‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 141 sur 219 · RICHELIKU ET LE PERE MONOD · texte numérisé non relu

RICHELIKU ET LE PERE MONOD

(( Jusqu'où l'ambition ne va-t-elle pas, quand elle s'est rendue niaitresse d'un esprit religieux? » C'est dans les Mémoires du cardinal que l'on trouve cette réflexion inspirée par Virgile. Elle termine une page fort passionnée où le Père Monod est représenté comme un homme (( s ingérant dans les affaires sans y être appelé », comme un « violent » et un « brouiUon » qui, après avoir « été en quelque estime » auprès des deux derniers ducs de Savoie, avait perdu la confiance du Duc régnant : « La Duchesse même, observe le cardinal, s'en étoit voulu défaire avec passion, pour ce qu'il étoit son confesseur, et avoit supplié le Roi de l'y aider afin qu'il ne semblât pas que cela vint d'elle (1). » Richelieu se rendait compte que le Père Monod voulait devenir le Richelieu d'une grande Savoie fort dangereuse pour la France (2).

Au début du mois de mars 1637, le Jésuite, en compagnie du marquis de Saint-Maurice, ambassadeur de Savoie, venait de s'entretenir avec le cardinal des traités de Cherasco et de Rivoli; il lui avait montré « la Valteline presque perdue, le duc de Parme révolté, celui de Mantoue en neutralité, les Montferrins irrités contre la France », toute l'Italie ouverte aux Espagnols, dont « toutes les forces viendroient fondre sur les Etats du duc de Savoie. Mgr le Cardinal, qui ne peut souffrir qu'on touche à aucun de ses mauvais succès, nous dit le Père, s'altéroit sensiblement à ces observations ». Et lorsque le religieux « le pria de lui donner quelques conseils sur la manière dont il

(1) Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitot, t. X, .p. 347.

(2) Gabriel de Mun, Richelieu et la maison de Savoie, p. 49.

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