‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 161 sur 219 · X> MAGMI'IQUE ATTAQUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

X> MAGMI'IQUE ATTAQUE FRANÇAISE

sans que l'on entendît autre parole que celles qui encourae-ent à marcher et à avancer (1) ». Parvenue au pied des retranchements, l'attaque de droite est repoussée. M. de Saint-Aunez, qui la commande, vient d'être « blessé d'un coup de mousquet à la tète », il est percé de huit coups de pique et d'épée ; son lieutenantcolonel et quelques-uns de ses oliiciers sont tués; « tous ses corps d'infanterie lâchent pied ». Échec dont nul ne s'étonne, car, depuis la seconde reconnaissance, on a toujours pensé que « cette attaque serviroit plut(^t de diversion que de voie pour enq^orter le retranchement ». La lune s'est levée, elle est particulièrement brillante. On peut distinguer à sa lueur l'échec de l'attaque de droite, mais aussi le succès des quatre autres.

En tête de chacune de celles-ci, le régiment qui doit frayer passage à la cavalerie, dont il est suivi de fort près, a délogé à coups de pique et d'épée les ennemis, les a contraints d'abandonner leurs retranchements, de reculer sur le plateau jusqu'à leur seconde ligne vers les bataillons et les escadrons qui les soutiennent. Par les brèches, notre cavalerie a pénétré sur le plateau. « L'espace de deux heures », les escadrons adverses se heurtent. « Toute la cavalerie ennemie fut défaite par la nôtre, rapporte Sourdis, et la plupart de l'infanterie, à la réser\'e d'un bataillon du régiment du comte-duc. » Huit ou dix fois enfoncé et rompu, ce bataillon mit à profit l'appui que lui donnoit le canon du grand fort, pour se rallier huit ou dix fois ; mais il trouva toujours devant lui Halluin, qui avait « rallié toute sa cavalerie pour le défaire ». Cinq heures durant, ce bataillon ennemi rendit la victoire indécise. La lune s'était couchée depuis longtemps mais, « à la faveur de son fort », il « renaissoit à toute heure ». Le feu de ses mousquets déchirait tout à coup les ténèbres, et une partie de notre cavalerie reculait. Bientôt sur le terrain, encombré de cadavres d'hommes et de chevaux il fut presque impossible de se mettre en bataille et les condiattants, harassés de jjart et d'autre, s'arrêtèrent pour reprendre haleine. Tout se tut « en attente du jour ».

(1) Mercure français, t. XXI, p. 464-465.

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