EXIL KT CUXUAMNATION DE LA VALETTE
vais faire un voyage par ordre que j'en ai reçu pour rendre compte de mes actions, que je suis assuré d'être k bonnes, et si fort homme d'honneur, que de ce côté-là je n'ai rien à craindre (1). » I.e cardinal de La Valette envoya cette lettre de son frère au cardinal ministre, qui répondit le 16 : « Vous ne pouvez à mon avis faire autre chose qu'écrire au Roi que le mauvais succès de Fontarabie vous comble d'une double douleur : (jue vous le suppliez très humblement de protéger M. de La Valette, s'il se trouve innocent, les intérêts publics devant toujours marcher les premiei's (2). » Cette lettre était fort inquiétante; celle que Chavigny adressa le même jour au même cardinal de La Valette, dont il était l'ami intime, ne l'était pas moins : « Je ne puis imaginer que M. de La Valette vienne à la Cour, étant assez défiant de son naturel, et ce ne sera pas à mon avis la plus mauvaise résolution qu'il puisse prendre (3). »
Il est probable que le cardinal de La Valette trouva moyen d'avertir son frère, car, le 23 octobre, celui-ci s'embarquait à Gastillon sur un navire écossais et, parla Gironde, faisait voile rers l'océan : « On dit qu'il est allé en Angleterre, mandait Richelieu au cardinal de La Valette le 4 novembre 1638, d'autres en Hollande, d'autres qu'il prétend gagner Venise (4.). »
(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. VI, p. 216, note.
(2) Ibidem, p. 215, note.
(3) Ibidem, p. 231.
(4) Ibidem, p. 231. — • Le duc de La Valette s'enfuit en Angleterre. Nous avons un compte rendu d'une sorte de lit de justice où le Roi avait convoqué le Parlement pour ji'ger la conduite du duc et pair, accusé de deux crimes : trahison et désobéissance à son chef. Le président de Rellièvre exposa au Roi que les accusatioHS n'étaient pas fondées et qu'il n'y avait pas lieu à condamnation. On envisagea, pour la faute d'avoir quitté le Royaume, le bannis.senient pendant neuf ans et la confiscation des biens. La Valette fut, au mois de mai, condamné à mort par contumace, la copie de la relation du temps se trouve dans les archives de M. Gabriel Hanotaux (Règne de Louis XIII). Nous n'insistons pas sur les détails du procès. En sûreté de l'autre été du détroit, le condamné pouvait se rire de ses juges. 11 devait rentrer en France après la mort de Louis XIU, un jugement du 16 juillet 1643 ayant cassé le jugement de 1639.