LES GALLS ET LES CELTES
Les Gaulois et les Celtes ne formaient-ils qu'un peuple, une race? César est-il complètement dans le vrai, en les confondant au fond, pour ne les distinguer que par cette phrase : Qui ipsorum Ihigua Celtœ,
nostra Galli appellantur? Rien ne nous paraît plus probable, au contraire, que la différence de langue et de contrée, qui séparait les deux peuples (1).
M. Amédée Thierry a parfaitement établi « que les Galls avaient précédé les Kimris sur le sol de la Bretagne, et probablement aussi sur celui de la Gaule, » (t. I, p. 21). Il ajoute ailleurs que le nom deCelte était celui, d'une tribu et non point celui du peuple gaulois tout entier (2) .
Les Galls ou Gaulois, paraissent donc avoir été les premiers habitants de la Gaule. Nous établirons ailleurs que les Celtes différaient des Galls par la religion ; que le druidisme n'eut jamais, chez eux, le caractère absolu, dominateur, sanguinaire, qu'il montra chez les Galls de la Grande-Bretagne et de FArmorique ; nous nous bornerons à montrer ici que la langue celte était tout autre que celle des Galk, et que cette tribu ne faisait partie de la grande confédération gauloise qu'au même titre que les Belges et les Aquitains,
S'il est un point positif, hors de doute aujourd'hui.
(1) Il reste à peu près établi dans Tétat actuel de la science, que la race gauloise appartenait à la famille japétique ou indO' européenne, et qu'elle eut son berceau dans l'Arie^ terre sainte des premiers âges, située vers rOxus et Vlaxarie^ c'est-à-dire dans le Turkestan et la Grande-Boukharie,
(2) Les Kimmerii, Kimri où Cimbri,de la même race asiatique que les premiers Gaëls, entrèrent dans la Germanie et dans la Gaule vers Tan 631 avant J.-C, chassés par une invasion Scythe. Ils pénétrèrent aussi dans le nord-ouest de la Gaule, et occupèrent la Belgique, la Bretagne, les fies d'Ërin et d'Albion. Ils avaient pour chef le terrible Ha-gadam,ou Hule '"puissant, qui semble être venu réveiller dans toute la contrée qu'il parcourut le sombre et sanguinaire génie du druidisme.
dans l'histoire des Gaulois, c'est que les Bas-Bretons descendent des Armoriques et que les Gallois et les Gaëls d'Angleterre se confondent avec ces derniers; ils ont la même langue, les mêmes mœurs, les mêmes chants; ils eurent les mêmes bardes et les mêmes druides ; les historiens et les philologues anglais sont unanimes à cet égard. Chez nous, MM. Edwards, delà Villemarqué, Amédée Thierry, Ampère et bien d'autres professent la même opinion.
Or, consultez les documents qu'ils ont réunis sur les origines de ces tribus de l'Angleterre, tous parlent de Gaëls^ de Gallois^ de Gaélics^ ce qui évidemment répond au mot Gaulois; nulle part, le mot Celte ne figure comme synonyme.
Transportons-nous de la Grande-Bretagne et de l'ouest de la Gaule, vers le centre et le midi de cette seconde région. Nous trouvons un peuple auquel tous les historiens, tous les géographes, donnent, au contraire, avec la même unanimité, le nom de Celtes,
Strabon divise la Gaule en trois grands peuples, comme César : A^^yrravouç xcxi Beiyaç ycoàoxjvreç, xae KtÀro^i les Aquitains, les Belges et les Celtes. Pourquoi passe-t-il les Gaulois sous silence? c'est que Strabon est Grec, et qu à ce titre, il considère principalement la Gaule au point de vue des populations qui avoisinent la Méditerranée. Il nous dit ailleurs que les habitants de la Provence étaient Celtes, que les habitants de Narbonne Tétaient aussi, et il ajoute : Le nom de Celtes, quh dans V origine^ était particulier à ces peuples^ fut étendu plus tard par les historiens grecs à toutes tes populations de la Gaule» Ce mot avait même une bien plus grande extension; car, d'après le même auteur (liv* I, ch. ii), les habitants
de tout r Occident portaient autrefois le nom de Celles. Cette confusion était assez naturelle à cette époque : les Belges, les Aquitains, les Armoriques étaient inconnus; les Romains, en remontant le Rhin, en franchissant les Cévennes, découvrirent ces nouveaux peuples 5 ils leur donnèrent le nom de Galli^ Gaulois^ mais les habitants du sudrestèrent toujours les Celtes.
Diodore de Sicile jette une vive lumière sur ce point; il divise la Gaule en deux parties seulement, Tune habitée par les Celtes ; elle s'étend au nord de Marseille, entre les Alpes et les Pyrénées, Tauti e occupée par les Gaulois, et située au-dessus, c'est-à-dire au nord-ouest de la Celtique jusqu'à TOcéan.
Après une assertions! rationnelle et si claire, il reste prouvé, avec la dernière évidence, que les Gaulois étaient les habitants du nord-ouest, et les Celtes les habitants du sud-est.
M. Amédée Thierry, auquel il faut toujours revenir lorsqu'on parle de la Gaule, car son livre est et restera la base historique de ces temps primitifs, fait parfaitement ressortir Tinsuftisance du texte de César, et arrive à des conclusions semblables à celles de Diodore . de Sicile.
