CONDITIONS DE LA RENTREE DE MONSIEUR
elles jouissent, de la surcharge des plus pauvres (1). » Il entendait faire « tenir les grands jours » dans les provinces, « pour chiUier les crimes et rendre les lois redoutables ». Il entendait « continuer à abolir le luxe qui ruinoit tant de familles et dont le merveilleux excès passoit si avant que les plus riches de sa noblesse et les plus grands de son Royaume en ressentoient l'incommodité ». Il <( introduiroit l'abondance dans ses États par l'établissement d'un grand cuiiimercc fortilié d'un puissant nombre de vaisseaux de guerre ». Observons que ce programme fut toujours celui du cardinal. Quand une fois la lecture de ce beau programme fut terminée, on entendit l'exposé des conditions offertes à Monsieur. Les voici : jamais le Roi ne pourrait consentir au (( prétendu mariage » lorrain, qui était « contraire aux lois fondamentales de soîiÉtat, à la dignité de sa Couronne », ayant été contracté sans sa permission. Mais si Monsieur avait recours à sa bonté, s'il le venait trouver « ou envoyoit vers lui » pour se remettre entièrement en son devoir, il le recevrait en sa grâce et le rétablirait en tous ses (( biens, apanages, gouvernements, pensions et appointements et lui feroit un si favorable traitement qu'il auroit tout sujet de s'en louer ». Bien plus, le Roi abolissait le crime de tous ceux qui avaient suivi Monsieur; il leur rendait leurs biens, à condition qu'ils revinssent avec lui. Toutefois il exceptait de cette grâce Le Goigneux, La Vieuville, Montsigot et « les ecclésiastiques auxquels les commissaires députés par Notre Samt-Père le Pape faisaient le procès [i) ». La décision» de Louis XIII et de Richelieu semblait irrévocable. Dès le 4 janvier, les gens du Roi avaient présenté au Parlement de Paris une requête; ils demandaient permission d'informer du « rapt commis par le duc de Lorraine » sur la personne de Monsieur, dont le mariage, d'ailleurs, était clandestin. Rapt d'un fils de France, c'était l'expression même dont usait Louis XIII eu écrivant au Parlement de Paris. Monsieur la jugeait ridicule. Le 30 mars 1634, il avait dépêché au Roi M. d'Elbène avec une lettre pleine de dignité, de repentir, mais non de ferme propos, car il con-
(1) Mercure français, t. XX, première partie, p. 34.
(2) Ibidem, p. 3'i-38.