JOIE A PARIS
des siens qu à la force des ennemis qu'il a cédé; il ne s'en estime pas moins « heureux d'avoir la gloire d'être vaincu par un aussi valeureux prince (1) ».
Lorsque le valeureux prince pénétra dans le fort, où restaient vingt-cinq canons, abandonnés par les troupes d'Espagne, il trouva sur une pierre bleue cette inscription gravée en lettres d'or par ordre de don Ferez de Goya : « El valor nn segundo y prudencia del co7\dé de Harcourt favorescido de Bios tomo essas islas a XX VIII de março de l'anno MDCXXXVII. Porque os espaîitays?
A Saint-Germain et à, Rueil.
Le lendemain 13 mai, dans sa maison de Rueil, le cardinal écrivait à Sourdis : « Le sieur de Caen, qui s'en retourne vous trouver, vous dira l'impatience dans laquelle nous sommes de ce qui se passe dans l'île Sainte-Marguerite (2). » Le même jour, de Versailles, Louis XIII mandait à Richelieu : « Je ne partirai pour Saint-Germain qu'à trois heures après-midi pour le plus tôt. Je me porte fort bien et ai eu aujourd'hui grand plaisir à la chasse, mes chiens ayant pris deux renards, qui ont été chassés à grand bruit (3). » Il était près de onze heures du soir, lorsque, de retour à Saint-Germain, le Roi apprit la trêve du 6 mai, dont les articles montraient la chute du îoviSainte-Mar guérite inévitable. Malgré l'heure tardive, il griffonna à nouveau pour le cardinal : (( Vous saurez par le sieur d'Oyen\ille la capitulation du fort Sainte-Marguerite . J'espère que le bon Dieu nous continuera, le reste de cette année, ses bénédictions pour avoir une bonne paix, ce pourquoi je le prie de tout mon cœur (4). »
Le cardinal sortait sans doute de son premier sommeil, lorsque M. d'Oyenville lui remit, avec la lettre du Roi, celle qu'il lui
(1) H. Moris, L'abbaye de Lérins, p. 278. ,
(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 1029.
(3) Affaires étrangères, Lettres de Louis XUI au Cardinal de Richelieu.
(4) Comte de Beauchamp, Louis XIII d'après sa correspondance avec le cardinal de Richelieu, p. 300.