« Le mot Celtey dit-il, était local et s'appliquait soit à une tribu, soit à une confédération de tribus occupant certains cantons. Il avait, par conséquent, un sens spécial et restreint.
« Le témoignage formel de Strabon vient confirmer cette hypothèse, il dit que les Gaulois de la province narbonnaise étaient autrefois appelés Celtes^ et que les Grecs, principalement les Massaliotes, étant entrés en relation avec eux, avant de connaître les autres peuples de la Gaule, prirent, par erreur, leur nom pour le nom
commun à tous les Gaulois : Polybe les place autour de Narbonne, Aristote au-dessus de Tlbérie, Denys de Périegète par delà les sources du Pô ; enfin, un savant commentateur grec de Denis, Eustache, relève Terreur vulgaire qui attribuait à toute la Gaule le nom d'un seul canton... Plutarque place, en outre, entre les Alpes et les Pyrénées, dans les siècles les plus reculés, un peuple appelé Celtorii.
K Les historiens nous disent unanimement que ce furent les Celtes qui conquirent l'ouest et le centre de l'Espagne, et, en effet, leur nom se trouve attaché à de grandes masses de populations ibérîennes, telles que les Celtibères^ mélange de Celtes et à Ibères^ qui occupaient le centre de l'Espagne, et les Celtici qui s'étaient emparés de l'extrémité sud-ouest.
i\ Pour la Haute-Italie, quoique inondée deux fois par les peuples transalpins, elle ne présente aucune trace du nom de Celte ; aucune tribu, aucun territoire, aucun fleuve ne le rappelle, c'est toujours et partout le nom de Galls. Le mot Celtœ ne fut connu des Romains que plus tard (1).
« Il me semble résulter de ce qui précède, poursuit M. Amédée Thierry, !• que le mot Celte avait, chez
(1) Il est facile de comprendre pourquoi Tite-Livc et les autres historiens ne donnent jamais la dénomination de Celtes aux Gaulois qui envahirent Tltalie : ces auteurs, fidèles à la distinction de César : qui nostra lingua Galli appellantur, n'appliquaient jamais le mot Celte aux peuples qui venaient d'au delà des Alpes. Mais rien ne prouve que les conquérants du bassin du l'ô ne fussent pas de véritables Celtes; tout porte à croire, au contraire, qu'ils arrivaient de cette partie méridionale de la Gaule, où Diodore de Sicile place cette V aste co n fédé ration.
les Galls» une acception bornée et locale; 2* que la confédération des tribus celtiques habitait en partie parmi les Ligures, en partie entre les Cévennes et la Garonne, le plateau des Arvernes et l'Océan. »
L'opinion de M. Ainédée Thierry est aussi la nôtre; nous chercherons seulement à la bien fixer sur certains points.
D'abord nous ne voyons pas de raison pour étendre le territoire des Celtes jusqu'à l'Océan, car il ne faut pas oublier que les bords de cette mer appartiennent aux Galls et aux Armoriques^ d'après Pline et Diodore de Sicile.
En second lieu, nous nous demandons sur quelles preuves peuvent se fonder M. Edwards et tous les philologues qui ont écrit sur les langues gauloises et galloises^ pour donner le nom de celtiques aux dialectes parlés dans la Bretagne et en Angleterre, contrées qui. furent occupées par les Galls, et dans lesquelles il est indubitable aujourd'hui que n'habitèrent jamais les Celtes.
Nous voilà naturellement amenés à chercher quelle était la langue des Celtes; nous espérons établir qu'elle n'était ni le bas-breton^ ni le gallois^ ni le gaélique^ mais une langue toute particulière, sur laquelle nous allons essayer quelques recherches.
Sulpice Sévère, qui écrivait la vie de saint Martin de Tours, au quatrième siècle, fait dire à un de ses personnages : u Parle-nous gaulois ou parle-nous celtique, pourvu que tu nous parles de Martin, »
Ces paroles naïves, mais caractéristiques, ne permettent pas de douter que le gaulois et le celtique ne fussent deux langues très-distinctes, parlées concurremment dans les Gaules.
Plus tard, Sidoine Apollinaire écrivait à un de ses lis que la noblesse d'Auvergne commençait à dépor la croûte de Télocution celtique {squamas celtici rmonis) et à parler latin. Or, les Arvernes habitaient partie de la Gaule où Strabon et Diodore de Sicile acent les Celles^ ce qui justifie pleinement le mot Uici employé par Apollinaire.
Nous sommes donc en présence de deux peuples et i deux langues. Nous connaissons la langue des Gau« du nord-ouest, c'est le bas-breton, c'est le gaiidiomes populaires des pays habités par les Galls. devrons-nous chercher la langue celte ? dans les Dis de la Gascogne, du Languedoc, de la Provence, i Limousin et de l'Auvergne, ancienne patrie de la «fédération celtique.
Vous tombez dans une véritable hérésie, diront un
and nombre de philologues. Au lieu de rencontrer
des langues celtiques^ vous ne trouverez que des
ois romans^ c'est-à-dire venant des Romains, et for«»
d'un latin dégénéré.
Voilà votre objection, voici notre réponse.
