‹ Histoire du Cardinal de Richelieu (volume 2)Chapitre 190 sur 219 · X)4 LE ROI EST DE L'AVIS DU CARDINAL · texte numérisé non relu

X)4 LE ROI EST DE L'AVIS DU CARDINAL

Louis XIII se laissa convaincre par ces aiyiinients. Le Hoi, stylé par son niiuisli'c, écrivit fort courtoisement : « il y a beaucoup d'autres considérations que ledit ambassadeur aura vues par la copie de l'çcrit qui a été donné au sieur Knut, Toutes lesquelles n'empêchent pas le Roi de lui commander de dire à ladite dame Reine que c'est avec un extrême déplaisir que le bien de son Royaume ne lui pei'met pas de l'y recevoir, vu les connaissances qu'il a de son humeur; que, néanmoins, pour témoigner son affection et son respect envers elle, il persistoit dans la proposition qu'il lui avoit toujours faite d'aller à Florence, etc. » Ici la lettre rejoignait les dernières lignes du mémoire et ajoutait cette recommandation : « Ledit sieur ambassadeur n'ira pas chercher la Reine mère pour lui donner cette réponse, mais il attendra qu'elle la lui demande pour la lui faire; et lui dira qu'encore qu'il ne se fût point chargé de rendre compte au Roi de ce qu'elle lui avoit dit, néanmoins il n'a pas laissé de le faire. Et ensuite il lui expliquera les sentiments du Roi ainsi qu'il est dit ci-dessus (1). »

Lorsque iMarie de Médicis connut la réponse de son fils, elle publia un manifeste pour se justifier, et Henriette-Marie écrivit au Roi et au cardinal, tandis que Charles P"" envoyait lord Jermyn avec mission d'obtenir le retour de la Reine mère. Louis XIU résolut d'écouter l'ambassadeur de son beau-frère. Quant à Richelieu, prévoyant que lord Jermyn ne manquerait pas d'observer qu'il était à la fois juge et partie, il dit au Roi « quïl ne lui convenoit point d'opiner » : « Il ajouta, raconte le Père GrilTet, que Sa Majesté avait dans son Conseil des ministres habiles et désintéressés, qui n'avaient jamais eu aucun sujet de se plaindre de la Reine et que Sa Majesté ne pouvait mieux faire que de les consulter sur la réponse qu'il ferait à mylord Jermyn (2). » Lequel de ces ministres intègres, de ces conseillers vei'tueux aurait l'audace d'avoir un avis qui pût déplaire au cardinal?

La proposition du cardinal rehaussa encore Son Éminence dans l'estime du maitre et elle fut agréée par le Roi, qui commanda au chancelier Séguier, à MM. de BuUion, Bouthillier, de Ghavigny,

(1) Avenel, Lettres du Cardinal de Richelieu, t. VI, p. 273, note.

(2) Père Griffet, Histoire du Règne de Louis XIU, t. III, p. 164.

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