ; elles jetaient leurs enfants sous les roues ou les brisaient contre terre. 120,000 Cimbres périrent dans ce massacre, 60,000 furent réduits en esclavage (2). Nous avons essayé de dégager Tinvasion

(1) Le courage et la force, d*après Montesquieu, vont en augmentant à mesure que l*on se dirige du Midi vers le Nord ; « il ne faut donc pas être étonné, dit-il, que la lâcheté des peuples des climats chauds les aient presque toujours rendus esclaves, et que le courage des pbuples des climats froids les aient maintenus libres; c^est un effet qui dérive de sa cause naturelle » {Esprit des Lois^ t II, p. 125).

Cette espèce de prolégomène ne s'accorde guère avec Topinion de Plutarque, lequel, s'appuyant sur un raisonnement tout opposé, attribue la défaite des Cimbres à ce qu*ils étaient du Nord, et qu'ils avaient à lutter contre les Romains, hommes du Midi. Ces deux jugements nous paraissent également erronés : ce sont les habitudes, les mœurs, les lois, et non point le climat qui font la force et le courage de Thomme.

(2) Les derniers détails de Plutarque peignent admirablement Torganisation d'un camp entouré de ses chariots... Pour que les femmes désespérées pussent se pendre aux timons, il fallait qu'ils fussent dressés verticalement en

(les Citnbro-Teutons des erreurs commises par les historiens; mais, tout en rendant à ces peuples le caractère pastoral commun à tous les Germains, en cherchant la justification de leur long voyage à travers l'Europe (1) dans la simple vérité des faits, nous n'en

forme de perche; ils se trouvaient nécessairement dans cette position par suite de Textrôme rapprochement des chars... De nos jours encore, les timons des chariots à quatre roues du midi de la France, où Ton se sert de bœufs, peuvent jouer facilement dans Pavant-train et être dressés eo forme de mâts. On ne manque pas de les placer ainsi, quand on veut accoler des chars à la suite les uns des autres, afin qu'ils tiennent moins de place, soit sous un hangar, soit dans une rue...; alors le timon, debout, permet aux roues de devant du premier char de toucher aux roues de derrière du second, et ainsi de suite.. Telle devait être la disposition des chariots cimbro teutons quand ils formaient une enceinte de remparts mobiles, sans solution de continuité... Si chaque timon avait conservé sa position horizontale ordinaire, et qu'il se fût appuyé sur l'arrière du char suivant, l'ennemi aurait trop facilement enjambé cette sinaple barre, placée à la hauteur des genoux. Les timons étaient donc dressés et les chariots étroitement liés les uns aux autres, par conséquent les bœufs dételés se trouvaient enfermés dans l'intérieur avec les autres animaux. Les enfants et les femmes vaquaient en sûrelé, dans ce vaste parc, aux soins des troupeaux et aux occupations du ménage. Le camp était à la fois une étable, un village et une forteresse... Fallait-il se battre? les hommes franchissaient les chariots et couraleot sur l'ennemi..; étaient-ils repoussés? ils remontaient sur ces parapets mobiles.

(I) L'itinéraire des Cimbro-Teutons à travers la Germanie, rillyrie, les plaines du Danube, la Gaule et l'Espagne présente une particularité géographique digne de remarque; elle s'accorde parfaitement avec les précautions que devait prendre une horde, gênée dans sa marche par un nombre immense de chariots et d'animaux domestiques. Dans cette longue

mes pas moins obligés de reconnaître qu'ils cornaient une erreur grave à l'endroit de la marche la civilisation. Leur tort, «tils l'expièrent beaucoup ► cher, fut de ne pas savoir distinguer les sociétés ricoles du Midi, des sociétés pastorales du Nord, et i vouloir appliquer les usages de la famille nomade des régions où régnaient l'agriculture et la propriété •ivée.

r ination de deux miUe lieues, ils évitèrent soigneuse-

b tout fleuve, toute rivière un peu considérable; ils n'eu-

c à franchir que des cours d*eau près de leur source^ où

fs et chariots pouvaient facilement passer à gué.

lis des bords de l'Océan, entre rembouchure de l'Elbe

celle de roder, ils remontent le cours de ces deux rivières,

n^ont, pour arriver dans le bassin du haut Danube, qu'à

erser les afQuents de l'Elbe, chez les Boïens (Bohème),

idroit où ils ne sont que de faibles cours d'eau... ils

;h nt le Danube au-dessus de Vienne, où il est aisément

3, et atteignent les Alpes Noriques : de Noreia, ils des-

ent la plaine du Danube, en se tenant sur la rive droite»

reviennent sur leurs pas, sans avoir rencontré une seule

rlère importante. Rentrés dans la vallée du haut Danube,

traversent les sources du Rhin, du côté de Brigantia ou de

ia (Glcré), et se trouvent en Helvétie. Là, ils rencontrent

torrents des Alpes, rapides mais étroits, sur lesquels il est

\ de Jeter des ponts, improvisés à l'aide de quelques fûts

sapin. Ils sortent de l'Helvétie par Bâie, pénètrent chez

Belges vers les sources de la MoseUe et de la Meuse, qui,

ce point, ne sont que des ruisseaux; ils remontent aux

orces de la Seine, passent en Arvemie, où la Loire et l'Al-

• sont presque à sec en été et en automme ; ils descendent

i la Provence, parcourent les bords de la Méditerranée,

1 ilhône à l'Ëbre; ne rencontrant sur leurs pas que des lits

I torrents sans eau; ce ne fut qu'à leur retour qu'ils eurent

franchir le Rhône. Nous avons fait connaître les circons-

ices qui en rendaient le passage facile et peu dangereux.

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