‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 177 sur 219 · CHARLES-EMMANUEL DEVIENT DUC DE SAVOIE · texte numérisé non relu

CHARLES-EMMANUEL DEVIENT DUC DE SAVOIE

rut le 'P octobre. Son frère cadet, Charles-Emmanuel, qui lui succédait, n'avait pas encore cinq ans : Victor-Amédée, selon les partisans du cardinal de Savoie et du prince Thomas, ses frères, n'avait pu prendre de dispositions pour la régence qu'en ce qui concernait sou tils aîné. Pour confier la régence à la sœur du roi de France, il fallait consulter les États et même, — puisque la Savoie était fief impérial, — solliciter l'avis du suzerain, qui était l'Empereur.

Richelieu songea tout de suite à « ramener le cardinal de Savoie à l'affection de la France ». Il prescrit, le 29 octobre, au maréchal d'Estrées, ambassadeur du Roi près le Saint-Siège, de lui faire parler par le cardinal Bagni et par Mazarin; à présent que le cardinal de Savoie n'est plus séparé de la Couronne que par un enfant en bas âge, qui peut disparaître, il a grand intérêt « à se remettre bien avec le Roi, pour être assuré de son assistance et protection » et, le cas échéant, « posséder ses Etats en pleine paix... Il faudroit, à cette fin... qu'il se mariât en France, ce qu'on pourroit faire avec M"" de Bourbon, Monsieur le Prince lui donnant quelque belle et grande terre proche de Paris, qui lui pourroit servir de divertissement. Le Roi, pour le bien traiter, lui donneroit une pension égale à celle de ses princes du sang, auxquels il donne cinquante mille écus à l'un et quarante mille à l'autre. On pourrait encore lui donner quelque gouvernement de province comme le Maine et la Touraino, qui sont les plus beaux lieux du Royaume (1) ».

Ces rêves furent vite dissipés. Le 5 novembre, le cardinal de La Valette écrit à Richelieu : « Le cardinal de Savoie est auprès de (iônes ; il est parti de Rome, vêtu en chevalier de Malte. » Et le 10 : « Madame a eu avis cette nuit que le cardinal de Savoie était allé à Alexandrie se joindre aux Espagnols. » Il annonce enfin, le 17, que le même cardinal de Savoie médite l'enlèvement de Madame et de ses enfants. Madame, à son tour, avise Richelieu de cette conjuration, dans laquelle est entrée le gouverneur de Turin. C'est alors « qu'elle consentit que le cardinal factieux » fût arrêté,

1) Ayene], Lettres du Cardinal de Richelieu, t. VI, p. 22'i.

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