‹ Histoire du caractère et de l'esprit français depuis les temp les plus reculés jusqu'á laChapitre 17 sur 31 · ORGANISATION POLITIQUE DE LA GAULE · texte numérisé non relu

ORGANISATION POLITIQUE DE LA GAULE

Si rémigration des Gimbres et celle des Helyétiens nous ont donné la preuve que toutes les tribus ger-« inanîques étaient plus ou moins nomades, elles nott& ont permis de reconnaître également que les Gaulois appartenaient à nn état pastoral un peu mitigé, et qu'ils exécutaient un premier pas vers la propriété individuelle. Bien qu'ils fussent peu adonnés à l'agriculture et n'eussent guère d'autre produit que celui du bétail, ils avaient toutefois renoncé aux habitudes aventureuses et aux grandes émigrations; chaque peuplade ne quittait pas sa province ; celles des bords de la Méditerranée, plus sédentaires encore, avaient adopté les principes agronomiques des Romains, et s'occupaient de labourage tout autant que de troupeaux.

Il était indispensable de constater cet état de la Gaule et de la Germanie, d'en faire ressortir les ana* logies et les diflTérences, pour apprécier l'influence que les événements exerceront sur le caractère et sur l'esprit, soit des Gaulois, soit des Romains, soit des Germains qui vont pénétrer dans la Gaule-. Il est iacile de comprendre combien l'organisation de la propriété réagit sur les gouvernements qui règlent les rapports de l'bomme avec le sol et avec ses concitoyens. Chez toutes les races gauloises, le premier degré d'assodatioo a pour base la terre communate d'une

vallée, d'un canton. Les hommes qui habitent ce canton forment le clan, reproduction de la famille patriarcale primitive. Nous avons déjà dit tout ce que le pasteur doit d'indépendance politique et de liberté personnelle à la facilité de changer de lieu, d'emporter ailleurs sa famille et ses richesses.

La tribu gauloise, tout en ne franchissant plus les frontières de sa province natale, conservait toutefois une certaine latitude pour quitter, selon les circonstances, son village, sa vallée, et circuler à la recherche de pâturages plus frais, dans un rayon de vingt à trente lieues. Une famille, un clan belge, par exemple, pouvait, sous Tinfluence de certaines nécessités, se transporter des bords de la Seine à ceux de TEscaut, des rives de la Somme à celles de la Meuse : le Gaulois exerçait cet acte d'indépendance, non-seulement à l'occasion des ennemis d'une autre race qui venaient le troubler dans son canton, mais lorsqu'un clan voisin, lui cherchait querelle pour des questions de prédominance politique ou de jouissance de forêts.

La Gaule, comme la Germanie, renfermait deux classes de citoyens : le noble ou chevalier, et le simple homme libre (nous n'avons pas à revenir sur les prêtres et sur les esclaves, qui restaient en dehors de cette division). Quelles particularités offrait l'état des citoyens chez les peuples pasteurs , comparés aux droits des citoyens des nations civilisées?

Le Romain, attaché d'une manière indissoluble à sa maison, à sa propriété, voyait constamment mille dangers amoncelés sur sa tête. En butte à des compatriotes aloux qui convoitaient ce champ, cette maison, à des usuriers qui voulaient l'expulser de son patrimoine» i des esclaves nombreux qui ne retiraient aucun b^Qéfice.

de leur travail et cherchaient sans relâche à se défaire de leur tyran, le Romain, disons-nous, était, avant toute chose, le défenseur vigilant d'une petite place de guerre constamment assiégée; un despote qui, pour les besoins de la résistance, devait, comme le commandant d'un navire, tout faire plier devant lui parla force et la terreur... Maître absolu de tout ce qui formait sa famille, il était seul juge du foyer. Le droit de vie et de morl sur sa femme, sur ses enfants, sur ses esclaves, était la consécration d'un pouvoir qui ne connaissait pas de bornes.

