‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 164 sur 219 · PRISE DE GUETARIA · texte numérisé non relu

PRISE DE GUETARIA

forts des Espagnols, où il a reconnu tant de misère, qu'il ne doute pas que trois mille hommes ne les en chassent aisément. Je sais que telles gens se représentent quelquefois les choses faciles qui soTit très difficiles à digérer, mais toujours est-il que la misère est très grande (1). »

Non content de presser lui-même le duc de La Valette, Richelieu le faisait presser par le cardinal de La Valette, que pressaient de leur côté Chavigny et le Père Joseph : « Je me réjouis avec vous de la défaite des Croquants, mandait Chavigny le 17 juin, M. le Duc de La Valette en ayant remporté tout l'honneur. S'il se veut tant soit peu aider, il est tout à fait remis avec Mgr le Cardinal. Au nom de Dieu, mandez-lui qu'il se conduise bien. Ce que je vous dis, je le sais de science certaine ». L'Éininence grise n'était pas moins affirmative : « Mgr le Duc de La Valette a très bien fait en TafTaire des Croquants. Son Êminence en est fort contente. Il sera bon que Votre Éminence le témoigne à mondit seigneur, ce qui ne peut produire qu'un bon effet (2). »

Par malheur, le duc de La Valette, qui avait trempé l'année précédente dans le conq^lot d'Amiens, était loin de montrer, à l'égard du cardinal, la souplesse de son frère.

A la fin du mois de septembre 1637, Richelieu le conjurait encore de chasser les cinq mille Espagnols qui jouissoient d'un grand repos dans son gouvernement : « Si j'avois assez de santé, ajoutait-il, je moffrirois à aller vous servir de chasse-avant, pour contribuer quelque chose au service du Roi et à votre contentement tout ensemble (3). » Le duc de La Valette répondit qu'il n'avait pas assez de troupes. Le cardinal écrivit alors au duc d'Épernon, gouverneur de Guyenne, qu'ils étaient autorisés, lui et son fils le duc de La Valette, à lever sur la province toutes les impositions qui seraient nécessaires : « A Dieu ne plaise, Sire, osa déclarer au Roi le gouverneur, que je fasse jamais aucune levée de deniers sur les sujets de Votre Majesté. Je la

(i) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 794.

(2) Aubery, Histoire du Cardinal dur de Richelieu, t. III, p. 400-401 et 405.

(S) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. V, p. 8G1.

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