LE ROI INTERVIENT
l appai'teiuent de la Reine au Val-dc-Gràce et d'en rapporter l'inventaù'e. L'abbcsse avait été interrogée (1). L'archevêque, seinblet-il, avait cru devoir avertir secrètement Anne d'Autriche, qui trouva le temps de mettre ses compromettantes archives en lieu sur ou de les brûler. Voilà sans doute pourquoi, désireuse de rester à Paris, elle alléguait que son bagage n'était pas prêt.
Richelieu avait attiré les yeux du Roi sur les allées et venues de M. de La Porte (2).
Ce 10 août 1637, à huit heures du soir, Louis XIII venait à peine d'arriver au château d'Ecouen, où il devait passer la nuit, qu'il adi'essait à Richelieu ces hgnes mystérieuses : «J'approuve votre proposition sur l'afïaire que vous savez; j'envoie Dumont vous trouver pour savoir plus amplement votre pensée sur ce qu'il y a à faire. Je ne crois pas que ce soit riionmie de quoi il est question qui aille prendre les paquets au Vai-de-Grâce pour les porter à celui qui les fait tenir, toutefois il est bon d'y faire prendre garde. Au pisaller l'affaire se peut faire comme vous l'avez proposé; s'il vient après la Reine, comme c'est sa coutume, M. de Noyers pourra écrire une lettre à L'Hostelneau (officier aux gai'des) pour l'assister en cas de besoin dans le faubourg Saint- Jacques (3). »
Le porte-manteau ordinaire.
Le 12 août 1637, au Louvre. La Reine vient enfin de partir pour Chantilly. Son porte-manteau ordinaire ne l'a pas suivie. Il a sur lui une lettre de la Reine que M. de la Thibaudière des Ageaux, gentilhomme du Poitou, qui retourne dans sa province, s'est otiért de remettre à Tours, entre les mains de M""' de Ghevreuse. Sa Majesté s'est contentée de grifïbnner un billet : « étant sur son départ, elle a tant d'affaires qu'elle n'a pas le loisir de
(1) PèreGriffet, Histoire du Règne de Louis XIII, t. III, p. 41-42.
(2) Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitol, t. X, p. 195.
(3) Comte de Beauchamp, Le Roi Louis XIII d'après sa correspondance avec le Cardinal de Richelieu, p. 315-316.