Cet héritage, si laborieusement défendu, il en avait la possession entière : femme, enfants ne pouvaient exercer aucune revendication sur lui ; il en disposait à son gré et sans contrôle d'aucune sorte : la propriété romaine s'affirmait dans cette formule implacable : Jits uti et abuti.

Toute idée de pouvoir découlait de cette propriété

de la maison, du domaine JDomus^ dominium

donnaient pour corollaire dominm, dominatio : le maître, la domination.

Le citoyen gaulois, au contraire, celui des premiers temps surtout, moins attaché au sol, n'ayant à défendre ni maison patrimoniale, ni propriété iixe, ne connaissait pas les craintes et les dangers du Romain. La mobilité de son domicile, de sa fortune pastorale, l'absence d'esclaves, lui assuraient une tranquillité d'esprit singulièrement favorable à sa gaieté pleine de confiance... Point de crainte, point de jalousie ; par conséquent, point de colère, point de despotisme!... Nos sentiments personnels sont ordinairement le reflet de ceux que nous voulons inspirer aux autres, et une sorte de punition des excès que

noua nous permettons envers eux ; cette terreur que nous prétendons causer à nos semblables , nous en éprouvons le contre-coup ; cette tyrannie dont nous les menaçons : la peur, Tinsomnie» nous en rendent les premières victimes.

Le père gaulois partage d'autant plixs volontiers sa fortune avec ses enfants, que la division du bétail par tête n'a pas les inconvénients de la division du patrimoine. Introduisez deux, trois maîtres dans la maison romaine, vous y allumez la guerre civile ; formez plusieurs lots du bétail du Gaulois, vous améliorez les soins du troupeau en multipliant les bergers intéressés à leur prospérité. A Rome, la loi n'assure aucune fraction d'héritage au fils; dans la Gaule, l'enfant, dès sa naissance, a droit à une partie de la fortune de son père, et ce droit a pour principe l'égalité des partages.

Qui ne reconnaît dans cette disposition une source de liberté, de dignité individuelle, bien supérieure à celle que la loi garantissait au Romain, véritable esclave du père, tant qu'il n'avait pas obtenu luimême le titre de paier familias*

On ne peut mettre en doute que la bonté, la générosité, cette joyeuse insouciance du Gaulois, n'aient eu pour principale origine l'existence pleine de loisir, et d'abandon, de l'état pastoral ; que le caractère tout opposé du Romain n'eût pour cause première les préoccupations incessantes du propriétaire, du chef de manoir toujours en armes.

A côté de la famille et du clan vient se placer la société guerrière ; elle a pour base l'association et le dévouement. En Aquitaine, le frère d'armes porte le nom de soldule; il s'attache par sympathie personneHe

m par patriotisme à la destinée d'un chef volontairenent choisi; il lui consacre sans réserve ses biens, son courage, son existence. Dans le reste de la Gaule, il •eçoit le nom de brodeurde. La réunion de plusieurs lommes, de plusieurs clans sur le pied de T égalité a )our base le serment.

L'association civile, ou clientèle^ est l'union de 'homme riche et fort avec l'homme pauvre et faible. Le ne, le rix protège le client de sa fortune, de son lutorité ; le client seconde le rix de son concours personnel et de son travail. Cette clientèle se conbnd souvent avec l'association du soldule et du brodeurde.

Passant de ces premiers éléments sociaux à ceux l'un ordre plus élevé, nous atteignons l'association [)olitique ; elle est toujours volontaire et se manifeste 3ar r élection... De même que le soldule et le dévoué ' je donnent un maître, de même les citoyens élisent les :hefs de clan, les chefs de canton, les^ magistrats et les chefs d'armée... Ces choix se font par acclamation, 5ur la place publique, au grand jour, et, le plus souvent, les armes à la main.

Le chef, une fois nommé, n'exerce pas un pouvoir absolu. Tous ses actes sont soumis au contrôle des anciens , au henadouriaid ou au sénats conseils permanents et ordinaires, et surtout aux fforseds, Etats généraux armés, convoqués dans les occasions suprêmes ; aussi les triades posent-elles comme principe que, « d'après le droit primordial, la nation est audessus du chef, n

Le Gaulois ne paraît pas avoir connu d'autre loi politique, d'autre constitution, que cet acte spontané de confiance et de yolonté individuelle; d'autre droit

d'hérédité que celui du renouvellement du mandat.

