LES INSUCCES SE RENOLVELLEXT
tassins et doux mille chevaux, qui n'étoient en quelque sorte que ravant-garde d'une nouvelle armée.
Loin de repasser le Rhin, le duc de Weimar perdit le camp de Rhinau, que Jean de \yertli attaqua le V novembre : le général de l'Empereur avait trois mille cinq cents homuies sur la rive gauche du Rhin, dix-sept cents sur la rive droite et, sur le fleuve lui-même, il en comptait deux cents armés do deux canons qui, dans une demi-douzaine de navires, s'avançaient au fil de l'eau (1). « Manicamj), expliquent les Mémoires, était absent en raison de quelque maladie, et ceux qu'il avait amenés ne défendirent pas le pont et les forts avec telle résolution qu'il eût fait (2). »
Le duc de Weimar était alors aux environs de Bàle. Jean de Werth entra dans la seig-neurie de Rotelen, « d'oii il pouvoit faire passer ses troupes à Rheinfelden, quin'étoit qu'à trois lieues des premiers quartiers du duc de Weimar ». En même temps le duc Charles de Lorraine « se jetoit dans la Franche-Montagne », dont il occupait les passes. Le prince allemand se trouvait « resserré dans un petit pays où il y a voit peu de subsistances », car les habitants avaient emporté en Suisse, le plus loin possible des frontières, tout ce qu'ils avaient pu, et les cantons catholiques le harcelaient de leurs réclamations, « lui mandoient assez insolemment que, s'il ne se rctiroit, ils le feroient retirer (3) ». Rien n'était plus juste que leur mécontentement. Bernard levait des contributions dans l'évéché de Bâle et exploitait sans aucun droit les mines du pays. Bernard se plaig-nit au Roi, qui répondit, le 6 décembre 1637, en l'avertissant des ordres donnés à Méliand pour arranger les choses avec les Suisses (4).
Les cantons protestants eux-mêmes se plaignaient (5). Où établir des quartiers d'hiver pour des gens de guerre si cruels aux populations? Ni en France ni sur les confins delà France, « l'expérience des deux hivers passés ayant donné une telle haine et
(1) Vicomte do Noailles, Bernard de Saxe-Weimar, p. 248.
(2) Mémoires du Cardinal de Richelieu, éd. Petitot, t. IX, p. 471.
(4) Vicomte de Noailles, Bernard de Saxe-Weimar, p. 245.
(5) Ibidem, p. 246-247.