‹ Histoire du caractère et de l'esprit français depuis les temp les plus reculés jusqu'á laChapitre 9 sur 31 · LA GÂIETJÊ DES GALLO-CELTES · texte numérisé non relu

LA GÂIETJÊ DES GALLO-CELTES

Ce n'était pas dans les mouvements du corps seaement que les Gaulois montraient une souplesse mer* veilleuse; ces qualités se reproduisaient dans h domaine de Tesprit; Télasticilé des membres se combinait avec la subtilité, la pénétration de Tintelligence, et ces éléments fondamentaux s^embellia^ salent d'une intarissable gaieté et du plus aimable caractère.

Tous les historiens s'accordent à présenter les Gaulois comme de beaux diseurs, doués d'une habileté sans égale, dans les luttes de parole. Aussi Justin a-t-il pu dire : que la civilisation et les études grecques jetaient un si grand éclat sur les hommes et sur les choses de la Gaule, qu'on aurait cru, non pas que la Grèce avait émigré dans cette région, mais que la Gaule avait été transportée dans la Grèce. Ce râniliat

enfants et les femmes sur la colonne des parties prenantes. Antigone se récria. « De quoi vous plaignez-vous^ repakirent les mercenaires, ces individus ne sont-ils pas aussi des Gaulois. » La délicatesse aurait lieu de se croire offensée de cette façon d'interpréter les contrats si les nations modernes les plus civilisées ne donnaient un verdict d'acquittement aoz barbares dMl y a vingt siècles, en se permettant de nos Jours des licences tout aussi hardies. La jurisprudence des Gaulois du Bas-Danube a remonjté peu à peu le cours de ce grand fleuve, et Ton pourrait citer mainte circonstance où les diplomates chrétiens ont mis en pratique des interprétations d*une moralité tout aussi contestable.

le doit pas nous étonner; le goût du barreau, des combats de tribune était une suite directe do Thumeur [uerelleuse de cette race guerrière et agitée. Les ixpéditions terminéesi elle employait aux escarmou- ;hes de parole, l'agilité d'esprit qu'elle avait modrée dans les batailles sous forme de rapidité et d'aion musculaires. La nation gauloise aimait pasnnément deux choses, dit Gaton l'ancien ; bien comtre et finement parler {argitte loqui) ; elle se laissait ornent persuader de l'utilité des études, ajoute rabon , et y appliquait attentivement ses facultés (1).

Le Gaulois ne consacre pas tout son esprit ob- *vateur et pratique à hérisser de subtilités orax>ires les questions litigieuses, il fait servir l' analyse et l'investigation à étudier les phénomènes de A nature; il découvre des procédés chimiques et physiques de la plus grande portée. Les Bituriges inventèrentl'artd'étamer; les Eduens -celui de plaquer, procédé que les ouvriers d'Alesia employèrent plus particulièrement à orner les chars et les harnais. Ils perfectionnèrent le tissage et le brochage des étoffes ; en agriculture, ils firent usage les premiers de la charrue à roues, du crible de crin (2) et du marnage des terres ; ils fabriquèrent de la bière d'orge, appelée cervoise (Gervisia), de l'hydromel, et, chose plus impor* tante, des vins de qualités aussi variées que supérieurres. (Pline, I. XI ch. xux ; 1. XVIII, ch. vi, vu, viii.)

(1) Cette appréciation concerne les Celtes) des environs de ta Méditerranée et non point tes Gais des rives de l^Océam (9) Ka Gascon 5«f(».

La bière appartenait à T Armorique et à la Belgique ; le vin était le produit privilégié de la zone méridionale. Prenons acte de cet usage du vin remontant aux époques les plus anciennes. Si la consommation delà bière convient aux caractères froids et un peu lents, aux mœurs grossières et violentes des Galls du nordouest, celle du vin s'harmonise à ravir avec l'esprit pétulant et satirique, fanfaron et léger, avec le caractère impressionnable, ardent, sans rancune des Gallo- Celtes. Tous les traits que les moralistes leur attribuent» tous les événements que l'histoire leur applique seniblent une conséquence naturelle de l'action de cet aliment capiteux, subtil, pétillant, qui ciixule dans les veines avec la rapidité de Télincelle, pénètre dans les ressorts les plus secrets du cerveau, dans les fibres les plus délicates, et assure le jeu de cette double activité que nous avons signsdée tout d'abord : agilité du corps^ agilité de Vintelligence.