D'abord les critiques modernes les plus attachés au
tème qui voudrait étendre l'usage du bas-breton et
gaé tique à la Gaule entière, sont obligés de recon-
ttre que la différence si tranchée entre la pronon-
on du nord et du midi de la France, correspond,
u'à un certain point, à une différence analogue des
)me8 primitifs des Gaulois. Par exemple, Tidiome
m, alors parlé dans les provinces du nord, emploie
quemment Yu nasal, qu'on ne trouve pas dans le
ialecte des Gaulois du midi. » (Demogeot, littér.
^anc.^ p. 5 et 6.) M. Demogeot et M. Edwards ne
oient dans cette différence de prononciation qu'un fait
peu important, digne à peine d'être < 5 is j voyons, nous, le point de départ de tout 1 a^ vations que nous allons présenter. Il y avait là t qu'une diflFérence de voyelles , il y avait une d rence de langue. Arrivons aux preuves.
Les Gaulois qui franchirent les Alpes, vers avant Jésus-Christ, et qui s'établirent dans le du Pô, appartenaient indubitablement à la confédén tionceltique;cB.vc*éta\ent des Arverîies^ des Ambar des Bituriges et des Éduens (1) . Or, les noms de peuples, ceux des chefs qui les conduisirent au d des Alpes, ceux des villes qu'ils y fondèrent, n'ont de commun avec la langue bretonne, et appartien au contraire aux patois dits romans (2).
(1) Les premiers Gaulois descendus en Italie anté ment à cette invasion, portaient le nom d'' Ambra ou i (les vaillants), ils chassèrent du bassin du Pô les peu cules^ et franchirent même les Apennins (Alpenino, AJpei petites Alpes). Ce mouvement avait eu lieu environ 150i avant J.-G. Plus tard, les Ombres furent expulsés de l'Or, et du bassin de TArno, par un nouveau peuple, les Etru ou Tyrrhéniens, race pélasgique, originaire de \\ neure, à peu près onze siècles avant notre ère ; les a, Ombres se réfugièrent alors dans les Alpes et les h vallées du Pô.
(2) D'après ces patois, en effet, Ambarrii vient de emô» lieu enfermé, clos de murs, de palissades ou de dé naturelles.
Bituriges vient de bits, rix, riches, abondant en vl Le nom du chef biturige, Bellovèse, est encore ire< dans le midi de la France, où il est devenu betbeze^ bel signifie beau voir, j
Ambigat, nom d'un roi biturige , vient de en-bigot; i signifie : qui a une grande perche devant sa porte; un ]i| qu'on a planté pour lui faire honneur. Ce mai était inconlB»^ tablement une expression du langage druidique des Runeifi
De rilalie, suivons les Celtes en Espagne. Ici nous rouvons le mot Celtes^ et non pas le mot Galls^ par raison que ce ne sont pas les Romains qui, les preaûers, nous signalent leur arrivée, mais les peuples digënes eux-mêmes, qui se mêlent à eux sous le ai de Celtibères. Quelles sont les langues populaires i se conservent dans la partie nord-est de l'Espagne,
it les plantes et les fleurs pour signes hiérogliphiques.
s ce vocabulaire, le bouleau, le chêne, étaient Tîmage de
[orce et de la durée. Quel honneur plus grand pouvait-on
e à un guerrier que de placer devant la porte de son
iDîtation une inscription ruruque qui glorifiait son courage
et sa puissance?
Milan, Medio /anum, ville fondée par Bellovèse, rappelle la
te ville de Mielan, dans le midi de la France, et signifie
eu de la lande, de la plaine non boisée.
Vérone^ fondée bientôt après, vient de bero, jolie, belle ;
ouno, jolie, petite, belle.
Brescia, autre fondation de la même époque, de bres,
w, berceau, corbeille.
v6 !, sur le lac de ce nom, vient évidemment de coumo, e < »ite, resserrée entre deux montagnes.
B^a , enfin, de bergo, latte, gaule, jalon (Pau, dans les re es, doit également son nom aux piquets ou jalons qui s Irent à tracer son enciente).
P tard, en 521 , les Boïens, Boii, peuple des sources de la ! , franchissent les Alpes à leur tour, traversent le Pô près ae son embouchure et construisent Bononia (Bologne) qui pourrait bien venir de bougno^ grosseur, boursouflure bougnounio^ petite boursouflure ou élévation du sol.
Soi en. patois méridional, veut dire ho\s \ Boîes, hommes habitués aux bois, habitant les bois. Cette étymolcgie paraîtra plus simple, pensons- nous, que celle qui fait venir hoii du gallois biv^ la peur, bwg et bug terrible. Voilà, d'ailleurs, des syllabes bien sourdes pour un peuple du midi de la France, qui va sMnstaller en Italie.
occupée par ces derniers ? c'est le catalan et le valencien, deux dialectes très-importants des langues dites romanes, et tout à fait semblables au limousin et ao provençal.
L'Espagne reçut d'autres émigrés de la Gaule, à l'extrémité sud des Pyrénées cantabres : mais ceux-ci venaient du véritable pays des Galls^ c'est-à-dire de la Gaule du nord-ouest, et non point de la Celtiqm Us conservèrent fidèlement leur nom patronymique ^ le donnèrent à la Galice.