Ce gouvernement ofiFrait donc les conditions essentielles de la république : élection des chefs, surveillance constante de leur conduite par des délégués également élus ; absence de pouvoir politique héréditaire, absence de peuplade prépondérante. . . Ces mêmes circonstances se reproduisant dans les diverses contrées, il s'ensuivait que la Gaule présentait une réunion de petites républiques, indépendantes les unes des autres, qui faisaient toutefois certaines tentatives de fédération dans les circonstances difficiles.

Mais si le gouvernement gaulois était fondé sur les principes généraux de celui de Rome, il ne présentait pas moins, dans son organisation, des différences tranchées. Rome était une véritable république oligarchique ; elle fonctionnait avec force et régularité, par la raison que les citoyens, membres de cette oligarchie, étaient peu nombreux réduits aux seuls pères de familles (I).

La Gaule fut toujours une république démocratique, égalitaire; elle fonctionnait avec difficulté et sans force, par la raison que tous les citoyens, égaux en droits, en autorité, étaient aussi nombreux que les hommes en état de porter les armes ; et les jeunes Gaulois recevaient la lance et le bouclier dès l'âge de quinze ans. Dans la vieille Rome, un petit nombre de pères, inattaquables dans leurs privilèges, commandaient à la masse de la nation. Dans la Gaule, la foule

(l) Nous parlons ici des premiers siècles da la république romaine, et non des derniers, pendant lesquels Taugmentation du nombre des citoyens jeta le trouble dans TEtat, amena les proscriptions et prépara l'empire.

devait commander à la foule, le tumulte permanent devait gouverner le tumulte.

Bien que l'histoire de Tancienne Gaule présente de vastes lacunes, on peut assurer que la royauté ne

se cache dans aucun de ses replis mystérieux

Toute monarchie, dans les temps antiques, était inséparable de ridée d'agrandissement et d'absorption ; il était impossible alors de concevoir un roi, tout au moins une série de rois dépourvus d'ambition personnelle ou nationale ; or, la Gaule ne nous montre pas une seule époque où elle ait été troublée par des conquêtes intérieures ou de grandes tentatives d'annexion , preuve évidente de l'égalité et de l'indépendance des divers gouvernements républicains qui en occupaient la vaste surface. L'existence, la constitution de ces petits Etats se rapprochaient donc beaucoup plus de celles des républiques de la Grèce que de celles des monarchies des Mèdes ou des Perses, des Assyriens ou des Egyptiens. Quand le nombre grandissant d'une jeunesse turbulente menaçait de troubler l'Etat, les bren conduisaient à l'extérieur cet élément de force qui pouvait devenir un ferment de discorde, et l'équilibre se trouvait momentanément rétabli.

L'état pastoral , la communauté du sol étaient d'ailleurs peu favorables à la monarchie; s'il est des principes qui s'accordent avec l'incertitude, la mobilité du domicile et de la propriété, c'est assurément l'indépendance, la fluctuation d'une république, où tout varie périodiquement au gré du sufirage public. S'il est une organisation, au contraire, dont la nature réponde à la fixité, à la permanence de la propriété individuelle des populations agricoles, c'est celle de la royauté... Rien ne saurait se soustraire ici-

basàrenchatnement deseffets et des causes ;le pasteur, habitué à changer constamiûent d'habitation et de Jieu, se trouve conduit à vouloir également changer de chef et de manière d*être; le propriétaire agriculteur, attaché défmitivement au même point du sol, et fondant son droit de possession sur l'hérédité, ne saurait résister au désir de se donner un gouvernement conforme au principe de la famille et de la propriété agricole.