Quand on consi ère cette audace poussée jusqu'à la témérité, cette soif de périls qui présente la mort environnée de gloire comme un avant-coureur du triomphe du ciel ; ce besoin irrésistible d'aller loin du pays natal, de remplir le monde du bruit de sa renom* mée, encore plus que de le conquérir; quand on examine cette insatiable curiosité de voir et d'appi^endre, de rencontrer des diflTicultés et de les résoudre ; cette fierté envers les égaux et même envers les dieux ; ce désir de briller dans les grandes assemblées et de gouverner les masses par le prestige de la parole ; cette promptitude à étudier les choses et les hommes âous des aspects opposés, méprisant aujourd'hui ce qu'on admirait hier, redressant demain le piédestal

qu'on renversait naguère, on est disposé à voir, dans tous ces phénomènes, les conséquences d'un climat capricieux quoique tempéré, fertile en variations rapides et en orages; mais on songe également à l'action irrésistible du vin. C'est à lui qu'on demande compte de cette mobilité des impressions, de ces soubresauts des pensées et des croyances, de cette fermentation cérébrale qui se traduit par les chants, par la gaieté semée d'éclats de rire; c'est lui qui donne aux caprices et aux passions, cette puissance expansive qu'ils n'atteignent jamais chez les races privées de cette boisson privilégiée.

Les Gaulois commencent tous les actes de la vie, même les plus solennels, au bruit des chansons : ils cueillent le gui sacré, ils fondent sur l'ennemi en répétant le bardit particulier à la circonstance.

Nous ignorons si les Druides eux-mêmes psalmodiaient en coupant de leur faucille d'or la plante mystérieuse ; mais il est incontestable que la cérémonie populaire s'accomplissait aux chants de la foule; nous pouvons ajouter que ce chant respirait l'allégresse, et mesurait probablement le pas cadencé des spectateurs . On ne peut guère le mettre en doute quand on songe au gai refrain du Gwe Pan neuf que les enfants du Vendômois faisaient encore entendre il y a peu d'années, et plus encore au rondeau gascon de la même famille, que nous ont légué nos ancêtres (1). Le vieux refrain de nos chansons ô guél ô gué! n'a pas certainement d'autre origine que l'exclamation primitive :

(I) La Guilouné, publiée d'abord dans la jRevMc rf'A^iii7ame, année 1857, Ta été de nouveau dans nos Chants populaires de la Gascogne on 1866

ô gui! Ôgui (1) I invocation à là plante céleste dont la découverte était un gage de bonheur, de belle récolte et de prospérité (2). Aussi la cueillette du gui était-elle l'époque des réjouissances publiques, des danses, de réchange des étrennes (3) . . . Des chants fredonnés à la gloire de la création et de la nature, passons à ceux qui retentissaient en face de la destruction et de la mort Les peuples de Tâge héroïque ou barbare, tombent ordinairement sur l'ennemi en poussant des cris et des hurlements, pour élever leur valeur jusqu'à la férocité ; les Germains qui envahirent Tempire criaient aussi ; les Cosaques modernes crient et hurlent. Les peuples civilisés : Grecs, Égyptiens, Romains, avaient une tout autre manière d'envisager les terribles chances des combats. La perspective de la mort n'est jamais rassurante; l'homme éprouve le besoin de s'exciter un peu avant de la regarder de près ; l'encouragement que les barbares cherchaient dans les cris, dans le bruit, les Romains et les Grecs

(1) Nous sommes bien tentés de croire aussi que les refrains qui ornent les couplets de nos vieilles chansons, et dont la signification ne correspond à aucun mot de nos dlctfonoairet, ont également une origine gauloise. Gomment BappoMr,en effet, qne des poètes eussent été assez insensés pourinveoter des mots qui n'auraient jamais eu de sens dans aucune laogua

(2) Le gui paraît tenir sa valeur symbolique de ce quMl naît et se nourrit sur le chêne, sans rien emprunter au sol. Il est le produit direct de Tarbre qui représente la force et ne doit rien qu'à lui.

(3) Les étrennes données à Tépoque de la cueillette du gui, dit Ampère, portaient, dans le Perche, le nom d^éguilas; dans le Ghartrain, celui (i*éguitabUs ; dans la Normandie, celui d'^ quinètes, ou aguinètes; à Dreux, celui ù'éguy la neuf.

le demandaient à l'invocation des dieux ; ils offraient des sacririces, ils consultaient les augures ; ces devoirs accomplis, ils mettaient leur fierté à observer un silence solennel au moment de se lancer dans la mêlée. Les Gaulois au contraire, ceux du sud-est tout au moins, n'avaient pas recours à ces actes religieux ; ils ne demandaient d'appui qu'à leur courage, ce qui jetait dans la plus grande surprise les historiens de l'antiquité (1).

Un moyen de se préparer au combat, qui n'appartient qu'à cette race, c^est de chanter. Les auteurs grecs et romains ne racontent jamais une de leurs batailles sans le constater avec surprise. Durant la première expédition des Gaulois conti;e Rome, lorsqu'ils rencontrent l'armée romaine à l'embouchure du Tibre et de l'Allia, Tite*Live nous dit qu'ils entonnèrent leurs chants de guerre (2). Plus tard, lorsqu'ils sont campés sous les murs du Capitole, et que la ville redoute un assaut immédiat, une nouvelle terreur saisit les romains t u ils ont entendu leurs cris et leurs chants de guerre (3) .