Transportons-nous enfin dans la partie orientale de l'Europe, entre la Suisse et les bouches du Danube; de nouveaux mystères historiques nous attendent dans cette contrée.
D'abord, deux faits étranges ne peuvent manc de frapper les philologues, c'est qu'au milieu de c contrée immense, que se partagent aujourd'hui langue allemande et la langue slave, existent et p pèrent, depuis des temps inconnus, deux populati très-éloignées l'une de l'autre, et parlant des d tes de la langue qui s'étend tout le long de la terranée, depuis Valence jusqu'à Venise; ces dialectes sont le patois Grison et le rouman du bas Danube.
On a bien essayé d'expliquer l'existence de ce dernier par le cantonnement prolongé de légions romaines, sous Trajan. Maiâ les légions occupaient TEurope entière, alors ; il n'y avait pas plus de raison pour qu'elles transportassent le rouman dans le bas Danube, que sur le Rhin ou sur le Nil, en Afrique on dans 1* Asie-Mineure.
D'ailleurs, une armée ne saurait propager une langue autre que celle qu'elle possède; les soldats ro-
mains parlaient latin , et non point provençal ou gascon.
L'intervention des légions impériales nous paraît d'autant plus inutile dans cette affaire, que l'histoire nous fournit un moyen infiniment plus simple et plus direct d'attribuer à des populations, arrivées du midi de la Gaule, le transport d'un dialecte semblable à ceux du Limousin et du Languedoc.
Il Quelques années avant l'invasion de Bellovèse, dans le nord de l'Italie, dit M, Amédée Thierry, les tribus accumulées au nord-est, dans la Séquanie et l'Helvétie, envoyèrent au dehors une horde de guerriers, de femmes et d'enfants, sous la conduite de Sigovèse (1) ; elle sortit de la Gaule par la forêt Bercynie, et se fixa sur la rive droite du Danube et dans les Alpes illyriennes. » (t. i, p. 39.)
Plus tard, 281 ans avant J.-C, les Volsques Tectosages de la vallée de la Garonne, envoient une colonie très-nombreuse traverser également la forêt Hercynie et s'établir dans la plaine du bas Danube ; ce fut là qu'Alexandre le Grand la trouva en 340. Les députés de la tribu gauloise se rendirent dans son camp ; il les reçut avec courtoisie, et les rattacha à ses intérêts par un traité d'alliance. {Voir Thierry, t. i, p. 132.J
N'est-il pas digne de remarque, qu'un patois fort semblable au languedocien, soit encore la langue de cette Roumanie, où Alexandre le Grand rencontra des Gaulois originaires des rives de la Garonne, et qu'un dialecte de la même langue soit parlé dans cette vallée
- - - - I rr
(1) Sigovèse, en patois méridional Sicamhesé, Sicobeséi il faut s*y voir; c*est-à-dire il faut prendre garde; homme avec lequel il ne faut pas plaisanter.
des Grisons, qui confrontait à THelvétie, province gauloise, faisant partie de ce que les Grecs et les Massaliotes appelaient le pays des Celtes?
Après ces témoignages concluants des relations de la feoumanie et du pays des Grisons avec la Gaule méridionale , il est assez superflu, on en conviendra, de faire intervenir des légions romaines pour expliquer l'existence de dialectes romans, dans ces contrées éloignées. Il fut une époque assurément, où ces dialectes régnèrent dans tout le bassin du Danube ; on serait étonné de ne plus les voir s'étendre depuis la Suisse jusqu'à Bucharest, si l'on ne tenait compte de l'invasion torrentueuse des Huns, des Goths et des Germains, qui durent les y détruire, au quatrième et au cinquième siècle, pour n'y laisser survivre que les deux débris que nous venons de citer (1) .
Il est temps de rejoindre les Celtes dans leur patrie, dans le midi de la Gaule ; examinons les traces, les documents linguistiques qu'ils y ont laissés.
Quand on étudie la géographie latine de l'époque de César, on rencontre bien çà et là, dans le sud-est, quelques mots d'origine gallique; leur existence ne doit pas surprendre ; car des tribus , des clam
(1) La race gauloise occupait, vers le troisième siècle avant notre ère, une partie du monde aussi étendue que l'Europe moderne. Elle se déployait « depuis Érin jusqu'à Lestonie (à quelques marches de Saint-Pétersbourg) ; depuis la pointe septentrionale de la presqu'île Cimbrique (Danemark) jusqu'aux Apennins ; depuis les trois finùterre, de Bretagne, de Gaule, et d'Espagne, jusqu'aux frontières du Pofit et de la Cappadoce ; en passant par le Danube quelle occupait jusqu'à son confluent avec la Save, par les Garpathes, les Alpes illyriennes l'Hémus et la Thrace. ■ Henri Martin, t I, p. 29.
de cette confédération s'y établirent, soit avant l'arrivée des Celtes, soit pendant leur domination. Celtes et Gallsy bien que différents de langue et de mœurs, étaient de la même race, après tout; ils appartenaient, comme les Aquitains et les Belges, à la grande famille gauloise. Ce qu il est plus important de remarquer, c'est que l'immense majorité des noms de lieux appartient aux patois méridionaux (1).
