ET I.E PERE CAUSSIN
avant qu'il eût su la route quelle avoit prise (1). » Déjà l'intrépide « cavalière » était montée dans l'un des carrosses à six clievaux que le roi Pliilippe IV avoit envoyés à sa rencontre.
M'"* de Chevreuse, malgré son évasion, est loin d'être la plus maltraitée dans les Mnnoires du cardinal, c De tous ceux qui se comportèrent mal en cette affaire (du Val-de-GrAcc), y lisonsnous, et témoign^'^rent mauvaise volonté au gouvernement pré.sent, il n'y en eut point ([ui allAt si avant que le petit Père Gaussin, qui eut bien la hardiesse, l'imprudence ou la folie de dire au Roi, quelques mois après, que l'emprisonnement de La Porte et la découverte qui avoit été faite des lettres et intelligences que la Reine avoit en Flandre, en Espagne et avec le duc de Lorraine, l'étonnoient infiniment, d'autant qu'il ne savoit comme il étoit possible que le cardinal la traitAt si mal, puisqu'il l'avoit toujours aimée et avoit encore beaucoup d'affection pour elle (2). »
Mais ce n'était pas ce propos du religieux qui excitait surtout la rancune du cardinal : le dénouement du roman d'amour de Louis XIII avait été une occasion saisie par le Jésuite pour miner la politique du ministre. « On avait vu de temps en temps, constatent dédaigneusement les Mémoires, ledit Père s'échauffer de plus en plus à prendre les opinions favorables aux ennemis de l'État et tâcher de les faire réussir avec violence au préjudic du Royaume, que le Roi eût assurément ruiné, s'il eut voulu suivre les bons avis de ce bon petit Père (3). »
(1) Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitot, t. X, p. 227-229. '
(2) Ibdem, p. 206.
(3) Ibidem, p. 213.