‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 104 sur 219 · AUTOUR DE .MONACO : LA TUHBIE · texte numérisé non relu

AUTOUR DE .MONACO : LA TUHBIE

seu retournent à Toulon, car elles n'ont plus de vivres, le vice-amiral est sur le point de détruire toutes les galères du Roi Catholique, au milieu desquelles un brusque coup de vent l'a jeté, mais dont, une fois de plus, un fatal calme plat farorise la fuite. Il n'y a plus qu'à rentrer à Villefranche.

L'on y trouve les ordres du Roi, qui sont de rendre inutile le port de Monaco par la construction d'un fort. Il était aisé d'utiliser, à cet effet, le monument antique de la Turbie, élevé par les Romains en l'homieur d'Auguste. Le moyen âge lavait mué en ouvrage défensif. Mais le duc de Savoie le revendiquait. Comment y mettre les dix compagnies de gens de pied que Sourdis prétend y établir, quand le Savoyard a déclaré à M. d'Hémery que « le fort de la Turbie est une simple tour, dans laquelle il ne vient ordinairement que huit ou quinze hommes de garnison, au bas de laquelle il n'y a que quatre ou cinq maisons... Tout cela ensemble n'est pas capable de loger cent hommes (1) ».

Ce que Richelieu a bien plus à cœur, c'est la prompte conquête des iles. L'escadre du duc de Ferrandina ne pourra tenir indéfiniment dans le Frioul (le bras de mer qui sépare les deux iles), le mauvais temps l'en chassera (2). Il faudra profiter de ce départ. Les lettres de la Cour commencent par un Delenda Carthago de plus en plus pressant; de Chantilly, Louis XIII écrit, le 20 novembre, « qu'il a cette affaire grandement à cœur»... De Rueil, le 3 décembre, Richelieu mande : «Je suis extrêmement étonné du retardement que l'on apporte... » Et, le 4,Subk't de Noyers traduit ainsi le sentiment unanime : « Enfin la longue attente de l'attaque des iles nous fait perdre patience (3). »

Le cardinal ne connaissait pas encore le coup de théâtre qui s'était produit à Cannes, le 21 novembre 1636, alors que les troupes étaient rassemblées pour l'embarquement. Au coui*s d'un conseil de guerre tenu au château, une querelle avait éclaté entre d'IIarcourt et Vitry; Sourdis intervenant, puis regagnant

(1) Correspondance d« Sourdis, t. I, p. 121.

(2) Ibidem, t. I, p. 117.

(3) Ihidem,i. I, p. 185-189.

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