0) On peut s'en convaincre par les citations suivantes :
Turonis, Tours, vient de turon^ camp retranché. Mot encore en usage dans le Béarn et dans le Bigorre.
Cadurci, vient de cap durs, opiniâtre, persévérant, inébranlable.
Avaricum,de(Z56ancaoti^, dans les fondrières, ville entourée de précipices.
Segusiani de segas siam; soyons fermes, courageux. Une foule de châteaux et de bourgs du moyen âge portaient le nom de Segu, Segur, Puy-Segu, Mont-Segu,
Autun, vient de haouto^ hauteur, et de tun, dun, montagne.
Tun est bas-breton et gallique; il est passé dans les langues
du Midi et mAme dans le français, avec la modification dune.
Santon i, vient de saoutoun, cascade, petit barrage.
Vesontio (Besançon) hesoun sio, lieu dont on a besoin, utile, avantageux.
Novlodunum, vient de noMo, jeune mariée, montagne delà jeune mariée. Peut-on s'étonner de cette étymologie lorsqu'une des principales montagnes de la Suisse allemande porte le nom de Junfraw^ la Jeune femme.
Nantua, vient de nan tuats, où Ton a tué, lieu où s'est livrée une grande bataille. (Morlaas,dansle Béarn, a la même étymologie : Mort laas, tu Tas tué ; tu Tas mis à mort là). Segodunum, de sego, haie, montagne de la haie. Ceretani, de cerre, serre, coteau, et de la terminaison an, indiquant l'habitation. Geretans, qui habitent les hauteurs. Arecomici, de arre coumos^ derrière les vallées, au delà des vallées; arre coumès, hommes qui habitent après les vallées.
L'existence, dans le centre et le midi de la Gaule, d'une langue gauloise tout autre que le bas-breton et le gaélique ressort plus évidemment encore de ce fait incontestable que les dialectes romans ne renferment que bien peu de traces des langues gaéltqiœs. N'estil pas indispensable d'admettre que si le bas-breton
Carpentoracte (Carpentras), de carpou entras^ à côté des bois de charmes, au milieu des charmes.
Sostomagus, de souste, souche, tronc ; mage, grand*
Casino magus, de casino, maison, case ; mage, grande-
Redse, redense, ou redensis, de redes, forts, courageux, robustes.
Yerodunenses, de bero, belle ; dun montagne ; habitants de la belle montagne.
Velocasis ou belocases, de bèts, beaux ; casses, chênes.
Gabali, de cabales, cavaliers, hommes habitués aux che< vaux, élevant des chevaux.
Lemanus (lac de Genève), de le man, le mage, le grand.
Burdigala, de burg, bourg; Aygalado, grande étendue d'eau.
AHobroges, de als aux ; brocs, buissons ; ceux qui habitent les plaines boisées, couvertes d'épines.
Cularo (Culoz), de gular, grande gueule, large ouverture, nom justifié par le passage que le Rhône s'ouvre sur ce point à travers les montagnes.
Cebenna (les Cévennes) vient de cebenes, furoncle, boursouflure enflammée. On sait que les montagnes de TAuvergne contiguës aux Cévennes renferment de nombreuses traces de volcans.
Matisco, de mato, matis, buissons, et de cos, montagne : montagne couverte de buissons.
Alesia, de aleida, prendre haleine, respirer ; lieu ou Ton respire un air agréable et salubre.
Aballo (près d* Alesia) vient d'a6a/i, détruire ; lieu qui a été ruiné, détruit
Amageto-briga, de amaga, abriga, ramasser et mettre à l'abri, entrepôt d'objets utiles.
se fût étendu, à l'époque de César, sur la Gaule tout entière, nous trouverions encore une bonne partie du vocabulaire de la Basse-Bretagne dans les patois du Limousin et de T Auvergne, du Languedoc et de la Provence. Le mélange de quelques mots latins avec le langage indigène aurait produit un bas-breton la^
Parmi les noms d'hommes nous citerons comme rentrant dans les patois méridionaux :
Orgetorix, qui vient de horo jeto, qui jette dehors, qui expulse les étrangers; rix, chef, riche, puissant
Divitiac pourrait bien venir de debisia, debisa, parler, deviser, homme éloquent, beau diseur.
Lise, de lis, poli, agréable, courtois, sans aspérités.
L'étymologie du mot sénat est plus caractéristique* Le verbe patois sena^ faire un signe de la tête pour affirmer ou repousser, est si justement applicable à une assemblée déli* bérante quMl est bien difficile de ne pas le considérer comme l'origine de sénat. Chez nous, le mot parlement no vient-il pas de parler, discuter ; parlement, lieu où Ton discute. Or, il est incontestable que César trouva le mot sénat en usage dans la Gaule, et qu'il ne Ty apporta pas de Rome. Le Conquérant emploie cette expression dès le début des Commentaires, pour désigner les assemblées officielles des Gaulois, qu'il parle soit du sénat de Reims, soit de celui des Éduens. Cependant, quand il s'occupe des institutions gauloises, il ne manque pas de les désigner par leur nom indigène, qu'il s'agisse des druides ou des bardes^ des solduriens ou des vergobrets (juges, magistrats). Si les réunions politiques avalent porté un autre nom que celui de sénat. César se serait bien gardé de le supprimer, pour le plaisir de confondre ces réunions de Barbares sous le môme nom que l'auguste sénat qui siégeait au Capitole.
