‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 179 sur 219 · LA FLOT'IK DK M. D1-: SOURDIS DEVANT FONTARABIE · texte numérisé non relu

LA FLOT'IK DK M. D1-: SOURDIS DEVANT FONTARABIE

(le Votre Altesse, où il y avoit cent mousquetaires qui leur ont tiré, et diseiit qu'ils en ont fait retourner quatre en arrière (1). » Le 15 août, le prince de Condé fit évacuer le Passage, afin de concentrer toutes ses troupes dans les lignes, parce qu'on était averti que Vamirante de Castille approchait, avec une armée de secours. Mais, dès le l*"" août, la flotte française, sous les ordres de M. de Sourdis, archevêque de Bordeaux, avait paru en vue du Figuier. Elle comptait cinquante-deux navires de guerre et portait six mille soldats. Richelieu avait mandé à Chavigny le 31 : « J'ai tant à vous écrire, ([ue je ne sais par où commencer. Je commencerai cependant par la victoire ou bataille navale, ensuite de laquelle M. de Bordeaux demande de l'argent pour tâcher de prendre et fortifier, en Espagne, un poste aussi important que Saint-Sébastien. Je crois qu'il lui faut envoyer au moins, en diligence, soixante mille francs... La victoire qu'il a eue mérite bien qu'on le secoure et qu'on lui donne moyen de tâcher d'en tirer un nouvel avantage (2). »

Le lendemain du jour où Richelieu expédiait cette lettre, la brèche était suffisante pour que l'on donnât l'assaut. Mais, depuis quelque temps, le duc de La Valette, l'un des lieutenants de Condé, se souvenant peut-être que son père le duc d'Epernon avait naguère l>c\tonné Sourdis, refusait d'assister au Conseil. Cinq jours durant il ne bougea point. Ses troupes furent relevées par celles de larchevêque de Bordeaux. Cependant l'armée espagnole de secours, « logée sur une haute éminence », ne cessait « d'escarmoucher contre les nôtres » ; chaque fois, elle était repoussée.

Le 7 septembre, à midi, une attaque générale se déclenche. Les Espagnols, dit une relation, « font mine de donner à la main gauche du i*etranchement : le marquis de La Force les repousse facilement; il voit un gros qui donne à l'autre coin de la main droite, il y accourt soudain... Les ennemis font encore un plus grand effort sur la gauche; il y accourt aussi et y trouve une si grande épouvante que tout lAche pied, et ne fut jamais en sa puissance de les pouvoir faire résoudre ni arrêter » les fuyards.

(1) Archives de Chantilh-.

(2) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. VI, p. 129.

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