Ce n'était pas sans raison que Tacite et les républicains de son époque, allaient chercher l'âge d'or de la liberté parmi les bergers de la Germanie : ils savaient que rien ne favorise les idées d'indépendance comme l'état pastoral, et le droit indéfini de chacun à la jouissance du sol public ; ils opposaient la simplicité rustique, la communauté des biens des Barbares, à l'avidité, à la soif d'enrichissement, au faste de ces patriciens de Rome qui avaient fini par accaparer les champs de. leurs concitoyens pauvres. Ils comprenaient avec une merveilleuse intuition, que l'égalité républicaine ne pouvait guère se maintenir que dans l'état primitif des peuples pasteurs ; les progrès de la civilisation, basés sur la propriété individuelle et sur l'agronomie lui étaient inévitablement funestes. Or, nous avoos déjà fait connaître la crise sociale que traversait la Gaule, à l'époque de l'invasion des Cimbro-Teiitons ; plus tard, la conquête de César, le triomphe des armes, des lois, de l'agriculture romaines devaient singulièrement hâter la division des terres. Cette transformation, en sapant la république gauloise, soulevait des regrets, des discordes, dont César sut tirer un parti avantageux à ses intérêts. Cette république, privée de l'élément de force et d'unité que celle d^ Rome

trouvait dans le pouvoir paternel,* n'avait qu'une garantie de sécurité, Tétat pastoral ; dès qu'elle perdit ce fondement, elle eut tous les inconvénients des démocraties sans conserver un seul de leurs avantages ; elle fut vaincue, elle fut subjuguée.

Le caractère gaulois présentait, il faut bien le dire, à l'époque où les historiens commencent à nous le faire connaître, des éléments favorables à la monarchie ; notamment le goût du faste, le dévouement personnel porté jusqu'à Véblomssement Le point dihonneur enfm que Montesquieu présente comme le ressort vital de cette nature de gouvernement.

Si Tacite était conséquent avec ses doctrines en célébrant les vertus incivilisées des Germains, s'il entre* prenait une mission analogue à celle des Cimbro-Teutons, qui étaient venus protéger contre les Romains la communauté des terres et la vaine pâture , César, dé* fenseur des idées unitaires et monarchiques, n'était pas moins conséquent avec lui-môme, en combattant l'indépendance pastorale des Helvétiens et des Gaulois, en voulant enchaîner au sol, renfermer dans des villes, des populations encore à moitié nomades. Seulement, ses moyens de succèsétaient injustes, sanguinaires : il imposait aux Gaulois les idées qu'il se propo* sait d'appliquer à Rome elle-même, et, pour y réussir, il noyait leur indépendance dans le sang.

La conquête de César fut un temps d'épreuve terrible: nous savons, parles Commentaires^ avec quel mélange de prudence et de ruse le vainqueur profita de l'antagonisme des chefs gaulois, pour faire tourner à son profit ces divers motifs de discorde. Ces factions intestines, sans cesse renaissantes et toujours armées, avaient une origine plus profonde que celle de ces

jalousies personnelles qui, chez tous les peuples, agitent certains ambitieux et entraînent à leur suite la foule des mécontents. Elles se reliaient aux deux grandes sociétés qui se partageaient la Gaule : celle des Gallo -Bretons du nord-ouest, celle des Gallo- Celtes du sud-est ; la première, essentiellement druidique; la seconde, plus particulièrement guerrière et chevaleresque.