Le mot bagaude, qui joue un si grand rôle dans l'histoire, est d'une origine tout aussi nettement patoise. Il vient de baga, n'avoir rien à faire, courir, vagabonder, baguenauder, deux verbes devenus français, dans lesquels le radical baga se retrouve tout entier.
tinisé, au lieu de former ces langues romanes qui s^étendent depuis le royaume de Valence jusqu'à la Vénétie.
Nous ne contestons pas, assurément, que la longue domination des Romains dans la Gaule, dans le midi surtout, ait exercé une certaine influence sur notre langue celtique-^ quelle ait fait passer un grand nombre de mots latins dans les patois; mais ce mélange a-t-il produit une langue tout entière et fait disparaître complètement la primitive? C'est l'opinion de M. Fauriel [Histoire de la Gaule mé9ndionale)\ il assure que le gaulois est complètement perdu et qu'il n'en reste pas de traces (t. I, p. 433). Une pareille révolution serait bien inexplicable, bien contraire à ce qui s'est passé partout ailleurs. Dans le midi de l'Italie, le latin ne put parvenir à détruire la langue osque qui se parlait encore à Pompéia au moment de la destruction de cette ville. Dans la Grèce, la domination romaine, la domination turque ont respecté la langue d'Homère et d'Aristophane, qui n'a reçu d^autre atteinte que celle que le temps fait subir à toutes les créations de l'homme. Toutes les invasions dont la Grande-Bretagne a été le théâtre n'ont pas réussi à anéantir les débris des langues galloises, qui sont devenues l'objet de tant de précieuses recherches. Le midi celtique de la Gaule seul aurait perdu jusqu'à la dernière trace de sa langue primitive, et cela depuis le troisième siècle de notre ère, où Sulpice Sévère nous assure, de la manière la plus catégorique, que l'on parlait encore soit celtique, soit gaulois ! Ce résultat serait d'autant plus étrange que le sud de la Gaule a été la partie de l'Europe la moins troublée par les invasions : les Francs y ont à peine paru deux ou trois fois, les
Arabes n*y ont eu que des établissements éphémères. A l'époque de la guerre des Albigeois, toute l'autorité politique appartenait encore aux anciennes familles gallo-romaines.
Dans le cinquième siècle, prétend M. Fauriel, l'usage du latin était général. « Cet idiome était dès lors celui de la masse de la population s:auloise; » il appuie cette opinion sur les sermons et les homélies de plusieurs évèques, dont un grand nombre « portent en euxmêmes la démonstration qu'ils furent composés pour être récités, non devant la classe lettrée, mais devant la masse du public chrétien, comprenant sans distinction tous les rangs de la société. Il y a plus, ajoutet-il, plusieurs de ces allocutions chrétiennes, faites pour être adressées au gros de la population des villes, sont des opuscules fort travaillés, où l'on sent que l'auteur a voulu faire parade d'élégance et d'érudition, et qui, pour être compris à l'audition, exigeaient une intelligence assez étendue du latin et une grande habitude de l'entendre. »
Il ne manquait plus que cela ! on va faire de tous les Gaulois de cette époque un peuple de rhéteurs et de grammairiens. M. Fauriei ne voit-il pas que l'élégance même de ces discours prouve incontestablement qu'ils étaient destinés à un auditoire d'élite, à la partie la plus instruite de la population. Il cite un sermon de Sidoine Apollinaire prononcé à Bourges ; mais Bourges était une ville importante qui pouvait fournir un nombreux concours de littérateurs et de clercs. Si tous les Gaulois du cinquième siècle avaient compris et parlé élégamment le latin, le Concile de Tours, de l'an 813, aurait-il prescrit à chaque évêque de faire traduire ses homélies en langue tudesque ou
en langue romaine rustique, afin de les mettre à la portée du peuple (1) ? Sidoine Apollinaire nous diraitil dans une de ses lettres que la noblesse d'Auvergne, la noblesse seule, commence à déposer la croûte du langage celtique (lettre m, livre III) ? Ausone luimême avouerait-il naïvement que son père, médecin à Bazas, parlait très- mal le latin? Si le latin avait été la langue générale, usuelle, des Gaules, enfin, la loi romaine aurait-elle admis, comme le rapporte Ulpien, que le gaulois pouvait être employé dans les testaments (2) ? Que dirons-nous encore 1
Dans le sixième siècle, un médecin de Bordeaux, Marcellus, conservait dans ses formules médicales leurs noms gaulois à plusieurs plantes, dit M. Roger de Belloguet dans son ethnogénie gauloise. Le poète Prudence rapporte qu'au cinquième siècle, les chants des bardes étaient encore en lutte avec les chants chrétiens; saint Jérôme comparait l'idiome des Calâtes d'Asie à celui des habitants de Trêves : Galatas propriam linguam eamdemque pêne kabere quam Treviros, nec re ferre si aliqua exinde corrupertnt. Fortunatus et Grégoire de Tours citent de vieux mots gaulois qu'on n'avait pas cessé de parler. Saint Irénée de Lyon se plaint de l'idiome barbare qui retentit autour de lui. Nous devons indubitablement conclure de ces documents divers : que le latin fut la langue savante, la langue officielle de la Gaule, depuis César
(1) Nous appelons rattention du lecteur sur cette langue romaine rustique, qui ne peut être que la langue patoise du midi et nullement le bas-breton, car celui-ci n*a jamais fait parti des langues dites romanes.
