‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 182 sur 219 · LA KEI.NE A U.\ FILS · texte numérisé non relu

LA KEI.NE A U.\ FILS

La naissance d'un Dauphin.

On a vu qu'au mois d'août 1638, Louis XIII était dans l'attente au clifttcau de Saint-Germain. Le 27, il écrivait à Chavig-ny : « Je suis étonné que les couches de la Reine se diffèrent de jour à autre passé le terme du 23" et demi, que M. Bouvard disoit être le premier. Il m'a dit que le 28" étoit le dernier. Nous verrons si les médecins sont bons prophètes naturels (1). » En dépit des pronostics médicaux, le Dauphin si désiré ne s'était pas encore présenté le 31 , et Richelieu mandait à Chavigny : « Je commence à craindre que le délai de l'accouchement de la Reine ne nous donne une fille, toutefois j'espère mieux (2). » Le surlendemain 2 septembre, quatre lignes de Louis XIII ne firent que confirmer ses craintes : « La Reine se porte si bien, que je ne crois pas qu'elle accouche de quatre jours, elle est deux jours dans le dixième mois (3). »

L'événement eut lieu le 5 septembre 1638, à onze heures et demie du matin, alors que Richelieu était à Saint-Quentin. Charigny donnait ces détails au cardinal : « Le Roi avait si peur ce matin que Monseigneur apprit la nouvelle de l'accouchement de la Reine et de la naissance de Monseigneur le Dauphin avant que le frère de La Chesnaye (gentilhomme ordinaire du Roi) arrivât auprès de Son Éminence, que je n'ai eu que le temps de lui écrire trois mots à la hâte, dans le cabinet de Sa Majesté... Le travail de la Reine a été le plus heureux du monde : elle n'a été malade que six heures; après lesquelles, elle est accouchée d'un des plus beaux princes que l'on sauroit voir. Le Roi a toujours été présent et ses deux accès de fièvre ne lui ont en rien diminué ses forces. Monseigneur verra, par la lettre que Sa Majesté lui écrit, la joie qu'elle a d'être père; elle est en effet extraordinaire. Sa Majesté a été aujourd'hui quatre ou cinq fois dans la chambre de Monseigneur le Dauphin, pour le voir téter et remuer... Monsieur est demeuré tout étourdi, lorsque M'"^ Péronne lui a fait

(i) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. VI, p. 117.

(3) Archives des Affaires étrangères. Lettres de Louis XIII à Richelieu.

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