(i) Lorsqu'ils envahirent la Grèce, sous le général athénien Callipe, Pauianias fait observer qu'ils attaquèrent les défilés des Thermopiles au lever du soleil, sans avoir consulté les prêtres Gaulois, ou les devins grecs, sur le succès de la bataille. (Pausanias, X. p. 6/i8.)

(2) Jam omnia contra clrcaque liostiuui plena erant, et nata in vanos turaultus gens, truci cantu damori busqué variis borrendo cantu compleverant sono. (L. V, ch. xxvii.

(3) Ululatus cantu^que, dissonos, vagantibus circa mœnîa turmatim barbaris, audiebant. (Tite-Liv. I. V, ch. 2xix.)

Ne soyons pas étonnés si les Romains trouvent ce chant peu harmonieux, ululatus; il devait naturellement surprendre

Quand les Romains marchaient contre les Cisalpins, en 195, les Gaulois sortirent de leur camp pendant deux jours consécutifs ; ils appelaient l'ennemi à grands cris et l'accablaient de railleries provocantes (Thierry, p. 328).

La satire, la dérision marchaient donc de pair avec l'orgueil national dans ces chants de bivouac qui devaient singulièrement ressembler à ces milliers de refrains que nos soldats ont promenés dans l'Europe entière, depuis la campagne où se distingua Malborough jusqu'à celle de Solferino.

tt Les bardes animaient les guerriers sur le champ de bataille, dit Amédée Thierry, ils célébraient leur gloire après le succès et distribuaient à tous le blâme et réloge avec une liberté que pouvait seul donner un caractère inviolable. )> Si les poètes officiels, faisaient un si grand usage de la satire et de la flatterie, dans les simples rapports de Gaulois à Gaulois, quelle hardiesse ne devait pas acquérir la chanson guerrière dans la bouche des soldats qui bravaient l'ennemi de race étrangère avec l'orgueil d'une exaltation héroïque !... Ce n'est pas l'armée seulement qui chante en chœur, c'est le Gaulois pris isolément lorsqu'il provoque l'ennemi en combat singulier ; il ajoute même la danse et la pantomime au chant, et se li* vre à des gestes qui rappellent les gamineries de nos enfants de troupe. Le Gaulois géant qui défia Manlius sur le pont de l'Anio possédait le goût de la plaisanterie à un degré peu ordinaire; bien qu'il fût d'une naissance illustre, comme l'indiquaient

un peuple habitué à observer le plus grand silence au moment d'en venir aux mains.

son collier d'or et ses bracelets, il s'était mis complètement nu, brandissant deux sabres au-dessus de sa tête , riait , dansait , et se livrait aux contorsions les plus excentriques ; pour dernier signe de mépris enfin, a c'est un trait que les anciens ont cru digne de mémoire, dit Tite Live, il tirait la langue par raillerie, s Manlius se promet de montrer à cette brute, qui gambade insolemment (1) devant les enseignes, ce que c'est qu'un descendant du héros qui renversa les Gaulois de la roche tarpéienne; il marche vers le provocateur qui devait chanter aussi, car l'historien romain faisant l'éloge de Manlius, met son calme en opposition avec l'agitation du barbare, en disant : u point de chant, point de bonds, point de vaine agitation de ses armes. » La gaieté celtique ne fut pas cette fois un gage de victoire; le Romain, ferme et mesuré dans son calme, renversa le guerrier sautillant et badin ; il lui plongea sa courte épée dans le ventre.

Peu de temps après, nouveau duel, dans des circonstances analogues I Au moment où les deux armées étaient en présence, un Volsque provoqua les Romains (2) . Valérius répondit au défi. Ce combat offrit une particularité singulière : un corbeau, se perchant sur le casque du Volsque, lui déchirait les yeux, les mains et le visage ; ce qui favorisa si bien l'attaque de Valérius qu'il eut bientôt terrassé son adversaire. Ne

(1) Quando adeo ferox prsesultat hostiumsignis. (Tite-Live, 1. VU, eh. X.)

