‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 136 sur 219 · Î48 LE CARDINAL PREND SON PARTI · texte numérisé non relu

Î48 LE CARDINAL PREND SON PARTI

Mais, en ce début de décembre, neuf mois avant de recevoir ce Ijeau présent obtenu par les prières de M"" de La Fayette, le cardinal ne pouvait plus du tout soullVir le confesseur de la jeune fille. Sans doute connaissait-il déjà les singuliers propos que François de La Fayette, évêque de Limoges, oncle de la no\ice, avait eu l'imprudence de tenir « plusieurs fois à une femme qu'il appelait sa ménagère » : « Quand le cardinal sera ruiné, nous ferons ceci, nous ferons cela, je logerai dans l'hôtel de Richelieu ; c'est un logis qu'il me prépare (1). »

Le confesseur et le R .

(( Sii'e, sachant, il y a près de deux ans, ce que le Père Caussin a témoigné à diverses personnes, que Votre Majesté, tenoit mes services à importunités, j 'attend ois avec grande impatience l'établissement d'une bonne paix, tant parce que ça toujours été l'unique fin qu'elle s'est ])roposée en la guerre, que parce qu'aussi c'étoit le vrai temps justement auquel offrant à Votre Majesté de me rendre misérable pour la rendre contente, je pouvois lui donner la dernière et la plus assurée preuve qu'un sujet puisse rendre à son prince de l'excès de sa passion, »

Cette lettre, semble-t-il, fut écrite le 8 décembre 1637(2). C'est donc à Saint-Germain que le Roi est en train de la lire. Ce préambule, qui trahit le trouble du cardinal, parait bien annoncer une démission, cette démission toujoui*s suspendue. Et en effet, dès la phrase suivante, cette offre de démission se dessine : « Depuis que Votre Majesté m'a fait Ihonneur de me donner, de son propre mouvement, part en l'administration de ses affaires, j'ai toujours fait état de mourir à ses pieds et jamais je n'ai fait dessein de m'éloigner de sa personne. » Et dès la troisième phrase, la ferme résolution est sous les yeux du royal lecteur : « Si ce bon Père a aussi peu connu l'esprit de votre Majesté, qu'il a mal suivi celui de sa règle dans la Cour, je demeure en ces mêmes

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 816.

(2) Voir ce que dit le Père Grifïet sur la date de cette lettre : Histoire du Règne de Louis XIII, i. m, p. H6.

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