SINON MESURES DE RIGIEUK
tenient ni indirectement » mais « serviroit Je Roi de tout son pouvoir ».
Le cardinal indiqua les mesures à prendre au cas où la négociation échouerait : « Il faudra » en ce cas « faire avancer quelques troupes \ers Étampes et vers Chartres, renvoyer le marquis d'Alluye à Orléans et donner assez d'omhrage à Monsieur » pour « qu'il s'en aille d'etfroi, sans qu'il puisse dire qu'on l'ait voulu chasser, dont le contraire paraîtra en ce que le Roi a fait garder les passages pour l'en empêcher. Si Monsieur ne s'en va point et s'il ne veut point s'accommoder, il le faut pousser plus ouvertement et le faire sortir du Royaume, le repos de l'État étant préférable à tout (1) ».
Louis XIII entend ne plus agréer aucun délai, il veut « partir sur le coup pour aller droit à Monsieur ». Toute la diplomatie du cardinal ne fut pas de trop pour « ramener l'esprit du Roi ».
Dans sa lettre de ce 11 janvier, Richelieu avait proposé d'envoyer l'abbé de La Rivière à Monsieur (2). Louis XIII avait répondu qu'il n'y avait rien à faire de ce côté (3) et le cardinal se rangea sans peine au sentiment du Roi (4).
Le Roi s'approche de Blois.
Cependant Gaston abandonnait une Blaisoise, M"° d'Espinoy, pour Louison de Tours, cette « ravissante et triomphante » Louison Roger qui donna le jour au chevalier de Charny et qui, entrée plus tard à la Visitation, y devint la Mère Louise (5). Or, tandis que Caston se laissait aller à son penchant amoureux, Louis XIII quittait Fontainebleau avec ses gardes et la cavalerie dont il avait coutume de se faire escorter. Avant de partir, il avait écrit au cardinal : « Il faut que nous nettoyions le dedans du Royaume cependant que nous en avons le loisir, et que M. le Cardinal do
(1) Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitot, p. 3.'i6-337.
(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, i. Y, ^.ZZl.
(3) Comte de Beauchamp, Louis XIII diaprés sa correspondance avec le Cardinal de Richelieu, p. 290.
(4) Mémoires de Nicolas Coulas, t. I, p. 314-315.
(5) Ibidem, t. I,p. 318-319.