(*2) Tite-Livefait observer que c'était toujours à cette tribu incorrigible que les Romains avaient aft*aire. Les Voisques sont devenus les Languedociens.

crions pas au prodige, comme Thistorien de Rome, à la vue de cet oiseau.... Ce prétendu messager des dieux, n'était-il pas un corbeau privé que le Gaulois avait, par surcroît de bravade, attaché par la patte au cimier de son casque, et qui, tracassé, surexcité par le bruit du combat, oubliait son calme naturel et frappait son maître à coups de bec, pour Tobliger à rompre la corde qui le retenait sur un perchoir aussi désa* gréable que dangereux? N*a-t-on pas vu de nos jours les descendants des soldats des bren marcher à r attaque de Malakoff et de Solferino^ en portant un singe, un chat, un petit chien attaché sur leur sac de C9.mpagne? Les habitudes sont vivaces parmi les hommes du peuple ; la mode ne les atteint pas de ses caprices aussi rapidement que celles des hautes classes de la société : tel mot d'argot , tel usage excentrique du gamin ou du petit berger, remonte parfois en droite ligne, par les voies séculaires de la tradition, aux époques les plus reculées de notre histoire ; on trouverait d'intimes ressemblances entre les manies des Gaulois primitifs, et les plaisanteries des bourgeois, des ribauds et des mercenaires du moyen âge.

Quels hommes étranges que les Celtes I ils font tout en riant I. . . La guerre, la danse, la mort» les jeux sont pour eux un même sujet de plaisanteries 5 l'éclat de rire est leur moyen oratoire par excellence ; il accentue leur péroraison comme leur exorde, et peu d'adversaires peuvent y résister.

Lorsque l'armée de Belg pénétra dans la Grèce, le bren fit sommer le roi Ptolémée de lui payer une forte rançon, s'il voulait racheter ses états, du pillage et des autres conséquences de la guerre.

Les Macédoniens furent assez étonnés de l'audace de ce langage; le roi, s' abandonnant à toute sa colère, déclara aux ambassadeurs Gallo* Celtes que, s'ils vou-. laient obtenir quelque concession, ils devaient d'abord déposer les armes. Ce discours royal n'avait rien de singulier en lui-même, cependant les Gaulois étaient si disposés à prendre les choses les plus graves du côté plaisant qu'ils Se mirent tous à rire (1) et déclarèrent à Ptolémée qu'il ne tarderait pas à reconnaître si c'était la crainte ou la pitié qui leur avait inspiré ces propositions pacifiques. Cet éclat de rire fut leur déclaration de guerre ; ils envahirent la Macédoine, enfoncèrent la terrible phalange, et Pto-* lémée lui-même périt dans le combat. Selg avait l'humeur tout aussi rieuse que ses officiers; de retour dans la Gaule, après cette première expédition, il recrute d'autres volontaires et va les chercher jusque dans le pays des Boïens. Pour mieux réussir dans son entreprise il mit en usage un moyen assez original, qui devait séduire les Gaulois par l'attrait de la raillerie : il leur montra plusieurs prisonniers ma^ cédoniens dont la laideur, les difformités et la tête complètement rasée contrastaient avec la longue chevelure, la taille élégante et svelte des Gaulois ducentre : a voilà ce que nous sommes, disait^ il, grands, forts, nombreux; voilà ce que sont nos ennemis. » Et le bren peignait en termes expressifs accompagnés de gestes de mépris, la chétive popuku tîon grecque qu'ils auraient à combattre* (Thierry, t. I, p. \hh.)

(1) Renunciata legatione risere Qalli-Justin L. XXIV, ch. v.

Quant Annîbal quittait l'Espagne et se dirigeait vers ritalie avec l'intention de détruire la puissance romaine, la République envoya des députés chez les Gaulois du Roussillon pour leur proposer un traité d'alliance. Admis dans le Sénat indigène, les ambassadeurs vantèrent la puissance et la gloire de Rome, et engagèrent. ces sénateurs aux longs cheveux à prendre les armes, afin d'arrêter les Carthaginois au passage. La proposition parut si étrange aux auditeurs qu'ils poussèrent un grand éclat de rire, et toute discussion fut interrompue. Les Gaulois se tordaient sur leurs bancs ; les vieillards qui les présidaient eurent beaucoup de peine à ramener le calme et le silence.

Plus tardenfin, lorsque les Ambro-Teutons passaient devant le camp de Marins, dans les environs d'Arles, ils plaisantaient les Romains sur leur inaction et demandaient gaiement s'ils n'avaient rien à faire dire à leurs femmes. Us allaient à Rome, ajoutaient-ils, et se chargeraient volontiers de leurs commissions pour elles (1). Or ces Ambrons étaient des Gaulois de l'Helvétie^ et les Teutons comptaient dans leurs rangs beaucoup d'autrea hommes de la même race qui s'étaient joints à eux pendant leur séjour dans la Gaule.

La bruyante gaieté des Gallo-Celtes n'avait- elle d'autre résultat que dé leur procurer des moments agréables et de provoquer parmi les philosophes de l'antiquité des doutes sérieux sur leur bon sens? cette disposition naturelle n'exerça*t-elle pas au contraire une influence sérieuse sur leur organisation , leur destinée sociales? C'est ce que nous allons examiner.

(1) Plutarque, in Mario,

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