SOURDIS FRAPPE PAR VITKY
sa place, est bientôt rejoint parle maréchal eu fureur, qui le frappe du jonc qu'il tient à la main, le traite de cagot, de bréviaire et s'entend lépondre par l'archevêque impassible : « Gela ne nous empêchera pas de donner aux lies et, quand cela sera fait, nous aviserons à ce que nous devrons faire (t). »
Quelques jours plus tard, deux plis cachetés aux armes de Richelieu furent remis aux deux « incompatibles ». Le premier de ces écrits apportait à M. de Bordeaux les condoléances du cardinal : « Il me sembla être tombé des nues, quand je vis votre lettre, ne pouvant croire qu'un homme soit si perdu de jugement que de commettre la faute que vous me mandez être arrivée en votre personne. » Le second pli morigénait le ftiaréchal : « Il est si peu croyable qu'un homme de votre profession ait voulu offenser M. de Bordeaux, comme on dit que vous avez fait, que, si je vous avois vu commettre actuellement cette faute, je ne saurois me le persuader (2) ». Les sentiments d'affection que le cardinal disait éprouver à l'égard de Sourdis n'empêchaient point Son Émiiience de se souvenir que, deux ans plus tôt, l'archevêque, par son humeur peu accommodante, s'était attiré les coups de canne du duc d'Épemon, aussi emporté que lui. Au besoin Ghavigny eût rappelé à Richelieu les scènes déplorajjles qui avaient scandalisé Bordeaux : « Je crois, disait-il, que M. de Bordeaux a dessein de se faire battre de tout le mdnde pour remplir la France d'excommuniés (3). »
Lorsqu'on sut à la Gour, vers le 20 décembre, « qu'il ne falloit plus rien espérer de l'entreprise des îles », le Roi écrivit à larchevèque : « Il n'y a point d'excuse recevable. » Le Roi ajoutait, il est vrai : « Je veux réserver d'y donner mon jugement jusqu'à ce que je sois particulièrement éclairci de tout ce qui s'est passé par delà (4). » Chose qui n'était qu'à demi rassurante pour l'archevêque, dont le cardinal réchauffait ainsi le zèle : « On n'a rien fait pour l'attaque des lies... Geux qui ne vous
(1) Archives des Affaires étrangères, Provence 235.
(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, i. V, p, :09-;10,
(3) Père Griffet, Hittoire du Règne de Louis XIII, t. II, p. T09.
(4) Correspondance de Sourdis, t. I, p. 229.