MONSIEUR ET MONSIEUR LE COMTE
Si le cardinal se félicitait de sa « prudence » ; s'il rendait grâces à Dieu de lui avoir permis de chasser les ennemis du Royaume ; s'il espérait que le ciel lui « accorderoit » son assistance en une cause si juste (l), il savait bien que l'une des premières conditions du succès était l'accommodement de Monsieur et de Monsieur le Comte avec le Roi. Précisément Monsieur avait envoyé l'un de ses gentilshommes dire au Roi que son dessein « était de ne s'éloig-ner jamais de ce qu'il devoit à Sa Majesté ».
Le 23 novembre 1636, venant de Picardie à petites journées pour gagner sa maison de Rueil et se reposant au château de Presles, non loin de l'Isle-Adam, le cardinal avait mandé à Chavigny : « Je suis extrêmement aise que Monsieur soit à Blois et que Monsieur le Comte ne soit point sorti du Royaume. Il faut raccommoder cette affaire avec douceur. Vous avez fort bien fait de ne point faire de commandement à Madame la Comtesse (1), parce que ce n'étoit qu'en cas que Monsieur son fils fût sorti du Royaume, comme nous le croyions tous. Au contraire il lui faut donner toute assurance pour elle et Monsieur le Comte (2). »
Bientôt dans sa délicieuse maison des bords de la Loire, ce
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 728.
(2) Ibidem, t. V, p. 694-695.