.Ces deux éléments étant donnés, il est probable que César rencontra dans chaque tribu des traces plus ou moins vivantes de leurs querelles. Sur lequel chercha-t-il à s'appuyer? sur l'un et sur l'autre, alternativement, selon les circonstances? Dumnorix au début de la guerre, Vercingétorix à la fin, représentés comme desambitieux' qui rêvaientl' oppression de leur patrie, furent les plus illustres victimes de la tactique du conquérant. Prenant toujours un point d'appui dans ces malheureuses dissensions. César pénétrait dans les Gaules, les sillonnant en tous sens, le fer et la torche à la main, incendiant les villes et les forêts, massacrant les populations, mutilant même les vaincus sans défense. Il est difficile que le caractère d'un peuple, quelque nettement tranché qu'il puisse être, n'éprouve pas certaines modifications sous l'influence de semblables calamités. Le Gallo-Celie, qui, dès les temps les plus reculés, nous est apparu sous un aspect si franc, si joyeux, si sympathique, perd tout à coup cet entrain irrésistible ; il semble vouloir imiter le Romain, si froidement cruel et inexorable... Le Gaulois des premiers temps volait au combat au bruit des chansons; il traitait les plus hautes questions politiques, le rire et la plaisanterie aux lèvres ; c'est qu'alors il parcourait le monde en vainqueur ; combattant sans crsdnte

et mourant avec une orgueilleuse insouciance. Il ne connaissait aucune des tortures qui bouleversent les peuples : l'invasion du sol natal, la destruction du foyer, le viol et le massacre des faibles ; la servitude enfin, cette plaie vive qui aigrit les meilleures natures et les exaspère... Maintenant qu'il a subi toutes les colères de César , comment se livrerait-il à la joie, se permettrait-il la fine raillerie...?ila vu Vercingétorix ordonner l'incendie des villages, pour les soustraire à la fureur des Romains ; il a vu César faire égorger les femmes, les enfants, les vieillards après la prise A^Avaricum; couper les pieds et les mains à tous les défenseurs à' Uxellodunum (Hirtius, ch. xlit); il a entendu Critogat proposer, pendant le siège d'Alesia, de soutenir les lorces des combattants en mangeant les vieillards et les femmes (1) I

Aussi, parcourez les Commentaires^ nulle part l'historien ne montre les Gaulois entonnant ces chants de guerre qui retentirent jadis autour du Capitole et sur les bords de l'Allia. Les.émissaires romains n'entendent jamais les membres des Benadouriaid et des Gorsed accueillir leurs propositions par des railleries ou des éclats de rire. Alesia étant prise, Vercingétorix mis à mort, l'armée nationale réduite en esclavage, les Celtes pouvaient-ils conserver les vives allures des temps de bonheur et de prospérité.

« Qu'on se représente, dit Paul Orose, un malade

(i) Un avis plus humain avait, il est vrai, prévalu; on s'était contenté d'expulser de la ville les habitants incapables de porter les armes; mais César les avait fait repousser vers les remparts à coups de flèches, et les malheureux étaient morts de misère et de faim. (César, livre VII, ch. lxxvii.)

livide et amaigri, défiguré par une longue fièvre brûlante qui a épuisé son sang, ses forces et ne lui a laissé qu'une soif dévorante qu'il lui est impossible de satisfaire; telle était Timage de la Gaule épuisée, domptée par César, et d'autant plus avide de liberté que ce bien lui avait été pour toujours ravi » (liv. VI, ch. xii).

Par quelles luttes opiniâtres, acharnées. César avaitil obtenu ces résultats? « Il avait pris de force plus de huit cents villes, dit Plutarque, soumis plus de trois cents nations, combattu contre trois millions d'hommes, parmi lesquels un avait péri en bataille rangée, un autre, plus malheureux, avait été réduit en esclavage. »

Après de tels désastres, le Gaulois ne pouvait conserver l'inspiration qui soutenait son courage et son ardeur; il avait perdu plus encore : la conviction de son invincibilité Si quelqu'un essayait de fredonner et de rire, d'aiguiser l'épigramme, de combiner les jeux de mots, c'était le vieux parasite abruti ; le barde dégénéré, misérable jongleur, qui vendait les produits de son métier au consul vainqueur, comme aux transfuges que l'ambition rattachait à la fortune des maîtres.

Rassurons-nous, toutefois I cet état d'abattement et de tristesse est trop antipathique à Fessence du caractère gaulois, pour amener une transformation définitive; le vieil esprit celtique fermente dans la sombre prison que lui imposent les Romains 5 il ne tardera pas à faire explosion, à s'échapper par le plus petit soupirail, par la plus étroite fissure.

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