(2) Fldeicommissa quoque sermone relinqui possunt ooniolum latina val greca, sed etiam punlca, vel gallicana (Digest).
jusqu'au cinquième siècle, comme le Français l'est devenu depuis le seizième siècle dans la France en* tière... Chaque jour des prédicateurs prononcent des sermons français dans les villes situées entre Bayonne et Nice, entre Perigueux et Saint-Flour ; concluera-ton de ce fait que la langue de T Académie est seule en usage dans le midi, que les patois n'y existent plus?... Le Père Hyacinthe et le Père Félix font incontestablement à Toulouse et à Marseille ce que faisait Sidoine Apollinaire à Bourges, ils prêchent dans la langue savante de leur temps, devant un auditoire choisi, pendant que les prêtres des faubourgs et des villages prêchent en patois devant l'immense population ouvrière et agricole.
Le dernier argument que M. Fauriel puise en faveur de l'universalité de la langue latine dans l'usage et la popularité du théâtre, n'est pas moins frivole. Pourquoi donc le peuple aurait-il eu besoin d'entendre le latin et de le parler pour aimer des jeux scéniques qui se bornaient à des farces^ à des bouffonneries dramatiques^ toujours très4ibres et souvent indécentes outre mesure?... ajoutons qu'elles étaient généralement mimées et que rien n'indique enfm qu'elles fussent dites en latin plutôt qu'en langue vulgaire. M. Fauriel oublie qu'il a constaté lui-même, dans le provençal, l'existence de trois mille mots complètement étrangers au latin. Trois mille motsl c'est un contingent sérieux, et dont il faut tenir compte. Il y a là de quoi former une langue élémentaire assez complète ; que sera-ce lorsqu'on y ajoutera quatre cents mots puisés dans le gascon, quatre cents dans Tauvergnat, quatre cents dans le languedocien et le limousin !...
Que serait devenu ce latin d'un usage si universel^
dont parle M. Fauriel? comment aurait-il disparu complètement du midi de l'Europe ? pourquoi ne serait-il pas resté la langue populaire aux septième, huitième, dixième siècles, comme on prétend qu il Tétait au troisième et au quatrième ! il fallait bien qu on parlât une langue enfin dans ce midi de l'Europe, dont la population est moins disposée que toute autre à observer un silence absolu. On reconnaît cependant que le latin cessa d'être la langue parlée, dès les cinquième et sixième siècles ; il ne fut plus que la langue officielle des jurisconsultes et des savants. Quand les poésies provençales, italiennes, catalanes se réveillèrent elles eurent à leur disposition une langue toute différente; d'où serait sortie cette langue, si ce n'est du sol national lui-même, des entrailles de la population gauloise , où elle s'était conservée à travers l'invasion romaine ?
Un fait si général, si capital, n'est-il pas la condamnation du système de M. Fauriel? ne nous conduit-il pas à conclure, l'* que le latin ne fut jamais en usage en dehors des hautes classes gallo-romaines ; 2« que le peuple le connut très-peu dans les villes, pas du tout dans les campagnes, et qu'il ne cessa jamais de parler celtique ; 3° qu'à la chute de l'empire romain, les lettrés finirent à leur tour par en perdre l'usage, et que, de cet oubli du latin, naquit pour eux la nécessité de reprendre l'ancien idiome celtique, et de parler comme avait toujours parlé le peuple ? la renaissance et la prospérité des langues romanes n'eurent pas d'autre cause.
Il existe, d'après M. Fauriel lui-même, dans les patois méridionaux, une couche linguistique n'ayant rien de commun avec ce latin qu'il prétendait être la
)gue universelle de toute la Gaule. De là découle
Il ! distinction, faute de laquelle les romanistes de
école de M. Reynouard sont tombés dans la plus
iheuse des confusions : c'est qu'il y a deux dialectes
i:en différents et d'origine tout opposée dans les lan-
i romanes : l'un formé de mots latins complets
modifiés; l'autre formé de mots étrangers à cette
gue, mots évidemment indigènes et celtiques ; si
1 que toute pensée peut être exprimée de deux
lières : en patois latinisé, et en patois celtique pri-
:if. Ainsi, nous pouvons bien dire avec Reynouard
le psiiois prengue (saisir), vient du latin prehen-
e, que dents vient de dens^ dentis^ dent; cage de
dere, tomber, gracions de graciosus^ gracieux ; mais
à quelle langue fera-t-on remonter hapa^ arrapa, sai-
rir, gaougnos^ dents, espatarna^ tomber, esmerït,
beziat^ agréable, gracieux? incontestablement à la
langue originelle, à la langue véritablement celtique.
(l) A l'appui de notre opinion, nous allons donner deux fragments de ce qui nous paraît avoir été un dialecte celtique primitif. Nous prierons les successeurs de M. Raynouard de les traduire à l'aide d'étymologies latines.
