‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 174 sur 219 · BERNARD DF. SAXE-WEIMAR MARCHE SUR DRISACII · texte numérisé non relu

BERNARD DF. SAXE-WEIMAR MARCHE SUR DRISACII

faisant Jean de Werth prisonnier et obtenant la capitulation de la ville le 23. Trois semaines plus tôt, le duc de Rohan, qui, au lieu de se retirer à Venise, conformément à l'ordre du Roi, était venu combattre dans l'armée du duc Bernard, son ami, avait reçu une blessure mortelle et succombé. Maître de Neubourg, le prince avait marché sur Brisach, et repoussé Gœtz et le duc Savelli, qui, à la tête des Impériaux, l'avaient attaqué six fois dans ses retranchements. Voilà les nouvelles que Truchsess venait apporter au cardinal le 21 août 1638. Lorsque M. deLiitzow, gentilhomme de la chambre du prince allemand, arriva à la Cour et présenta quatre-vingts drapeaux ou étendards pris à l'ennemi, Louis XIII dit àTruchsess : « Leduc Bernard seul me fait de pareils cadeaux. » Puis le Roi écrivit au duc : (( Je trouve d'autant plus de gloire pour vous et de sujet de satisfaction en cette victoire, qu'elle est entièrement due à votre prudence et courage ; avec cela, je reconnois, par la résolution que ledit sieur Truchsess m'a fait savoir que vous avez prise de poursuivre ce qui restoit des ennemis et de vous assurer des places dont ces avantages vous ouvrent la conquête, que, comme vous savez vaincre, vous ne perdez auss aucune occasion de profiter de la victoire (1). » Il s'agissait de s'emparer de Brisach le plus tôt possible. La lettre faisait espérer l'envoi immédiat de deux cent mille écus sur les sommes qui avaient été promises et un bon renfort de» gens de pied », que dépêcherait le duc de Longueville.

Ce dernier savait depuis deux mois qu'il devait tout abandonner, même le siège de Salins, si le duc Bernard avait besoin de son assistance. Louis XïII lui avait écrit le 12 juin : « Travaillez conjointement avec lui au siège de Brisach et à sa prise, qui est le plus considérable eltet que mes armes puissent remporter sur celles des ennemis de toute cette campagne (2). » Mais la place de Brisach tenait toujours.

(1) Vicomte de Noailles, Bernard de Saxe-Weimar, p. 334.

(2) Ibidem, p. 325.

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