RICHELIEU SATISFAIT
lorsque Bautrii, en compagiiie do M. de La Ferté, aumôniei' de Sa Majesté, vint le prier de prêter serment sur les saints Évangiles, tont se passa le mieux du monde. Le prince « transcrivit et sig-na de sa main le mémoii'e qui lui avoit été envoyé », il jura sur les Évangiles tous les articles qu'il avait transcrits et Taumônier attesta, en bas du mémoire, qu'il venait de recevoir son serinent (f ).
A part soi, Richelieu ne pouvait s'empêcher de constater que le comte de Soissons s'accommodait à des conditions bien moins avantag-euses que celles qu'on lui avait proposées en premier lieu, puisqu'on lui avait, au début des négociations, offert Mouzon. Il ne s'en félicitait que plus d'être venu « à bout de cet accommodement » si difficile et si considérable.
Cependant le cardinal n'oubliait pas tous les bruits calomnieux qui avaient couru le mois précédent, celui notamment d'après lequel le mariage de Monsieur le Comte avec M"" de Combalet avait été l'une des conditions de l'accommodement. Et par une lettre à Chavigny, il prenait soin de démentir ces vilains propos (2).
En cette fin de juillet 1637, d'ailleurs, tous les mauvais bruits s'évanouissaient dans la grande rumeur de ce triomphe de Sedan qui empêchait les Espagnols de « tourner nos armes contre nos propres entrailles » ; et, conmie pour ajouter à l'éclat d'un tel succès, Richelieu était à la veille de lompre un réseau d'intrigues non moins dangereuses, par lesquelles les plus hauts personnages de la Cour s'engageaient dans des intelligences avec l'Espagne.
(1) Mémoires du Cardinal de Hichelieu, éd. Petitot, t. IX, p. 378.
(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 791.