Aquet mahutrede hacou, aquet manarrou échareat s'en tournée d'arbaja lou heromey et lous aoujames dous bareits et dous ahoureches; que s'ataoulec d'aouant un payro de frapo et de tripaillo, et se boutée a galapia, courao uo landarro aganido. La souo noro, hélécadeto, que se bouto aou guigna et à Tescarni en sarrougagna las urpos, coumo Taoute s'empifraouo la garlamèro : loumahutre, raoujous coumo uo sernaillo escouado, que houriipo un moussec tout de tra« oués, sen ahico, et de bijarre s'arringo lous peous, s'esgarraoupio las machèros, s'esperreco las garramachos et la biaoulo; que arréraoulio ataou madich que uo turano, brounich ataou madich que uo hourouno ; machuco et batano lou sousté à cop de bibalos et de toucadéros; gaho lous quate-
Si les considérations que nous venons de préseï ne sont pas assez concluantes pour faire adopter c et déjà notre opinion sur T existence de deux la gauloises , nous espérons du moins qu elles \ tront assez sérieuses pour que les amis de nos antiq nationales appellent de tout leur pouvoir le moi où les philologues français ne se borneront plus étudier les langues celtiques dans les savantes re ches faites par les Anglais sur les patois de leur ps mais où ils entreprendront à leur tour Tétude des | tois romans. Il est regrettable et peut-être hou pour la France, qu'elle ne puisse pas placer à côté travaux d'Owen, de Malmesbury, de Myvyrian, Walter sur le gallois et le gaélique de la Grande-Bre-
pé-juB, et ba s'esparna coumo un matebou, et un pipaovti aou bet mieitan d*un chacarné de licher, aoun s^enlimparei de barde coumo un esgripi amourrou.
Essayons de raconter une expédition de Vercingétorlx ÔM le même idiome, il se rapproche beaucoup plus assurément de celui que parlait le héros arverne que le dialecte de Vannes ou du pays de Galles.
Hèro chioglous de lugras piroucaouon per las hemereUti dous crums. Lou perigle que rounaouo per las cou mes ataM madich qu'un taouan enraoucat, lous eslambres qu^acUre» jaouon lasserrados et lous artigaous. Vercingétorlx, csmeri coumo un pout, qu'apero uo magagno de goigats cabih(^ et de capcasales, per manigança caouco desbarrataden d^enemics, en lous tene escrepets et matolos. Sous coumpajs gahon sengles muls : tapé qu'y soun acraouats, se hicon p6r uo camirato, mes rosto qu'uo paret guerlo de bielloml; traouesson pelegagnèros usclados peou caoumas, et baricaow encrumados de broumos, et s'alargon loui dous barata de Gergovia.
En caoucos camados, atteignen un bosc de bers, de car^ pous et de taousis, tout enlinparrat de geyros, et d^agreouSi de broc et de bidaouguéros, coumo un caneba de bragadlii
le, des études analogues concernant les dialectes de provinces centrales et méridionales 5 c'est de la mparaison de ces diverses recherches que pourrait ir, nous en avons la conviction, le jugement en nier ressort de la grande question des langues gau- ). Tant que ce travail ne sera pas complété, on tra un des côtés de la question, on ne les contra pas tous. I Nous faisons donc les vœux les plus ardents pour ifae nos compatriotes se décident à vouloir sérieusement connaître les documents qui existent chez eux, -fin lieu d'étudier avec une admiration exclusive ceux
. lalaouas dedelaje, qu, aouo helt chumi touts lous mouracs :
ibranas que chistraouon d*aigo coumo uo semaou esbre-
lo, lous hangassas, queron touts caoumits de petits
iz, que lous pérlcaouon las cames,
Yercingetorix tiro tout lis dret aou turoun dous Roumis,
ucats sou tepè, coumo un matoc de tachous seou souste
cassoulère querado. Arribats aou lioun de las baricaous
mturoun,etdetras loustapsde las moutassos, lous coumpays
»n d*aoubardo et se bouton a minja d'eou chou, a puja
l , ataou madich que sangles gats arrapats decouotro
irouch de haL Lous roumis, orbs coumo bouhos, et,
I oumits coumo landarros n'aougichen arres, et ne se tour-
\ pas mes que se lou hourouhou chioulaouo.
vercingetorlx, et sous coumpays gahon sengles malUucs, sengles marransaus et garrots, hounen coumo Testouret, ou lou perigle, sous Roumis touts espalandrats, Trucon praci, tracon praqui, esglachon caps et muscles, dessouquon bentrescos et ancassés, écharréon laûn, escouéchon l'aonté; tail^ lucoo car, esbricaillon osses, esparrlcon cerbets, embesson mes de sang qu^un quillard, toutes las canères alandadados, n^enbesso biu ; et tournen, teuts emerits, de glerio s'ontuta ésgœna lou turoun de Gergovia, coumo haginats sadouts d'aoué escanat uo cloucado de perrotz et de guitSé
que lea iiaiiuiis vui?)iu»3» uui ic uuu capriL ue reci
chez elles. Que chacune de nos provinces ait se gonidec, son de la Villemarqué, et l'on sera b convaincu que toute la sève de la vieille Gaule ne pas retirée dans les rochers de la Basse-Bretagi rirlande et de TEcosse, mais qu elle circule e dans chaque département, dans chaque caoK l'Empire.